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Une reprise sous conditions !

JEAN-MICHEL GRADT, JEAN-CHRISTOPHE NOUGARET |  le 26/01/2001  |  ConjonctureBouches-du-RhôneParisFrance entièreApprentissage

Sommaire du dossier

  1. Les produits en phase aqueuse difficiles d'emploi
  2. Fascicule pour les techniques non courantes
  3. Revêtements réticulables : concilier souplesse et moindre encrassement
  4. Une peinture chauffante
  5. Rénovation lourde pour une façade dégradée
  6. Durabilité des hydrofuges : expériences française et allemande
  7. Des murs « respirants » grâce aux systèmes à base de siloxane
  8. Une reprise sous conditions !
  9. Une peinture pour PVC sans précouche
  10. La photographie aérienne inspire des peintures à effets de matières
  11. Révolution en douceur pour les peintures
  12. Les industriels de la peinture au défi de l'environnement
  13. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Système en phase aqueuse pour création d'effets
  14. ENDUITS ET PEINTURES DE FACADES Peinture silicate pour anciens fonds minéraux ou organiques
  15. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Peinture acrylique intérieure mate pochée
  16. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Revêtement en huit couleurs tachetées
  17. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Peinture de fond et finition pour locaux humides
  18. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Peinture acrylique mate recouvrable dans la journée
  19. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Enduit naturel à teinter décollable
  20. PREPARATION DES MURS Enduit de rebouchage en poudre à séchage rapide
  21. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Peintures glycérophtaliques en 1 600 teintes
  22. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Lasures satinées incolores ou teintées
  23. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Système décoratif en vingt teintes nuancées
  24. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Lasure opaque pour sols et murs extérieurs en bois
  25. PREPARATION DES MURS Décapant pour bois et métaux peints
  26. ENDUITS ET PEINTURES DE FACADES Système d'imperméabilité de façade classé M1
  27. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Sous-couche à la teinte à fort pouvoir opacifiant
  28. ENDUITS ET PEINTURES DE FACADES Revêtement semi-épais D3 mat velouté
  29. OUTILLAGE Pompe à piston pour application de produits à haute viscosité
  30. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Revêtement décoratif poli et ciré

L'écart se creuse entre les industriels de la peinture bâtiment, en pleine concentration sur fond de sortie de crise et les entreprises de travaux. Celles-ci bénéficient d'une assez bonne conjoncture. Elles veulent améliorer la formation et baisser leurs charges.

Le secteur de la peinture se caractérise par le fossé abyssal existant entre les industriels de la peinture et les entreprises « applicateurs de peinture ». Les premiers sont souvent des multinationales affichant des milliards d'euros de chiffre d'affaires et répondant à de strictes logiques industrielles. Les seconds sont majoritairement représentés par les artisans et les PMI-PME pour lesquels, à 50 salariés et 40 millions de francs de chiffre d'affaires, on est déjà un gros. Les uns parlent taille et parts de marchés, concentration, cost reduction plans et marketing. Les autres répondent : pénurie de compagnons bien formés, proximité avec le client, charges. Résultat : sur la problématique commune du traitement des déchets, les partenaires se renvoient la balle (voir encadré page 77).

Le salon Couleur 2000, qui va se tenir à Paris (voir encadré ci-contre), suffira-t-il, sinon à combler ce fossé, du moins à faire prendre conscience d'elle-même à une filière ? Il semble qu'une réponse positive s'esquisse. « Pour la première fois, tous les acteurs de la filière (la Fipec, la CAPEB, l'UPPF et la FN Décoration) se sont retrouvés afin de créer, en 1999, une association baptisée Peintres et peintures pour la France, ou 3PF. Objectif : relancer le marché et sortir de la mauvaise image du métier de peintre », déclare Valéry Chevalier, délégué général de la Fédération des industries des peintures, encres, couleurs, colles et adhésifs (Fipec).

La prise de conscience de l'existence d'une véritable « filière peinture » pourrait permettre des actions communes telles que la relance, la formation et l'innovation (1), ou encore l'auto-organisation de l'offre pour la rénovation des logements. En effet, comme l'a montré «Le Moniteur» (enquête bâtiment et santé), 9 % de sondés estiment leur santé menacée par les matériaux utilisés dans leur logement, peinture au plomb en tête. A la filière peinture de tirer les enseignements de l'amiante.

