En direct

Une scénographie numérique pour l’Hôtel de la Marine à Paris
En forme d’ellipse, le grand lustre numérique (14x10 m) prend place dans la Cour de l’intendance. - © © Moatti-Rivière/Centre des monuments nationaux

Une scénographie numérique pour l’Hôtel de la Marine à Paris

le 24/05/2018  |  ArchitectureProjetsBâtiment

L’agence Moatti-Rivière signe la scénographie de l’Hôtel de la Marine qui fait l’objet d’importants travaux de restauration. L’ancien garde-meuble de Louis XV, qui accueillit l’état-major de la Marine de 1789 à 2015, ouvrira au public début 2020.

Alors que la restauration des façades et des couvertures de l'Hôtel de la Marine, place de la Concorde, s’achève, celle des cours et des intérieurs débutera en juillet. Il reste également à réaliser la scénographie, signée par l’agence Moatti-Rivière: les entreprises seront choisies cet été.

Cette scénographie fait d’abord appel au numérique. «C’est un outil adapté pour toucher un large public et faire de l’Hôtel de la Marine le point de passage obligé d’une visite de Paris», explique Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, maître d’ouvrage. L’Hôtel de la Marine (12 700 m2) qui ouvrira au public début 2020 sur 6 200 m2 (6 500 m2 sont dédiés à des bureaux de prestige) fera place aussi bien à la découverte patrimoniale — appartements de l’intendant, salons d’honneur, bureau du chef d’état-major de la Marine, arrêt sur le grand balcon avec une vue splendide sur la place — qu’à celle des arts de vivre. Les travaux de restauration s’élèvent au total à 130 millions d’euros.

Cinq parcours numériques

Disposés au sein de l’espace patrimonial, au service d’une mémoire longue, trois axes structurent la scénographie de l’Hôtel de la Marine: un travail sur le numérique, l’élaboration d’une symbolique propre au lieu, une place laissée à l’artisanat contemporain. «Côté numérique, un casque audio-interactif — un ‘confident’ — permet l’immersion dans l’univers de l’Hôtel de la Marine. Les murs parleront, le bâtiment et les décors raconteront ce qu’ils ont vu, entendu, senti», souligne Alain Moatti. Cinq parcours numériques sont prévus, dont un réservé aux enfants. Le scénographe et son équipe ont élaboré par ailleurs une symbolique des objets, constitutifs de la nouvelle identité contemporaine du lieu, à partir de l’idée d’«éclat» et de «lumière». Grand lustre, tapis de lumière, tables numériques dialoguent au-delà du temps avec la première modernité de l’Hôtel de la Marine construit au XVIIIe siècle (Ange-Jacques Gabriel, architecte). «Nous avons enfin fait appel à l’artisanat contemporain pour la réalisation de ce mobilier afin de montrer que le savoir-faire contemporain ne s’est pas perdu au fil du temps», ajoute Alain Moatti.

Lustre numérique, tapis lumineux, miroirs dansants…

Premier objet de cette scénographie, jouant un rôle de médiation entre les espaces patrimoniaux et les visiteurs: le Grand Lustre numérique. En forme d’ellipse, il prend place dans la Cour de l’intendance. De grandes dimensions (14x10m), il est en polycarbonate moulé et taillé numériquement, éclairé par des panneaux de LED. Il marque l’espace (billetterie, parcours, vestiaires) et le temps, en se référant à des événements d’une histoire non pas narrative mais «compressée» (il rapproche des événements qui font sens: routes maritimes et commerce des épices). Autre objet: un tapis lumineux ou jardin de lumière, situé dans la Cour d’honneur, allusion à l’art des jardins du XVIIIe siècle. «Nous ne pouvions projeter de lumière sur les façades classées, aussi, avons-nous créé un tapis lumineux (450 m2) fait de pavés de marbre noir et de 7 000 points lumineux, le tout constitue un motif», dit encore Alain Moatti. A noter aussi, une «Table des marins» — corsaires, célèbres combats navals, voyages d’exploration — et des «Miroirs dansants» à trois faces diffusant des films relatant les bals donnés au XIXe siècle.

Un objectif de 600 000 visiteurs par an

Trois promenades sont proposées, dont un «circuit court» — découverte des salons de réception au XIXe siècle — où sont installés, notamment, les «Miroirs dansants» et la «Table des marins». Le Centre des monuments nationaux s’est fixé un objectif de 600 000 visiteurs par an. C’est, selon Philippe Bélaval, «un objectif à la fois raisonnable et ambitieux».

Les principaux intervenants

Maître d’ouvrage: Centre des monuments nationaux;

Maîtrise d’œuvre: 2BDM (Christophe Bottineau, ACMH);

Maîtrise d’œuvre scénographie: Agence Moatti-Rivière, architecte mandataire;

Scénographie digitale: Ilusio;

Signalétique/graphisme: Locomotion;

Eclairage: 8’18'';

Design mobilier: Sismo;

Multimédia: VTIC;

Flux: TPFI.

Commentaires

Une scénographie numérique pour l’Hôtel de la Marine à Paris

Votre e-mail ne sera pas publié

Librairie du Moniteur

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Amélioration et renforcement des sols - AMSOL - Tomes 1 et 2

Amélioration et renforcement des sols - AMSOL - Tomes 1 et 2

Prix : 0.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur