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Une tour miroir chauffera l’université

Jean-Philippe Defawe |  le 27/11/2015  |  Collectivités localesERPFinistèreFrance entièreBâtiment

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Brest -

A la croisée du « land art », de l’architecture et des nouvelles technologies, un nouveau signal urbain devrait émerger du campus du Bouguen. Son nom, un brin énigmatique : la tour miroir des énergies. Ce cylindre de 20 m de haut et de 9 m de diamètre est en fait un château d’eau chaude, destiné à optimiser l’important réseau de chaleur brestois (45 km de tranchées). « L’université est l’utilisateur qui provoque le plus d’appel de puissance, avec des pointes le matin qui nous obligeaient à mettre en service des chaufferies d’appoint au gaz, alors qu’il existe un potentiel de chaleur de récupération sur l’unité de valorisation énergétique des déchets [Uved] qui méritait d’être utilisé », explique Gilles Le Guevel, directeur général d’Eco chaleur de Brest (1), délégataire de service public du réseau.
Chargé, lorsque la demande est faible, d’eau chauffée à 98 °C par l’Uved (et, demain, à partir d’une chaufferie au bois de 12 MW, en construction), ce réservoir de 1 000 m3 permettra d’économiser 2 500 Mwh par an, soit l’équivalent du chauffage de 400 logements. Cette solution pourrait aussi réduire les émissions de CO2 de la métropole de 12 700 tonnes sur vingt ans.

Une première française.

Si le concept du stockage thermique est largement validé au niveau technique, sa mise en œuvre en France est encore assez rare. En particulier, l’implantation de ce stockage d’énergie thermique au plus près des besoins (donc loin de l’unité de production) constitue une première dans l’Hexagone. Grâce à ce choix, Eco Chaleur de Brest pourra apporter de l’énergie complémentaire durant des cycles courts de deux ou trois heures, lorsque les locaux de l’université seront à nouveau occupés.

La volonté de transformer un équipement technique en signal urbain est aussi une caractéristique du projet. « Lorsque les techniciens m’ont expliqué le projet et son principe de fonctionnement, basé sur le thermocline, qui superpose des couches d’eau à différentes températures - tout comme l’eau chaude et l’eau froide des océans, qui ne se mélangent pas, génèrent des courants -, j’ai imaginé le parti que je pouvais tirer de cette belle histoire en transposant ces strates d’eau en anneaux d’Inox poli miroir », explique l’architecte brestois Pierre-Henri Argouarch.
Ce chantier, qui devrait débuter en janvier 2016 pour une mise en service à l’hiver, comprendra la réalisation d’une cuve en acier double enveloppe avec une forte isolation. Les appels d’offres sont en cours. Le coût prévisionnel de ce projet est estimé à 1,49 million d’euros. Grâce à d’importantes subventions (dont 350 000 euros de l’Ademe), le temps de retour sur investissement de cet équipement démonstrateur est de sept à huit ans. Ce qui fait dire à Gilles Le Guevel que « ce système est tout à fait reproductible à Brest, ou ailleurs ».

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PHOTO - 876525.BR.jpg - © A3 - Argouarch Architectes Associes

(1) Filiale à 51 % de Dalkia et à 49 % de la Société de traitement et de valorisation des déchets (Sotraval).

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