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Une reprise en sous-œuvre à tiroirs

philippe donnaes |  le 13/02/2015  |  ProfessionArchitectureCultureBâtimentGros œuvre

Structure -

La conservation d’une façade existante à intégrer dans le futur musée de la Romanité de Nîmes a nécessité la mise en œuvre de travaux de soutènement et de confortement complexes, obéissant à un phasage délicat.

Le futur musée de la Romanité, qui ouvrira ses portes au second semestre 2017, se situe sur une parcelle de 4 800 m2, tout près des arènes de Nîmes. Le bâtiment R + 3 comportera, en infrastructure, deux niveaux de sous-sol nécessitant l’évacuation de 22 000 m3 de déblais. Pour l’heure, le chantier est dans une phase complexe suite à la décision de conserver une façade existante de 60 m de longueur et 17 m de hauteur le long de la rue de la République. Une contrainte forte qui a, tout d’abord, nécessité la construction d’une structure en béton armé, fondée au niveau du sol existant et plaquée à la façade préservée (côté intérieur) afin de la rigidifier.

Butons à géométrie variable

Dix-sept poteaux, hauts de 8 à 9 m et reliés par des liernes en béton armé, ont été coulés tous les 4 m environ, un système de croix (tiges traversantes avec platines) permettant de solidariser l’ensemble afin d’interdire tout mouvement de glissement entre les deux structures. « Ces poteaux sont définitifs, explique Sylvain Juanola, conducteur de travaux de l’entreprise Fondeville, c’est-à-dire qu’ils ont dû être implantés en respectant la trame architecturale. » L’impossibilité d’accéder dans l’existant en utilisant des moyens de levage lourds a nécessité la conception de coffrages traditionnels, pouvant être facilement manipulés à la main et mis en œuvre au moyen de treuils et de palans.
Une reprise en sous-œuvre classique a ensuite été réalisée, au droit de la façade. L’intervention s’est effectuée en pianotant par plots de 2 m de largeur. Le mur de béton armé de 40 cm d’épaisseur a été coulé sur les 2,50 m de hauteur qui séparent le terrain naturel du niveau de sous-sol existant. Afin de reprendre la poussée des terres exercée sur ce mur, des petits butons métalliques ont été positionnés tous les 4 m. « Ces éléments, qui ne travaillent qu’en compression, sont fondés sur des massifs en béton », précise Sylvain Juanola. La difficulté principale résulte de la géologie du site : des sistres, un matériau très dur ayant nécessité de terrasser au brise-roche hydraulique.
Etape suivante : la mise en place d’un système de butons métalliques (HEA 260), destiné à conforter l’ensemble de la structure et permettre ensuite les travaux de déconstruction (planchers, toiture). Ces éléments de 10 à 11 m de longueur, soumis aux mêmes difficultés d’installation (obligation de passer par les ouvertures existantes), reposent quant à eux sur des massifs en béton fondés sur micropieux de 6 m de profondeur (section 150 mm). « Ils doivent, en effet, pouvoir fonctionner aussi bien en traction qu’en compression sous l’effet du vent sur la façade », poursuit Sylvain Juanola.
Une fois le bâtiment déconstruit, les butons, articulés en tête, seront prolongés au moyen de profilés métalliques d’environ 3,50 m, puis déportés sur de nouveaux appuis béton (fondés également sur micropieux), réalisés dans des puits ponctuels. Les travaux de terrassement du second niveau de sous-sol (- 4,50 m sous le terrain naturel) pourront dès lors être achevés. Cette phase inclut, bien entendu, la poursuite de la reprise en sous-œuvre de la façade selon la même méthodologie. Ce n’est qu’une fois la construction du musée achevée que les butons seront découpés et sortis par les ouvertures, la stabilité de la façade étant alors assurée par les nouveaux planchers du bâtiment.

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Fiche technique

Maître d’ouvrage : Ville de Nîmes. Maître d’œuvre : Elizabeth de Portzamparc. Architecte associé : A + Architecture. Architecte des Monuments historiques : Alain-Charles Perrot. Coordonnateur SPS : Dekra. Bureau de contrôle : Qualiconsult. BET structure : André Verdier. Entreprise : François Fondeville.

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