Malgré tout, un constat s'impose : un Français repeint sa façade tous les seize ans contre tous les huit ans pour un Allemand. De plus, les lots « peintures et finitions » sont souvent rognés car le « moins-disant » règne. « Ajoutez à cela la mauvaise image du peintre, et vous comprendrez pourquoi le marché du particulier (la peinture décorative) a le vent en poupe », résume un connaisseur. L'analyse en détail des marchés confirme cette vision.

Industriels : croisée des réseaux entre grand public et bâtiment

Côté industriels, la crise des années 90 - le creux date de 1995 - a accru la spécialisation entre les deux grands marchés : le grand public et le bâtiment (voir graphique ci-dessous), aggravant les divergences. D'un côté, les industriels spécialistes du « grand public » qui, bénéficiant d'une conjoncture positive, se réjouissent. A l'instar du leader hexagonal, ICI France (filiale du britannique ICI Plc), qui vient de fédérer ses marques sous l'enseigne ICI Paints Déco France. « Nous répercutons une hausse de 4 % de nos prix 2001, en réponse à la hausse des prix des matières premières », a expliqué récemment son président, Jean-Rémy Caurette.

A l'inverse, leurs confrères de la « peinture bâtiment » (SigmaKalon, Akzo, Sicof, Lafarge Peintures, Zolpan, etc.) voient leur courbe d'activité stagner, depuis dix ans sous le niveau de 1990. Bref, la crise dure (voir graphiques). D'autant qu'entre fin 1998 et mars 2000, le prix de la peinture a subi une hausse de 14,8 % impossible à répercuter sur un marché « bâtiment » qui, en 2000, n'a progressé que de 6 % et où la concurrence est rude. Première conséquence, l'accélération de la concentration, engagée en 1995. Après la création de SygmaKalon en juillet 1999, les dernières grandes opérations en date sont : le rachat par le hollandais Akzo Nobel du plus important grossiste « peinture-décoration » de Rhône-Alpes, Vachon, et surtout la vente, fin 2000, de Lafarge Matériaux de spécialités (LMS) - 930 millions d'euros de chiffre d'affaires (6,1 milliards de francs) -, dont Lafarge Peintures (dédié à 90 % au bâtiment) aux investisseurs Advent et CVC Capital Partners et Carlyle.

Autre conséquence : la spécialisation par niches de marché, avec la technicité comme atout, par opposition à une forme de « banalisation » de la peinture qu'opèrent nécessairement les politiques de volume et de simplification de gammes. C'est la carte jouée par Sicof (ex-Sigma, repris à 51 % par ses salariés en 1997). Spécialiste français de la façade (dont 80 % dans l'étanchéité), l'entreprise annonce 15 % de parts de marché. Grâce à son laboratoire intégré, Sicof intervient en amont auprès des acteurs de la prescription et se pose en véritable « conseil » vis-à-vis de ses clients. « Nous faisons de la façade et uniquement cela. C'est notre force. Cela nous condamne à innover », explique Pierre Chambrossier, le directeur technique et commercial.

Côté entreprises de travaux, le traitement des déchets est une priorité. La formation, qui rime avec revalorisation du métier, en est une autre. « Il faut faire savoir que la peinture est un des rares secteurs où l'on peut évoluer du poste d'apprenti à celui de patron », insiste le président de l'Union des professionnels de la peinture et des finitions (UPPF), Thierry Servant, qui se dit, par ailleurs, assez satisfait de la conjoncture réactivée par la TVA à 5,5 % (« Le Moniteur » du 29 décembre 2000, p. 14). Cette mesure a également eu pour effet de réduire le travail au noir, ainsi que le confirment les négociants en peinture. Le phénomène risque cependant d'être réactivé, via les 35 heures !

Juguler l'impact de celles-ci qui pèsent sur les bilans des PMI-PME est donc l'autre priorité. Jacky Abraham, P-DG de l'entreprise francilienne Stravicino, résume la situation : « Outre la complexité de sa mise en oeuvre, le surcoût direct des 35 heures est de 3 % en charge d'exploitation... qu'il faut récupérer ailleurs. Quant aux embauches, dans ces métiers à saisonnalité forte, elles sont plus dictées par les carnets de commandes que par la loi. » Dernier argument : la loi s'applique avec pour contrepartie le gel des salaires. Ce qui n'est pas vraiment opportun au moment où la profession cherche à attirer des jeunes.

