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Une solution de désamiantage en milieu occupé

ISABELLE DUFFAURE-GALLAIS |  le 24/07/2015  |  TechniqueBâtimentEnvironnement

Après dix mois d’expérimentation, une méthode mêlant imprégnation et hydro-gommage s’avère prometteuse pour éliminer des colles amiantées de revêtements de sol dans des logements occupés.

« Les solutions techniques innovantes en faveur de la détection et du retrait de l’amiante dans le bâtiment restent aujourd’hui trop rares. Aussi, est-il nécessaire d’agir pour trouver des solutions à la fois techniques et financières et pour mobiliser des pistes de recherche-développement qui puissent être à la hauteur des enjeux. » C’est ce qu’ont jugé les membres du jury du Lab cdc, l’incubateur de projets innovants de la Caisse des Dépôts, en sélectionnant pour sa deuxième saison d’expérimentation le projet présenté par ses filiales Egis, la Scet et le groupe SNI.

« Il s’agit d’expérimenter des solutions innovantes et une organisation adaptée afin d’optimiser les coûts, les délais d’intervention dans les différentes typologies de zone amiantée à traiter tout en permettant l’intervention en milieu occupé », résument les porteurs du projet. Ainsi, de septembre 2014 à juin 2015, a été testé un procédé d’intervention permettant de retirer la colle amiantée présente sous les revêtements de sol. Un solvant à faible impact environnemental, mis au point par la société VPCE (groupe IRAM), est appliqué sur la colle à éliminer, avec laquelle se produit une réaction chimique. Le produit est détaché de son support au moyen d’une petite hydro-gommeuse, habituellement utilisée pour le nettoyage des façades, équipée d’une canne de projection de vapeur d’eau et de sable fin à faible pression spécialement mise au point. « Cette méthode douce réduit la pénibilité et présente un haut niveau de sécurité, estime Nicolas Blanchard, responsable Sécurité & Prévention du groupe SNI, bailleur social du groupe Caisse des dépôts. Elle est particulièrement adaptée aux logements occupés. » L’évacuation du bâtiment, qui entraîne généralement des coûts importants, n’est plus nécessaire.

Trois tests

Trois tests itératifs, conduits avec un laboratoire indépendant, un maître d’œuvre, deux chimistes, une société experte en désamiantage, ont été utiles pour vérifier l’intérêt du protocole d’intervention prédéfinis. Le premier test, réalisé dans un logement inoccupé à Sarcelles (Val d’Oise), a permis d’obtenir rapidement une première série de mesures et d’orienter la méthodologie pour conduire l’expérimentation dans un immeuble occupé. Le deuxième test, dans un logement à Saint-Michel-sur-Orge (Essonne), a aidé à corriger et à faire évoluer le processus opérationnel (le temps d’imprégnation du produit solvant, le matériel, le mode d’enlèvement de l’amalgame…). Enfin, le troisième test, dans le même logement, a permis de finaliser l’étude et de confirmer la validité de la démarche.

Les premiers résultats de l’expérimentation ont été présentés en juin. Suite aux travaux menés dans le cadre du Lab cdc, les filiales parties prenantes devraient maintenant s’engager dans une phase de chantiers tests de plus grande ampleur jusqu’à la fin de l’année 2015 en vue de valider, à termes, le caractère reproductible du process et de la solution. Nicolas Blanchard propose de réaliser deux nouveaux chantiers tests : l’un dans le cadre d’une réhabilitation d’immeuble d’envergure, l’autre à l’occasion d’une rotation de locataire.

De son côté, Egis réfléchit à la commercialisation de ce procédé au-delà de l’habitat, dans le cadre de missions d’ingénierie pour l’industrie ou le tertiaire.

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