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Une plateforme autonome de dépollution des lacs
La plateforme Aquagreen conçue par Innogur et Diedre design traitement les plans d'eau en toute autonomie - © © DR

Une plateforme autonome de dépollution des lacs

le 14/01/2014  |  EnergieTechniqueEssonneFrance entièreEnergies renouvelables

Un prototype de plateforme photovoltaïque flottante a été expérimenté avec succès pour réoxygéner l’eau d’un  lac.

La jeune société d’ingénierie de l’innovation Innogur Technologies, agréée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, développe des produits innovants « éco-responsables ». Parmi ses dernières inventions, Aquagreen est un procédé breveté d’oxygénation et de dépollution combinée des plans d’eau souffrant d’eutrophisation. Cette dégradation des milieux aquatiques résultant d’une réduction du taux d’oxygène dans l’eau, généralement liée à un apport excessif de substances nutritives (azote et phosphore provenant notamment des nitrates agricoles et des eaux usées), augmente la production d’algues et d'espèces aquatiques en privant le milieu de lumière. D’où une réduction de la faune et de la flore.

Autonome grâce aux panneaux solaires

Alimentée en totale autonomie par des panneaux solaires, cette plateforme flottante modulable permet de traiter naturellement les plans d’eau pour le maintien de la faune et de la flore, conformément à la directive européenne sur l’eau 2000/60/CE ratifiée dans le droit français par la loi sur d’eau et les milieux aquatiques (LEMA) du 30 décembre 2006. Cette directive vise à restaurer la qualité des eaux souterraines et de surface d’ici 2015.

Créée en collaboration avec DIEDRE Design, cette plateforme flottante et modulable a été soutenue par la région Ile-de-France en 2011, lors d’un appel à projets « Design dans les énergies renouvelables et alternatives » avec le concours du Lieu du Design. Le projet a bénéficié d'une aide régionale AIR (Aide à L'innovation responsable).

La plateforme est composée d’une structure métallique légère de 5,90 m x 4 m, posée sur des flotteurs à ses quatre angles et portant 8 m² de panneaux solaires inclinables selon l’implantation. Le traitement de l’eau est assuré par un système de retour d’oxygène par brassage activé. Des aérateurs effectuent un brassage qui crée des mouvements d’eau ascendants et descendants qui répartissent de façon plus homogène l’oxygène dans le volume d’eau. « La gestion intelligente de l’énergie permet de pomper quand l’énergie solaire est disponible, précisent ses concepteurs. Mais l’autonomie peut aussi être renforcée par des batteries dimensionnées pour une durée de fonctionnement optimale en cas de faible exposition au soleil. » Le taux d’oxygène injecté dans l’eau atteint rapidement 12 mg/l pour favoriser les cycles biologiques naturels de destruction des polluants tels que nitrates et phosphates.

Expérimentation de six mois

Dans le cadre d’une opération financée par la région Ile-de-France, une expérimentation de six mois a été menée sur le lac Mail à Orsay (Essonne), du 15 juin au 15 décembre 2013. Elle visait à qualifier les résultats de traitement de l’eau en rapport avec le dimensionnement de la plateforme. La ville d’Orsay s’est montrée intéressée par le procédé car le voisinage de ce lac de 7000 m² et 10 500 m3 se plaignait des mauvaises odeurs émanant du plan d’eau. Des nettoyages onéreux devaient être régulièrement réalisés. Durant les six mois d’expérimentation, des prélèvements effectués deux fois par mois et analysés par un laboratoire indépendant ont permis de mesurer le taux d’oxygène, la température, les taux de nitrate et de phosphate, le pH et le potentiel d’oxydoréduction. Thierry Garcia, directeur de la recherche, et gérant d’Innogur, tire un bilan positif : « Les résultats mesurés indiquent que nous accélérons de façon sensible les paramètres physico-chimiques à des valeurs élevées jugées très bonnes (selon la directive européenne). Parmi eux, l’augmentation du potentiel redox conduit à la transformation rapide des composés sous la forme la plus oxydée, ce qui entraîne une minéralisation du milieu, une oxydation forcée de la matière organique et une diminution de l’azote ammoniacal ».

"Pour 2014, poursuit-il, après avoir constaté les bons résultats immédiats obtenus, nous allons qualifier les performances à plus grande échelle et à plus long terme pour observer les impacts sur le milieu (biodiversité, algues, lentilles, bactéries…) avant d’envisager un déploiement commercial à partir de 2015. »

Innogur cherche ainsi à mettre en place, avant avril-mai 2014, une vingtaine de sites pilotes en France.

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