Aménagement

Urbansimul, un outil d’observation du foncier pour mieux agir

Mots clés : Innovations

Urbansimul connaît de nouveaux développements. Conçu par l’Inra et le Cerema dans le cadre d’un programme de recherche et développement financé par les pouvoirs publics, l’outil d’analyse et de prospective sur le foncier fournira des indicateurs sur la dynamique des marchés.

Accessible en ligne, gratuitement, depuis le 21 novembre 2017, après deux ans de recherche de l’Inra d’Avignon et du Cerema Méditerranée, l’outil d’analyse et de simulation de l’occupation du sol Urbansimul propose de nouvelles fonctionnalités. «Désormais, les utilisateurs peuvent déposer sur la plate-forme leurs commentaires sur la qualité des données et proposer ainsi un retour d’expérience du terrain. Il est aussi possible maintenant d’y superposer les transactions foncières immobilières grâce à un module sur les dynamismes des marchés», détaille Bertrand Leroux, chef de projet et directeur d’études sur les questions foncières au Cerema Méditerranée. Il a communiqué ces informations ce lundi 5 février, à Marseille, lors d’une réunion avec les financeurs du projet: la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le ministère de la Cohésion des territoires, la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) Paca, l’Etablissement public foncier et le Centre régional de l’information géographique (Crige).

 

Croisement d’informations

 

Service Internet automatisant la collecte et le croisement d’informations de sources différentes sur les 5 millions de parcelles cadastrales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Urbansimul est la concrétisation d’un travail de recherche sur les dynamiques d’urbanisation et le foncier mené depuis plusieurs années par l’unité de recherche Ecodéveloppement de l’Inra d’Avignon. Ghislain Geniaux, chef de projet et chargé de recherche à  l’Inra a notamment apporté sa connaissance de l’économétrie spatiale. Etablissement public qui a vocation à conseiller les collectivités locales et les services de l’Etat sur différentes problématiques, dont le foncier, le Cerema s’est naturellement associé à la démarche: «Urbansimul est la réponse à la question de savoir comment l’observation peut aider les collectivités locales à faire de l’anticipation foncière», déclare Bertrand Leroux.

 

Aide à la prospection et à la décision

 

Compte tenu des fortes pressions foncières en Provence-Alpes-Côte d’Azur et d’une logique de maîtrise de la consommation de l’espace, le sujet préoccupe les services de l’Etat et de la région depuis longtemps. C’est pour cela qu’ils ont accueilli favorablement la proposition de l’Inra et du Cerema de travailler à la création d’un outil d’aide à la prospection et à la décision à destination des acteurs publics de Paca: collectivités territoriales, services déconcentrés de l’État, agences d’urbanisme, chambres consulaires et les prestataires de ces derniers (bureaux d’études, etc.). «Urbansimul fait le travail de collecte et de croisement des données. Cela libère du temps pour faire un travail de planification solide et d’interroger l’adéquation entre le projet et l’offre foncière», insiste-t-on à la Dreal qui voit aussi dans l’outil un moyen de négociation supplémentaire pour convaincre les communes récalcitrantes à construire des logements sociaux alors que le foncier est disponible. A l’inverse, il peut aussi montrer que les contraintes du foncier ne permettent pas l’urbanisation.

A ce jour, 200 comptes ont été ouverts. Parmi ceux-ci, on peut citer l’agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav) qui a travaillé en partenariat avec le Cerema et l’Inra à la production de gisements fonciers sur le territoire du Pays d’Apt-Luberon à partir d’Urbansimul.

 

Bientôt une fonction «pronostic»

 

Le programme de recherche et développement, qui bénéficie d’un financement de la région, de l’Etat, de l’EPF, de l’Inra et du Cerema à hauteur d’1,1 million d’euros sur trois ans, se termine fin 2018. A cette date, Bertrand Leroux et Guislain Geniaux auront développé la fonctionnalité «pronostic» d’Urbansimul. Des algorithmes identifieront les gisements qui feront de l’urbain. A travers un logiciel de probabilité de la conversion, il sera aussi possible de spatialiser les logements. Un autre modèle dit «de capacité constructive» donnera le nombre de surface de plancher constructive.

Un nouveau chantier attend les porteurs du projet. Celui du modèle économique qui permettra de garder le service gratuit. «Il faut trouver un équilibre entre les coûts de maintenance et de déploiement et le coût de développement», confirme Bertrand Leroux.

 

Focus

Comment ça marche ?

D’un simple clic sur le site Internet, l’utilisateur visualise en vue aérienne ou en 3D les unités foncières non bâties constructibles, les unités foncières bâties mais «densifiables» et les «grands gisements» (secteurs de grande taille potentiellement adaptés pour des opérations d’aménagement). Il dispose pour chaque «unité foncière» d’une série de données associées (superficie, occupation, statut de propriété, âge des constructions, etc.), des contraintes réglementaires (PLU, risques naturels, etc.), ainsi que différentes informations sur les enjeux environnementaux. L’utilisateur peut aussi générer automatiquement un diagnostic proposant une analyse statistique de l’urbanisation, des plans d’urbanisme et des gisements fonciers à l’échelle communale, avec des comparaisons à d’autres territoires.

 

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