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« Une société pour participer pleinement à l'Opah du Bouchon-de-Champagne »

JOCELYNE AUBERT |  le 09/07/1999  |  ImmobilierLogementCollectivités localesAubeLogement social

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Paul Granet, le président de l'Opac de l'Aube fait le point sur la stratégie de l'organisme.

L'Opac est très engagé dans la réhabilitation de friches industrielles. Pourquoi ?

Emanation des collectivités territoriales, nous sommes très attachés à suivre les politiques des élus locaux. Le maire de Troyes, François Baroin, est confronté à la nécessaire redensification du centre-ville. Or, le cour de la ville englobe énormément de friches industrielles - sur plusieurs dizaines d'hectares -, du fait de la disparition ou du déménagement en zone périphérique des usines de textile. Ces friches sont très représentatives de l'architecture industrielle du XIXe siècle. A une époque où les villes, comme les individus, cherchent leurs racines, il faut essayer de conserver ce qui a été longtemps l'image de la ville et qui peut, encore aujourd'hui, constituer son identité.

Qu'allez-vous en faire ?

Ces friches sont particulièrement denses rue Courtalon : 14000 m2 au sol, pour tout un quartier allant jusqu'à la rue Bégand. Nous procédons à leur rachat avec la volonté de conserver les volumes, les enveloppes, les sheds - Ainsi, nous atteignons un objectif noble, qui est de conserver l'architecture. Nous aménagerons, ensuite, toute une gamme de logements, du PLATS à l'accession en propriété, en passant par les PLA et les logements intermédiaires. Par ailleurs, le lycée professionnel privé Jeanne-Mance va s'y implanter, ainsi que le siège social de la CAT (communauté de communes de l'agglomération troyenne), auxquels s'ajouteront d'autres activités. Nous sommes aidés, en cela, par le conseil régional quant à la réhabilitation des friches, etpar le conseil général, la CAT et la ville dans le cadre de la ZAC assortie d'un nouveau plan de circulation. La réalisation d'un giratoire et du boulevard des Viennes doit désenclaver le quartier.

Comment travailler à la fois à la redensification urbaine et à l'équilibre en milieu rural ?

Aujourd'hui, nous construisons 250 logements par an, dont 60 % en zone rurale. Dans l'Aube, non seulement l'exode rural s'estompe, mais, au nord-ouest, seuil d'oxygénation de l'agglomération parisienne, la population a tendance à s'accroître. Une centaine de communes nous réclame du locatif. Dans cet effort de construction rurale, nous respectons un certain nombre de règles d'urbanisme élémentaires pour ne pas gâter l'espace aubois en donnant la primauté à la construction individuelle et, autant que possible, en comblant les « dents creuses » de façon à ce que les villages ne s'étirent pas indéfiniment. Dans tous les villages, il y a des maisons en déshérence, pour lesquelles nous procédons à l'acquisition-réhabilitation appuyée par la direction départementale de l'équipement. Si l'Opac joue un rôle essentiel face à des politiques réalistes et volontaristes en ruralité comme en revitalisation du centre troyen, se pose, entre-deux, le problème de la ZUP, que nous traînons depuis l'après-guerre-

Vous voulez parler de la ZUP de La Chapelle-Saint-Luc ?

Oui. Sans être les Minguettes, les 4 500 logements de La Chapelle-Saint-Luc posent problème, par leur côté inhumain et l'insécurité qui y règne, et ce quels que soient les efforts de tous les partenaires- En l'espace de quinze ans, les mêmes logements ont bénéficié de trois programmes de réhabilitation. Il faut aujourd'hui se dire que la réhabilitation ne suffit plus au bout d'un certain temps. Nous lançons prochainement un programme de démolition-restructuration, un travail en profondeur par lequel nous isolons un certain nombre de tours pour en faire des résidences, simultanément à la destruction de collectifs. Il faut un véritable remodelage, avec l'espoir que celui-ci soit la solution. Dans la mesure où l'on crée des espaces privatifs, on peut espérer une appropriation collective. De plus, pour reprendre une expérience réussie du groupe Arcade, nous vendons des logements. Constatant que les ZUP construites dans les années 60/70, sont pratiquement amorties, nous avons fait des plans financiers qui permettent aux occupants d'accéder à la propriété pour le même coût (remboursement d'emprunt = paiement de loyer). Objectif : muer le comportement de locataire en celui de propriétaire.

Comment l'Opac va-t-il intervenir dans l'Opah du secteur sauvegardé du Bouchon-de-Champagne ?

En tant qu'Opac, nous ne pouvons pas recevoir de subvention dans le cadre d'une opération programmée d'amélioration de l'habitat. Nous allons donc créer, en collaboration avec les sociétés du groupe - la SIABA et le Crédit Immobilier -, une société ad hoc, probablement sous forme de société civile immobilière. Ainsi, nous pourrons travailler dans la tête du Bouchon-de-Champagne, acheter des logements, les réhabiliter et les remettre à des locataires. Cette formule constitue une première. La SFHE (Société française d'habitat économique), que je préside et qui est la maison mère du groupe Arcade, va participer à cette opération.

CHIFFRES CLES

Patrimoine : 7 580 logements, dont 2 168 pavillons.

Cadence annuelle : 0construction de 250 logements, dont 60 % en zone rurale (répartis sur 20 à 25 opérations), et près de 400 logements en chantier ou en étude.

PHOTOS :

Paul Granet : « Nous procédons au rachat des friches industrielles. »

« Nous aménageons toute une gamme de logements dans les bâtiments dont nous souhaitons conserver l'architecture. Le lycée Jeanne-Mance va s'y implanter, ainsi que la communauté de communes. »

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