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Une tour de 38 étages édifiée dans un mouchoir de poche à La Défense

Gilles Rambaud |  le 16/12/2011  |  ChantiersAménagementParisArchitectureTechnique

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Spie SCGPM et Bésix érigent la tour Carpe Diem sur un petit terrain coincé entre les immeubles du quartier d’affaires parisien. Clé et gageure du chantier : l’approvisionnement et la distribution.

Le quartier d’affaires de La Défense, près de Paris, est réputé pour ne pas laisser beaucoup de place aux entreprises qui y construisent. Le chantier de la tour Carpe Diem en est l’exemple caricatural : « L’emprise du chantier est, à peu de chose près, celle du bâtiment », déplore Alessandro Dalla Pace, directeur de travaux chez Spie SCGPM. Soit environ 3 300 m². Et pour ajouter la contrainte du temps à celle de l’espace, la tour de 166 m doit être livrée le 28 novembre 2012, soit trente mois seulement après l’attribution du marché. « La clé de la réussite, c’est l’approvisionnement et la distribution », admet Alessandro Dalla Pace. En chefs d’orchestre, deux grues seulement, des Liebherr à flèche relevable, une architecture certes plus lente mais plus compacte. « De toutes façons nous n’avons pas le choix, résume Etienne Picot, ingénieur méthodes chez Spie SCGPM. Des grues à tour classiques auraient percuté les immeubles alentour. » Ces deux grues s’élèveront au fur et à mesure de l’avancement du chantier. L’une est ancrée le long de la façade et s’allonge grâce à une cage de télescopage : un appareillage qui désolidarise deux éléments du mât, les écarte et permet d’en insérer un autre. L’autre grue est « hissée » : son mât relativement court traverse les étages réalisés et s’appuie sur l’un des planchers, renforcé en conséquence. Il est ainsi prévu de fabriquer tous les cinq étages un plancher en béton post-contraint au lieu des habituelles dalles alvéolaires, bien moins solides. Le télescopage prend environ trois jours car il faut installer de nouveaux ancrages et recontrôler l’ensemble. Le hissage dure deux jours. Ces événements se répéteront une cinquantaine de fois.

Quatre monte-charge en façade

Les grues distribuent les éléments préfabriqués, les cages de ferraillage et quelques coffrages, surtout ceux des poteaux. Peu de banches sur le chantier : les coulages sont réalisés avec un coffrage autogrimpant. Pas de benne à béton non plus, mais un mât de bétonnage relié à une pompe stationnaire posée au pied du chantier. Lui trouver une place n’a pas été facile : « Il y a tout juste la place pour un camion. Celui-ci arrive par le boulevard circulaire qui longe le chantier et où nous avons réussi à faire installer un feu de signalisation provisoire. Dès que le feu passe au rouge, le camion peut manœuvrer jusqu’à la pompe », explique Alessandro Dalla Pace. Le béton n’est coulé qu’une fois par semaine : environ 35 toupies se succèdent. Le reste du temps, le petit espace de stationnement est occupé par des camions livrant les monceaux d’équipements pour le second œuvre : vitrages, dallages, câbles et conduits… Le chargement passe directement des véhicules à l’un des quatre monte-charge installés le long de la façade. Ce sont des Alimak-Hek dits « Twin » : deux cages montent le long d’un seul mât. Les deux premières ont chacune une charge utile de 3,2 t. Elles sont réservées aux cadres et aux vitrages de la façade. Les deux autres sont moins puissantes mais plus rapides : 90 m/min. Elles monteront dans les étages les autres matériaux, et les hommes. Reste le problème des cages d’armatures. « Nous avons réussi à récupérer 400 m² sur la place des Corolles, un petit jardin adjacent », se félicite Alessandro Dalla Pace qui sait déjà qu’il ne jouira pas tout le temps de cet espace : la tour Carpe Diem intègre une promenade qui reliera l’esplanade de La Défense et le boulevard circulaire. Elle passera justement à cet endroit… avant que le chantier ne soit terminé.

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PHOTO - 601755.BR.jpg - © Photos G. Rambaud
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Alessandro Dalla Pace, directeur de travaux chez Spie SCGPM - « SK group a créé un système unique au monde »

« Deux grues et un mât de bétonnage se croisent au-dessus d’une toute petite surface. Pour éviter qu’ils ne se touchent, nous avons fait appel à SK group qui a créé un système unique au monde : une anticollision en trois dimensions qui combine des capteurs, des GPS, de la modélisation logicielle, de l’automatisation et qui arrête les mouvements des engins juste avant le risque d’accident. Dès qu’une grue monte de niveau, le système est reparamétré à distance et se met à jour via Internet. »

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