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Une nouvelle maison très positive pour la Cité internationale universitaire de Paris
Inaugurée le 19 septembre à la Cité internationale universitaire de Paris, la Maison de la région Ile-de-France est à la fois une résidence étudiante et une centrale de production d’énergie… - © © Cécile Septet / ANMA

Une nouvelle maison très positive pour la Cité internationale universitaire de Paris

Marie-Douce Albert et Mathieu Dejeu |  le 19/09/2017  |  ArchitectureTechniqueBâtimentParisCiteU

Pour la première fois depuis 1969, une nouvelle résidence étudiante est inaugurée le 19 septembre sur le site du XIVe arrondissement de Paris. Le bâtiment financé par la région Ile-de-France et conçue par l’agence d'architecture ANMA a de hautes ambitions environnementales. Son fonctionnement est fondé sur une stratégie 100 % solaire.

Voilà qui n’était pas arrivé depuis 1969. Le mardi 19 septembre est inaugurée une nouvelle « maison », comme il est de tradition d’appeler les résidences universitaires de la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP). Baptisée maison de la région Ile-de-France, puisque le projet a été porté et entièrement financé par le conseil régional, le bâtiment est le premier d’un ensemble de nouvelles constructions qui va compléter l’offre de la cité. Et agrandir encore sa collection architecturale.

Depuis sa création en 1921, cette vénérable institution avait vu surgir sur son site du XIVe arrondissement, des édifices portant les couleurs des Etats-Unis, du Brésil, du Danemark, du Cambodge… Et la dernière, conçue notamment par l’architecte Claude Parent, avait été la maison de l’Iran, devenue ensuite la Fondation Avicenne. Depuis, à part l’extension de la maison de l’Inde livrée par l’agence Lipsky-Rollet en 2013, plus rien n’avait été construit. Difficile en effet de mener quelque projet que ce soit alors que le territoire de 34 hectares de la Cité était morcelé entre divers propriétaires : la Chancellerie des Universités, la Ville de Paris et l’Etat. L’accord d’échange foncier signé par toutes les parties en 2011 a finalement permis à la CIUP de lancer un grand plan de redéveloppement avec l’ambition de restaurer la splendeur de son parc et, surtout, d’augmenter de 30 % sa capacité d’accueil. Ce plan correspond à la construction de dix nouvelles résidences, édifices qui seront regroupés sur la frange sud du parc, en bordure du boulevard périphérique.

Pionnière

Alors que d’autres projets, comme celui de la Corée du Sud, vont déjà bon train, la maison francilienne, inaugurée par Valérie Pécresse, la présidente du conseil régional, fait figure d’emblème de ce renouveau annoncé. Mais pionnière, cette résidence l’est à plus à plusieurs titres. Le projet élaboré par l’équipe constituée par l’agence d’architecture ANMA (Agence Nicolas Michelin & Associés) est en particulier très volontariste en matière environnementale. « En lançant les études pour ce projet en 2008, la région souhaitait en effet qu’il soit précurseur. Il ne s’agissait pas d’être certifié mais d’être innovant, explique ainsi Nathalie Weinstein, chargée d’opération au conseil régional. Notre AMO, Tribu, nous a donc poussés à avoir des objectifs élevés pour aller vers un bâtiment à énergie positive », et ce, alors que les contraintes en cours à l’époque étaient seulement celles de la RT 2005.

Cyril Trétout, architecte associé chez ANMA, agence déclarée lauréate du concours en 2011, raconte ainsi : « on nous a fixé des exigences qui n’existaient pas. Nous travaillions déjà depuis une dizaine d’années sur des bâtiments en ventilation naturelle et nous avions là une opportunité extraordinaire d’aller plus loin. Rarement, nous avons eu un maître d’ouvrage demandeur de tant d’innovations ». Cette recherche de performance explique d'ailleurs pourquoi le projet a été long à mener. Les études ont ainsi duré trois ans, d’autant que la CIUP, à qui la région a remis les clés du bâtiment, était soucieuse que ce bâtiment, certes ultra-vertueux, soit également aisé à entretenir.

La principale prouesse technique du projet réside dans l’installation de deux grandes cuves qui permettent le stockage inter-saisonnier de chaleur.
La principale prouesse technique du projet réside dans l’installation de deux grandes cuves qui permettent le stockage inter-saisonnier de chaleur.

ANMA, en association avec la société Deerns, spécialisée en ingénierie des fluides et performance environnementale, a donc pensé un bâtiment qui est à la fois une résidence de 142 chambres et une centrale de production d’énergie solaire. Dessinée en éventail, la nouvelle maison héberge les étudiants dans ses flancs est et ouest tandis que le pan sud, le plus ensoleillé, accueille tout le dispositif thermique : des tubes solaires thermiques en façade… qui dissimulent un système de stockage intersaisonnier, à savoir deux grandes cuves de 78 m3 qui permettront d’assurer la bonne température de l’eau chaude sanitaire. La chaleur emmagasinée pendant l’été devra en effet pouvoir être restituée en jusqu’en hiver. L’installation est complétée par divers autres dispositifs, dont des panneaux photovoltaïques en toiture.

Discrète

Architecture hautement technique et compacte, la maison de la région Ile-de-France fait enfin un effort pour se glisser discrètement dans le paysage de la Cité. Sa façade évasée, la plus « productive », est ainsi orientée vers le périphérique. « Comme le cahier des charges urbain et patrimonial était, lui aussi, très contraignant, le nez du bâtiment tourné vers le cœur du parc, au nord, est le plus fin possible », souligne Cyril Trétout. Derrière un rideau d’arbres qui ont été conservés, l’édifice cherche à jouer les caméléons avec sa façade métallique légèrement plissée et couleur champagne.

Bâtiment orienté, la Maison de la région Ile-de-France s’évase vers le sud pour positionner les installations techniques vers le côté le plus ensoleillé mais aussi le plus bruyant, au-dessus du boulevard périphérique.
Bâtiment orienté, la Maison de la région Ile-de-France s’évase vers le sud pour positionner les installations techniques vers le côté le plus ensoleillé mais aussi le plus bruyant, au-dessus du boulevard périphérique.

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