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Une toiture ardoise aux lignes retrouvées

Idir Zebboudj |  le 06/07/2012  |  Produits et matérielsSecond œuvreBâtimentToitureMaine-et-Loire

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Couverture -

Cet été s’achève la restauration de la toiture du château de Vaux-le-Vicomte, initiée il y a sept ans. Cette dernière phase vise à rendre leur aspect originel au dôme et au lanternon qui le surmonte.

Après sept ans de travaux, la toiture du château de Vaux-le-Vicomte, en Seine-et-Marne, demeure de Nicolas Fouquet, le surintendant de Louis XIV, retrouvera au creux de l’été son lustre d’antan.

La restauration avait débuté en 2005 par deux premières tranches de travaux sur l’aile est du château. Puis ce fut au tour de la toiture de l’aile ouest, entre 2007 et 2010. Le meilleur, et le plus difficile, avait été réservé pour la fin.
Initiée en septembre 2011, la rénovation de la partie centrale de la toiture devrait demander dix mois de travaux. Au-delà de la simple réfection de la toiture, la volonté du maître d’ouvrage et de l’architecte en chef des Monuments historiques, maître d’œuvre de l’opération, était de redonner au château ses lignes d’origine, à l’aide de gravures d’époque (l’ouvrage a été réalisé au XVII e siècle). Pour cette restauration, les matériaux les plus nobles ont été préconisés : au même titre que les ailes est et ouest, les pans de la toiture centrale ainsi que le dôme sont couverts d’ardoises d’Angers. Posées au clou, celles-ci allient esthétique et durabilité.
Le lanternon qui surmonte le dôme sera, quant à lui, intégralement habillé de plomb. Outre la toiture, les ornements en pierre (corniches, balustrades, pots à feu décoratifs), ainsi que quelques menuiseries ont également été restaurés durant cette dernière phase. Cette tranche de travaux aura nécessité une année de préparation.
En plus de l’échafaudage en toiture, qui a demandé une conception particulière (lire p. 28), des passerelles de plus de 17 m de portée ont été dressées pour enjamber la douve entourant le château, afin d’approvisionner le chantier sans avoir recours à des engins de levage.

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PHOTO - 651464.BR.jpg - © LAYHER
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PHOTO - 651837.BR.jpg - © DeNoyelle/Godong/Leemage
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PHOTO - 651461.BR.jpg - © IDIR ZEBBOUDJ
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PHOTO - 651667.BR.jpg - © IDIR ZEBBOUDJ
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PHOTO - 651459.BR.jpg - © IDIR ZEBBOUDJ
Julien Soccard, directeur du service Monuments historiques d’UTB.

La couverture du dôme nécessitait l’emploi d’ardoises légèrement cintrées. Notre choix s’est naturellement porté sur les ardoises Angers-Trélazé. Il a fallu les commander longtemps à l’avance et nous les avons reçues juste à temps ! Une pose au clou a été préférée à une pose au crochet pour des raisons esthétiques. De plus, les têtes de clou, protégées par le pureau des tuiles supérieures, ne sont pas soumises aux intempéries.

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Patrice & Cristina de Vogüé. Maîtrise d’œuvre : Lionel Dubois, architecte en chef des Monuments historiques. Entreprises : UTB (couverture) ; Les Métiers du Bois (charpente) ; Léon Noël (taille de pierres) ; Layher (échafaudages). Coût du chantier : 850 000 euros HT (couverture et échafaudages).

Couverture - Habillage d’ardoise pour le dôme et de plomb pour le lanternon

La réalisation du dôme ovale à la base du lanternon a nécessité l’emploi de 10 000 m linéaires de planches de peuplier, débitées en voliges de 10 mm d’épaisseur pour 100 mm de largeur. Le peuplier s’est imposé pour sa flexibilité. Les voliges ont été posées en deux couches croisées afin d’obtenir une épaisseur suffisante pour ensuite clouer les ardoises, selon un quadrillage tracé au préalable. Ce quadrillage sert de repères aux couvreurs pour l’alignement horizontal et vertical des ardoises. Ces ardoises « coffines » Angers-Trélazé (de type 12 H1) présentent un très léger galbe (4 mm pour une ardoise de 30 cm de long), ce qui leur permet d’épouser, après avoir été retaillées, l’ovale du dôme. Le rayon de courbure diminuant de la base au sommet du dôme, les couvreurs doivent tailler les ardoises de plus en plus court. Au total, le dôme aura mobilisé quelque 450 m² d’ardoises coffines.

Au-dessus du dôme, le lanternon a fait l’objet d’un gros travail de rénovation. La promenade, la balustrade et le belvédère ont été habillés de plomb. Au préalable, les pièces de bois du belvédère (arcatures, chapiteaux) avaient été renforcées par des flipots. Soumis à de fortes variations de température, le plomb, qui se dilate sous l’effet de la chaleur, a été posé sans soudure et fixé à l’aide de pattes de cuivre étamé. L’habillage en plomb (3 mm d’épaisseur) est constitué d’éléments de petites dimensions pour ne pas contraindre la libre dilatation de l’ensemble et, ainsi, garantir la durabilité et l’esthétique de la réfection. Quinze tonnes de plomb ont été nécessaires pour réaliser l’habillage du lanternon et la jupe surplombant le dôme.

Logistique - Des échafaudages en encorbellement autour du dôme

Lors de son attribution, la rénovation de la toiture était incluse dans un macrolot comprenant également la conception et l’installation des échafaudages. Une activité sous-traitée à Layher par le mandataire UTB : « J’avais imposé de ne prendre aucun appui sur le dôme, pour ne pas l’endommager », précise Julien Soccard, directeur du département Monuments historiques d’UTB. Afin que les couvreurs interviennent facilement sur le dôme, il a fallu disposer des planchers suspendus tout autour. Layher a réalisé des échafaudages en poutres-caissons, dont les structures en tubes d’acier ont été renforcées par des diagonales supplémentaires. L’entreprise de couverture avait également donné son accord pour que la structure prenne appui sur la promenade du lanternon et sur la toiture (des renforts ponctuels par étayage de la charpente ont été effectués à cette fin). Grâce à leur structure renforcée et aux appuis sur la toiture et le lanternon, les poutres-caissons ont une portée de plus de 20 m. Quelque 150 tonnes de tubes d’acier, contre 120 tonnes initialement prévues, ont été mobilisées sur ce chantier (pour l’échafaudage central et les passerelles d’accès).

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