En direct

Une station d’épuration cachée dans le sol

Olivier Baumann |  le 24/01/2014  |  BâtimentTravaux sans tranchéeEnvironnementTerrassementTourisme

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Bâtiment
Travaux sans tranchée
Environnement
Terrassement
Tourisme
Yvelines
Santé
Technique
Gros œuvre
Valider
Génie civil -

Pour rendre invisible l’extension d’une station d’épuration depuis le château de Versailles, les bâtiments sont enterrés. Conséquence : 180 000 m 3 de terrassement et des parois moulées à foison.

Comment construire une station d’épuration à proximité immédiate de la perspective infinie du parc du château de Versailles, ce grand axe arboré, conçu par Le Nôtre, qui conduit le regard vers l’horizon ? En l’enterrant, de telle sorte que les toitures des bâtiments qui la constituent soient dans le prolongement du terrain naturel ! « Conçue pour ne pas être perçue en vue lointaine, la station, une usine-paysage, est incrustée dans le vallon et le contexte arboré qui l’entoure », expose Luc Weizmann, l’architecte du projet.

Cette « incrustation » paysagère, condition sine qua non de la réalisation de cette extension-modernisation de la station d’épuration existante du Carré de Réunion, gérée par le Syndicat mixte d’assainissement de la région Ouest de Versailles (Smarov), génère un surcoût de 30 à 40 %. C’est que la dizaine de bâtiments nouveaux ne peut être construite qu’après avoir décaissé un important volume de terrain (voir page ci-contre). « En tout, 180 000 m 3 de terre doivent être déplacés », explique Franck Cahay, directeur du chantier pour le groupement d’entreprises de Vinci.
Sur le chantier, l’armada d’engins de terrassement côtoie les ateliers de fondations et de génie civil, le tout à proximité des bâtiments de la station d’épuration d’origine, qui continue de fonctionner. Cette coactivité est d’autant plus intense que moins de deux ans séparent le début et la fin des travaux : la station doit être mise en service avant fin 2015, pour se conformer aux objectifs de la Directive-cadre européenne sur l’eau.
Pour tenir ce rythme soutenu, plusieurs sources d’optimisation ont été trouvées. Par exemple, pour diminuer les risques d’aléas sur les cadences de fabrication, les 48 000 m 3 de béton sont fabriqués à partir d’un unique ciment clair, « qui satisfait à la fois les exigences de l’architecte et de l’ingénieriste », commente Franck Cahay (lire p. 36). Jusqu’ici, tout se déroule au bon rythme. Fin décembre 2013, 85 % des bétons étaient coulés.

PHOTO - 768489.BR.jpg
PHOTO - 768489.BR.jpg - © Govin Sorel/GTM
PHOTO - 768698.BR.jpg
PHOTO - 768698.BR.jpg - © Cabinet LWA
Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Syndicat mixte d’assainissement de la région Ouest de Versailles (Smarov). Architectes : Luc Weizmann et Xavier Constant (Cabinet LWA). Maîtrise d’œuvre technique : Artélia. Entreprises : Groupement Vinci (mandataire Sogea Ile-de-France GC, GTM TP IDF, Sogea IDF Hydraulique, Botte Fondations, Vinci Construction France, Vinci Construction Terrassement, Watelez TP) ; Entreprise process : OTV. Fournisseur béton : Qualibéton. Fournisseur ciment : Calcia. Planning des travaux de génie civil : septembre 2012-été 2014. Mise en service : fin 2015. Coût total : 180 millions d’euros TTC (dont génie civil : 87 millions d’euros HT ; équipements du process : 50 millions d’euros HT).