Bref, les entreprises demandent un allègement des charges sociales, assises sur la masse salariale, afin de compenser les pertes d'exploitation liées à la baisse du temps de travail.

(1) Voir l'enquête sur « L'irrésistible progression des peintures aqueuses » (« Le Moniteur » du 22 septembre 2000, p. 68 à 70).

GRAPHIQUES :

- Répartition approximative des tonnages - Marché : Le bâtiment domine et souffre

Avec 108 millions de t vendues en 1999 (+2,3%), pour un chiffre d'affaires de 2,44 milliards d'euros, dont 300 millions pour les produits assimilés, le marché français est dominé par le bâtiment (37 %) et le grand public (31 %), devant l'industrie (27%). Sur une longue période et avec la spécialisation des circuits et des sous-marchés, la peinture bâtiment a bien plus souffert que la peinture grand public (mise en oeuvre par les particuliers).

- Evolution du chiffre d'affaires peinture bâtiment de 1990 à 1999 - Bâtiment : encore en crise

Crise sensible : l'activité 1999 est inférieure à celle de 1990

En 1999, la peinture bâtiment n'avait pas retrouvé son niveau du début de la décennie. Le point bas a été atteint en 1997, ce qui explique le mouvement de concentration caractérisant le secteur. Depuis 1998, l'activité se redresse lentement. Les marges s'étant érodées et le prix des matières premières étant à la hausse, la table, pour 2000, sur un + 6 %, assez loin de la croissance enregistrée dans le bâtiment.

- Evolution du chiffre d'affaires peinture grand public de 1990 à 1999 - Grand public : bien orienté

Avec une croissance de + 30 % pour les tonnages entre 1990 et 1999 et une hausse de 20 % du chiffre d'affaires, les industriels de la peinture grand public, portés par les marchés de la décoration se portent bien. De là, un recentrage marqué sur le coeur de cible : le particulier qui profite de la mauvaise image du peintre. Surtout, le secteur s'appuie sur une distribution très différente soumise aux logiques et aux approches de la grande distribution alimentaire.

Le salon Couleur 2000

Co-organisé cette année par le GPPF (groupement des professionnels de la peinture et des finitions) et «Le Moniteur», le salon Couleur 2000 aura lieu les 15, 16 et 17 mars 2001 à la Grande Halle de la Villette à Paris. La deuxième édition du rendez-vous de la peinture, des revêtements de sols et de murs, de la décoration, du ravalement et de la finition devrait accueillir 120 exposants sur 1 350 m2 de stands. Les produits présentés couvriront les secteurs des peintures, des échafaudages, des revêtements..., avec des exposants industriels et distributeurs tournés vers des visiteurs professionnels. Des conférences sur l'actualité du secteur animeront ces trois journées.

Dechets de peinture : en attendant 2002

La date butoir de juillet 2002 devrait clore la polémique entre industriels et applicateurs de la peinture. Pour les industriels, en vertu du principe «pollueur-payeur», c'est aux entreprises de peinture de payer ! Alors, l'UPPF a décidé de prendre les devants. « La solution viendra d'une mobilisation associant les industriels, les grossistes et les applicateurs, avec le soutien d'instances telles que l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie et les agences de l'eau pour réfléchir à la baisse du coût de traitement et à sa répartition », déclare Thierry Servant, qui fera prochainement une proposition. Pour l'heure, les initiatives restent contrastés. Ainsi, les grossistes se sont associés à des filières de récupération, notamment en Poitou-Charentes ou en Ile-de-France. En revanche, la chambre syndicale des Bouches-du-Rhône a essayé de garantir des quantités minimales et de baisser les prix des incinérateurs et atteindre un coût hors taxes de 0,84 euros/kg, contre des plafonds de 1,83 euros/kg. Les centres de récupération ont généré des coûts de transport importants. Résultat : les artisans n'ont pas suivi. «Un surcoût de 0,5 à 1,5 % sur un marché aux prix très tirés n'est pas négligeable pour les artisans. Mais si l'on ne s'y est pas préparé, la facture sera plus douloureuse», souligne Robert Ventre.

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