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Une passerelle futuriste et légère au cœur de l’aéroport de Paris-Orly
La passerelle piétonne construite actuellement sur la plateforme aéroportuaire de Paris-Orly se caractérise par une charpente métallique de 800 tonnes. - © Alain Leduc

Une passerelle futuriste et légère au cœur de l’aéroport de Paris-Orly

Anthony Laurent |  le 06/01/2017  |  TransportArchitectureAménagementTechniqueBâtiment

De l’aéroport à la ville, il n’y a qu’un pas. Ou plutôt qu’une passerelle. Depuis 2015, un nouvel ouvrage piétonnier est en construction dans le quartier d’affaires de l’aéroport Paris-Orly. Inscrite dans un vaste programme de réaménagement de la plateforme aéroportuaire, sa réalisation doit permettre à Orly de devenir une « ville aéroportuaire ».

Il ne s’agit pas d’une nouvelle passerelle d’embarquement. Pourtant, sa construction doit permettre à l’aéroport de Paris-Orly (Val-de-Marne) de prendre (enfin) son envol… économique. En octobre 2015, le deuxième aéroport français – en termes de passagers transportés annuellement (29,6 millions en 2015) – a engagé un chantier d’importance pour son activité : la construction d’une passerelle piétonne. En ligne de mire ? Rapprocher son terminal Sud avec son quartier d’affaires, dénommé « Cœur d’Orly ».

« Dès le printemps 2017, cette nouvelle passerelle, belle, innovante et confortable, doit permettre de dynamiser notre quartier d’affaires, en cours de développement, en facilitant le déplacement des voyageurs entre l’aérogare et les services et commerces (hôtels, restaurants, etc.) de la zone », indique Augustin de Romanet, PDG du groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). Et d’ajouter : « Elle permettra également de relier l’aéroport à la future gare multimodale, qui doit accueillir en 2024 les lignes 14 et 18 du métro du Grand Paris. La première ligne placera Orly à 15 minutes de Paris, la seconde reliera l’aéroport au campus universitaire de Saclay. » Montant de l’investissement ? 15 millions d’euros.

Des caractéristiques « hors-normes » pour une passerelle

Dotée d’une esthétique alliant futurisme et légèreté, l’ouvrage cumule, aux dires de ses concepteurs et constructeurs – les architectes et ingénieurs du groupe ADP pour les premiers, les entreprises Baudin Châteauneuf et Vallourec pour les seconds – « des caractéristiques hors-normes » pour une passerelle de 270 mètres de long : 800 tonnes de charpente métallique et 200 tonnes de vitrages. D’une superficie totale de 4 300 m², ces derniers pourraient recouvrir 22 terrains de tennis ! La passerelle sera par ailleurs dotée de six trottoirs roulants et de trois ascenseurs.

Véritable défi technique pour les entreprises intervenantes, l’ouvrage a été réalisé et pré-assemblé en usine, avant d’être livré sur site, par colis et de nuit, à l’aide de convois exceptionnels. « Au total, 10 colis, de 27 mètres de long, 7,5 mètres de large et 5,5 mètres de haut, pour un poids unitaire de 70 à 100 tonnes, ont été acheminés sur le chantier. Leur pose sur les six appuis de l’ouvrage (en béton) a nécessité l’emploi de grues de 500 et 1 000 tonnes de capacité de levage », indique Robert Charpentier, ingénieur principal et responsable du pôle ouvrages d’art à la direction ingénierie et aménagement du groupe ADP.

300 tonnes de tubes de structure « premium »

Particularité de la nouvelle passerelle d’Orly ? Trois-cents tonnes de tubes de structure « premium » ont été fabriquées spécialement pour le chantier, la conception atypique souhaitée par le groupe ADP excluant les assemblages boulonnés. « Ces tubes ne présentent aucune soudure de haute technologie. En outre, le traitement thermique qu’ils ont reçu leur confère des caractéristiques mécaniques alliant résilience et haute résistance », explique Caroline Teroin, responsable des ventes pour Vallourec. Avant de poursuivre : « Sur la passerelle, ils forment des anneaux qui encerclent l’ouvrage sur toute sa longueur, tant dans sa nappe inférieure que sur sa partie supérieure. » Inclinés à 46°, ce sont ces anneaux qui confèrent à la passerelle à la fois son aspect futuriste et sa section oblongue.

« L’une des principales difficultés du chantier réside dans le franchissement des nombreuses voiries de la zone aéroportuaire et de la ligne de tramway T7 », fait savoir Robert Charpentier. Les architectes du groupe ADP ont ainsi dû intégrer de multiples paramètres lors de la conception de la passerelle, dont des portées très importantes : cinq travées de 42 mètres de long. La légèreté, la transparence et la résistance étaient également particulièrement recherchées par les concepteurs. Autant d'impératifs esthétiques mais aussi structurels pour un cadre comme celui de l’aéroport d’Orly.

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