Fondations - Des parois moulées comme voiles périphériques

Pour enterrer les bâtiments, un décaissement préalable est nécessaire, générateur de volumes de déblais conséquents (plus de 180 000 m 3 ). « Pour pouvoir terrasser au sec, la nappe phréatique ne se situant qu’à quelques mètres sous la surface, il était indispensable de créer une enceinte étanche », explique Franck Cahay, directeur du chantier pour le groupement d’entreprises Vinci. Ancré dans une couche d’argile, un linéaire de 803 m de parois moulées ceinture ainsi plusieurs bâtiments. Elles permettent de faire d’une pierre deux coups : écrans étanches pendant la phase de terrassement, elles se transforment en voiles périphériques structurels définitifs pour les bâtiments, une fois le terrassement terminé. Les parois moulées n’ont qu’un défaut : leur coût. Aussi, là où cela a été possible, l’entreprise leur a préféré des parois au coulis de ciment (linéaire de 385 m au total). Problème : ces parois permettent bien de créer des « boîtes » étanches, mais elles ne sont pas structurelles. « Au fur et à mesure de l’avancée de l’excavation, des talus doivent donc être formés pour contenir la poussée des terres », analyse Franck Cahay. Conséquence : l’emprise disponible temporairement pour le chantier doit être supérieure à celle du bâtiment à construire. En moyenne, les voiles sont construits à une dizaine de mètres à l’intérieur de la boîte formée par les parois.

PHOTO - 768490.BR.jpg
PHOTO - 768490.BR.jpg - ©
PHOTO - 768484.BR.jpg
PHOTO - 768484.BR.jpg - © photos Govin Sorel/GTM
PHOTO - 768488.BR.jpg
PHOTO - 768488.BR.jpg - ©
Qualité - Un ciment unique pour des bétons techniques et esthétiques

Des fondations profondes aux structures des bâtiments en passant par les équipements de traitement des eaux, le béton coule à flot sur le chantier de la station d’épuration, où plus de 48 000 m 3 sont mis en œuvre au total. Le maintien des cadences (250 m 3 de béton par jour en moyenne avec des pics à 600 m 3 ) et de la qualité de production est un enjeu majeur pour l’entreprise : deux centrales à béton du bétonnier Qualibéton et une centrale d’appoint sont ainsi installées sur le site du chantier. Par souci d’optimisation, pour éviter les ruptures de charge, un ciment unique est utilisé pour tous les bétons du chantier. « Celui-ci concilie des caractères qui peuvent a priori paraître incompatibles : l’esthétique et la technique », explique Pascal Meunier, responsable de secteur pour Ciments Calcia. Il s’agit d’un ciment blanc CEM III très résistant aux agressions chimiques du sol et des effluents (classe d’exposition XA3, et traité prise mer/eau sulfatée), provenant de la carrière Calcia de Gargenville, à 35 km du chantier. « Nous en avons fourni 15 000 tonnes », s’enthousiasme Pascal Meunier. Afin de tenir les cadences, le raffinement a été poussé assez loin : pour accélérer la prise du béton en hiver, plutôt lente du fait de la présence importante de laitiers dans le ciment, de l’eau chaude à 60 °C est incorporée lors de la fabrication afin que le béton soit mis en œuvre à une température toujours supérieure à 15 °C.

PHOTO - 768483.BR.jpg
PHOTO - 768483.BR.jpg - © photos Govin Sorel/GTM
PHOTO - 768492.BR.jpg
PHOTO - 768492.BR.jpg - © MICELI/GTM
PHOTO - 768487.BR.jpg
PHOTO - 768487.BR.jpg - ©
Ouvrage-d'art - Un pont construit en « top and down » !

Pour les besoins du fonctionnement de la future station d’épuration, le rû de Gally, qui prend sa source dans le Grand canal du parc du château de Versailles et passe au milieu de l’emprise, doit être dévié. Le passage d’une rive à l’autre de la déviation se fera par un pont routier dans lequel transiteront bon nombre des réseaux de la station. Plus pratique et pour éviter les travaux en hauteur, l’ouvrage a été construit selon une méthode inédite. Les culées et le tablier ont d’abord été construits au sol. Puis les pelleteuses, dans la continuité du terrassement du canal de déviation du rû, sont venues « gratter » le terrain sous-jacent, donnant peu à peu son allure définitive à l’ouvrage. Une véritable construction en « top and down » !

PHOTO - 768493.BR.jpg
PHOTO - 768493.BR.jpg - ©
PHOTO - 768486.BR.jpg
PHOTO - 768486.BR.jpg - © photos Govin Sorel/GTMRIDENE/GTM
PHOTO - 768491.BR.jpg
PHOTO - 768491.BR.jpg - ©

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Éclairage des espaces extérieurs

Éclairage des espaces extérieurs

Date de parution : 05/2019

Voir

L'assurance construction

L'assurance construction

Date de parution : 04/2019

Voir

La concession d'aménagement et ses alternatives

La concession d'aménagement et ses alternatives

Date de parution : 04/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur