En direct

Une première filière d'épuration par biofiltres dans l'Ouest

BERTRAND ESCOLIN, NORA HACHACHE, ROLAND KUSCHNER, LAURENT MIGUET, BERNARD REINTEAU |  le 25/06/1999  |  TechniqueEnvironnement

Mise en eau en 1964, la station de traitement des eaux usées de l'agglomération mancelle a évolué au fil des besoins. Elle traite désormais 250 000 équivalents habitant selon les procédés classiques de traitement biologique par boues activées, soit 20 tonnes de matières en suspension par jour pour 62 500 m3. Mais cet ouvrage ne répond plus aux normes de rejet.

« On ne traite pas l'azote ni le phosphore, explique Michel Ménard, directeur du service des eaux et de l'assainissement de la communauté urbaine du Mans, maître d'ouvrage. Le rendement actuel est de 95 % en pollution organique et de 85 % en pollution chimique. Les matières azotées passent de 59 mg/l à l'arrivée à 44 mg/l en sortie, soit un abattement de 25 % de pollution retenue sans traitement particulier. En phosphore, on était à 11 mg/l et 3,3 mg/l en sortie. »

L'exploitant OTV (filiale de Généra-le des eaux/Vivendi) a remporté en 1998 le concours de conception, réalisation et exploitation (sur douze ans) de la nouvelle station qui, d'ici à fin 2000, viendra remplacer les anciens bassins sur le site de la Chauvinière. Cette tranche, d'une capacité de 315 000 équivalents habitant, va permettre de répondre aux normes européennes et de traiter deux nouveaux paramètres : azote et phosphore. Le procédé retenu est la biofiltration. « Nous n'avons que 3,3 ha. C'était trop peu pour des bassins plus importants en boues activées. D'où le choix d'une station concentrée. »

Les bassins remplacés par des batteries de filtres Biostyr

Tous les bassins de boues activées seront détruits et remplacés par des batteries de filtres Biostyr d'OTV. Les vingt cellules de 114 m2 chacune contiennent des filtres de billes de polystyrène de 4 à 6 mm de diamètre d'une épaisseur de 5,80 m. Elles constituent le support du traitement biologique de nitrification /dénitrification des eaux usées (fraction oxydable, matière en suspension et azote). Les billes augmentent la surface de contact avec les bactéries et l'oxygène pour engager le traitement biologique par percolation. Le rendement de ce procédé permet, à rendement égal ou supérieur aux boues activées, une meilleure compacité des installations.

L'eau brute traverse par une prédécantation primaire lamellaire Multiflo, puis est dirigée par une cheminée vers les cellules Biostyr où elle traverse le filtre de bas en haut.

En fin de traitement, une bâche recueille les boues. Elles sont épaissies dans un décanteur, puis sont déshydratées par double centrifugation à 28 % : pour 1 t de boues, on récupère environ 700 kg d'eau et 300 kg de matières sèches. Les boues sont ensuite incinérées sur site.

Fiche technique Maître d'ouvrage : Communauté urbaine du Mans Architecte : société Cazals-Paumier architectes Construction, exploitation : OTV (Générale des eaux/Vivendi) Coût de l'opération : 262 millions de francs HT Coût d'exploitation : 29 millions de francs

SCHEMA : Phase de filtration et phase de rétro-lavage des cellules Biostyr

La nouvelle station, opérationnelle d'ici à la fin 2000 traitera deux nouveaux paramètres : l'azote et le phosphore.

Commentaires

Une première filière d'épuration par biofiltres dans l'Ouest

Votre e-mail ne sera pas publié

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur