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Urbanisation : ralentissement de l’artificialisation des sols
Urbanisme : ralentissement de l’artificialisation des sols - © © Edition 2015 de CORINE Land Cover - CGDD

Urbanisation : ralentissement de l’artificialisation des sols

Frédérique Vergne |  le 07/01/2016  |  SantéTechniqueEnvironnementFrance entièreEtat

Alors que la course au béton s’était emballée entre 2000 et 2006, elle s’est nettement ralentie les années suivantes. L’étude sur l’occupation des sols en France publiée mardi 5 janvier par le ministère de l’Ecologie montre une poursuite de l’artificialisation des sols, mais à un rythme moins soutenu.

Selon l’étude 2015 de Corine Land Cover, outil européen utilisé par le ministère de l’Écologie pour mesurer l’évolution des surfaces artificialisées à travers des images satellite, la part des surfaces artificialisées sur le territoire métropolitain connaît une progression, entre 2006 et 2012, de + 0,49 % par an ; hausse nettement moins importante que celle observée entre 2000 et 2006 (+ 1,30 % par an). La population métropolitaine, en comparaison, croît de 0,53 % par an.

Entre 2006 et 2012, le poids des territoires artificialisés a augmenté de 0,16%, ce qui correspond à 87 000 hectares supplementaires sur 6 ans, contre une hausse de 0,40%, soit 221 000 ha entre 2000 et 2006. Ces territoires nouvellement artificialisés sont à 87% prélevés sur des territoires agricoles (? 0,14 entre 2006 et 2012), puis sur les forêts et les milieux semi-naturels (? 0,02 entre 2006 et 2012).

La baisse du rythme d'artificialisation des terres est une bonne nouvelle si l’on se place du côté de la biodiversité et des terres agricoles. Car l’artificialisation liée au développement économique et à la croissance démographique (urbanisation et expansion des infrastructures) gagne sur les terres agricoles ou l’habitat naturel. Si elle s’explique par les grands projets, comme le chantier de ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux, elle est principalement due à l’étalement urbain autour des grandes villes. L’étude relève que les centres urbains d’importance régionale du Grand Ouest sont particulièrement concernés par un développement qui se traduit par une artificialisation accrue en périphérie. C’est le cas de Rennes, Caen, Le Mans, Nantes, Tours, Angers, Limoges, Angoulême. La Vendée fait aussi l’objet d’une artificialisation qui s’étend en grande périphérie des agglomérations. Parallèlement à l’étalement urbain, l’artificialisation se manifeste aussi le long des grands axes de communication, qui se poursuit de nombreuses années après leur construction. C’est le cas pour l’axe Bordeaux – Toulouse, ou encore au voisinage de l’agglomération de Toulouse, en direction du sud, vers Narbonne et Pau ou vers le nord-est en direction d’Albi. Ce phénomène existe également dans la vallée du Rhône et le long de l’autoroute A6, dans les vallées alpines et le long des autoroutes radiales depuis Paris.

Des différences régionales

L’étude montre que l'occupation des sols diffère d'une région à l'autre. Ainsi, en 2012,  les territoires artificialisés sont plus fréquents en Île-de-France (22 %  de la surface d'ensemble) et en Nord-Pas-de-Calais-Picardie (10 %).  À l'opposé, les forêts et milieux semi-naturels recouvrent 85 % de la Corse, 68 % de la Provence-Alpes-Côte d'Azur, 46 % de l'Auvergne-Rhône-Alpes et 43 % du Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Par ailleurs, les régions présentant des taux particulièrement élevés de territoires agricoles sont les Pays de la Loire (83 %), la Normandie (81 %), la Bretagne (80 %), le Nord-Pas-de-Calais-Picardie (76 %) et le Centre-Val de Loire (72 %).

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