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Une reconstruction passive sans surcoût
Détruit par les flammes en 2012, le concessionnaire Cholet Moto a été reconstruit au standard passif - © © Passi'Bat

Une reconstruction passive sans surcoût

le 18/09/2014  |  ArchitectureConception-réalisationTechnique

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Le bureau d'études Equipe Ingénierie et le cabinet d'architecture INSO ont mené la reconstruction d'un bâtiment des années 90 pour l'amener au standard passif sans surcoût.

L’histoire de ce projet passif atypique commence par un incendie. Un soir d’août 2012, en quelques heures, le concessionnaire Cholet Moto (49), est ravagé par les flammes. Dans sa situation difficile, le propriétaire, Patrick Bossard a alors de la chance : l’assurance accepte de rembourser le bâtiment à coût identique en prenant en compte la réactualisation des prix suivant l’indice BT01, soit plus de 400 000€ de prime. Surtout, Patrick Bossad fait la connaissance d’un bureau d’étude proactif, Equipe Ingénierie.

Une proposition alléchante

Alors que le bâtiment original, construit en 1993 et d’une surface de 750m², avait jusqu'à présent donné plutôt satisfaction à son propriétaire malgré des conditions pénibles l'hiver et des milliers d’euros partis en fumée dans la chaudière au fuel, Allain Tugdual, diplômé CEPH (Concepteur Européen Bâtiment Passif) lui fait une proposition des plus intéressantes : reconstruire le bâtiment, élevé au standard passif, sans dépasser le remboursement de l’assurance, ni les coûts de construction RT 2012.

Pour le même investissement, le maître d’ouvrage pourrait donc bénéficier d’un bâtiment neuf, et surtout de coûts d’exploitation considérablement réduits. Entre la construction originelle et la nouvelle, passive, Equipe Ingénierie anticipait une baisse drastique des besoins de chauffage. « La première chose que le maître d’ouvrage nous a dit, c’est « Je veux un bon chauffage ». Alors on lui a mis un très  bon système de chauffage… pour 2 000 € de charges annuelles, plutôt que 6 000 ou 7 000 € jusque-là !», se souvient Allain Tugdual.

Sur la base d’un budget de 403 000 € HT, soit 570 € HT du m², le projet est retenu. Ainsi, le choix de la construction passive, qui n’était pas une demande originelle du cahier des charges, s’est fait en cours d’étude, au vu des avantages tangibles offerts en termes de coûts d’exploitation.

Chauffage d'appoint

Le bâtiment d’origine avait pour principe constructif une charpente métallique, une couverture en bac sec, un faux plafond en dalles avec 200 mm de laine de verre et 60 mm d’isolation périphérique.
Le nouveau magasin repose également sur une charpente métallique mais la couverture est en bac acier avec  240 mm de laine de roche et une membrane d’étanchéité. Les murs périphériques sont en panneaux sandwich polyuréthane de 200 mm d’épaisseur et l’isolation de sol est en PIR 120mm. Le chauffage restant sert à l’appoint pendant les périodes de grand froid, il n’y a aucune climatisation.

Le bâtiment, livré à la mi-janvier 2014, est actuellement en cours de labellisation Bâtiment Passif. Le test d’étanchéité à l’air réalisé donne une valeur de n50=0.15-1. Le logiciel PHPP indique une valeur de chauffe de 9kWh par m² et par an. Au cours de l’hiver écoulé, il n’a jamais été nécessaire de mettre en route le chauffage et la température n'est jamais descendue en dessous des 16°C.

Importance de l’étanchéité à l’air

De l’extérieur, Cholet Moto ressemble aujourd’hui à n’importe quel concessionnaire deux-roues. Pourtant, le bâtiment a été conçu dès l’esquisse comme un bâtiment passif avec l’aide du cabinet d’architecture INSO. L’ensemble des ponts thermiques a été réduit au minimum. Enfin, le système constructif a été simplifié au maximum de façon à pouvoir réaliser les travaux avec des entreprises n’ayant aucune connaissance des constructions passives.

La seule véritable difficulté a été de faire comprendre aux entreprises l’importance de l’étanchéité à l’air. Allain Tugdual peut en témoigner : «Les liaisons entre les panneaux et les autres éléments, que ce soient les menuiseries, le dallage, la couverture, les angles de bardage… sont essentielles pour la performance du bâtiment. Un jour, raconte-t-il, la membrane scotch a été remplacée par du scotch d’électricité orange… Il a fallu reprendre un quart de la surface ! ».

Mais pour éviter ces aléas, un peu de dialogue a suffi : « Au-delà du responsable d’affaires de l’entreprise, les réunions de chantier doivent se faire avec le chef de chantier qui sera présent sur place, rapporte Allain Tugdual. Si c’est prévu tout de suite, il n’y a pas de surcoût global. »

Malgré ces imprévus, les travaux ont duré 6 mois, et les délais n’ont pas été augmentés par le caractère passif du bâtiment.

Un projet présenté au Congrès Passi’bat

Comment sensibiliser et encadrer des équipes novices en passif sans prendre du retard sur les délais ? Comment construire passif à un tarif défiant toute concurrence ? Quel retour d’expérience à an+1 ? D’autres appels d’offres ont-ils été remportés par le BET grâce à ce type de proposition ?

 C’est pour répondre à toutes ces questions qu’Allain Tugdual, d’Equipe Ingénierie, interviendra au Congrès Passi'bat, les 25 et 26 novembre prochains.

Retrouvez le programme de Passi’bat : www.passibat.fr

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