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Usage du vocabulaire environnemental par les entreprises

Leysens Eric |  le 04/07/2008  |  International

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Mark Brown,professeur associé à l’Ecole Norvégienne de management vient de publier une étude intéressante sur l’usage du langage environnemental par les entreprises.

"Les entreprises qui ont l’ambition d’apparaître responsables au niveau environnemental adoptent le langage propre à la thématique de l’environnement. Mais elles leur font à leur manière" affirme Mark Brown, dans sa thèse intitulée "Managing Nature - Business as Usual: Patterns of wording and patterns of meaning in corporate environmental discourse".

Les entreprises vertes
Ce n’est plus seulement les associations de défense de l’environnement ou les scientifiques qui s’intéressent aux thématiques du climat et de l’environnement. En effet, un nombre grandissant d’entreprises veulent désormais apparaître comme socialement responsables et ont commencé, à cet effet, à user des mots longtemps considéré comme le jargon des spécialistes.
"Cela ne veut pas pour autant dire que les entreprises ont détourné le vocabulaire environnemental mais elles l’ont incorporé dans leur langage, en l’utilisant à leurs propres fins" souligne Mark Brown.

Analyse de 9 millions de mots
Mark Brown a téléchargé tous les textes des pages d’accueil des sites Internet de 37 organisations gouvernementales environnementales et de 25 "entreprises vertes" du Royaume-Uni.
L’ensemble des textes constitue un total de 9 millions de mots (6 millions pour les organisations environnementales et 3 pour les entreprises) qui ont été rangés dans deux bases de données.
Mark Brown a ensuite comparé les mots récoltés dans ces bases de données avec le British Corpus, qui constitue la norme de la langue anglaise. Il s’est concentré sur la spécificité d’utilisation du langage par les différents acteurs et a identifié des mots clés. Grâce à un programme effectif, il a découvert des modèles dans la relation entre les mots.

3 manières d’appréhender le risque
Le chercheur Mark Brown a identifié des modèles d’utilisation du langage qui montrent que les entreprises ont adopté les termes du mouvement environnemental.
Les "entreprises vertes" utilisent le langage du mouvement environnemental pour décrire leurs propres cibles en faveur de l’environnement, mais elles l’utilisent d’une nouvelle manière, pour atteindre leurs propres objectifs.

Mark Brown prend le terme "risque" comme exemple. Quand le mouvement environnemental l’utilise, il désigne la supposée source de risque et les conséquences éventuelles à l’égard de l’environnement, mais il n’aborde pas la manière dont le risque peut être géré ou contrôlé.
De leur côté, les entreprises vertes se concentrent essentiellement sur la manière de gérer, contrôler le risque afin de s’assurer que les probabilités que le risque existent soient minimales ou inexistantes Ils ne traitent que très peu de la source du risque et des conséquences sur le paysage naturel si le risque devenait réalité.

Les entreprises "détournent" la nature
Seule une très petite part du langage dont use les entreprises contient des termes habituellement associés à la nature proprement dite, telles les arbres, les fleurs, les lacs, etc. Les entreprises font appel à un langage du management qui leur permet de traiter de leurs relations avec l’environnement et le paysage naturel.

Les entreprises responsables utilisent des mots en rapport avec leur propre activité, tels que les "émissions par kilowatt-heure" et des "indicateurs de biodiversité". En usant de tels termes qui sont mesurables, les entreprises cherchent à contrôler la nature, en compensant l’impact et les dommages à l’égard de la nature de leur propre production.

"Les conséquences de cette tendance tendent à provoquer certaines réflexions chez les Norvégiens" souligne Mark Brown. Selon lui, les réponses bien pensantes des entreprises au mouvement environnemental peuvent en fait contribuer à exterminer la nature. "La Norvège est entrée dans un processus qui fait d’elle un paysage complètement sous contrôle – une nature mise en forme par les technologies des entreprises vertes, et tout cela au nom du développement durable"

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