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Une nouvelle carrière pour une dragline géante
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Une nouvelle carrière pour une dragline géante

Fabienne Berthet |  le 06/09/2013  |  Bouches-du-RhôneRéglementation techniqueEuropeTechnique

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A 47 ans, Chloée, une dragline mécanique, reprend du service. Durance Granulats vient de lui redonner vie dans sa gravière de Peyrolles-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

«C’est un engin de guerre, une usine sur pied », évoque Benoît Weibel, directeur d’exploitation de Durance Granulats. Après plusieurs années de réflexion et d’essais, la carrière a envisagé diverses solutions, de la mise en place d’un ponton flottant à un système de pompage, pour optimiser l’extraction en profondeur de son gisement d’alluvions en eau de Peyrolles-en-Provence et permettre l’exploitation de la gravière accordée par arrêté pour trente ans. Elle a finalement choisi d’investir dans une dragline quasi cinquantenaire, l’achat d’un engin neuf étant inenvisageable en raison de son coût : entre 20 et 30 millions de dollars. Baptisée « Chloée », la machine s’avère spectaculaire. Elle pèse 800 t, dont 100 pour sa seule couronne de rotation d’un diamètre de 12 m. C’est un modèle dit « marcheuse », installé sur des patins de 25 m, avec une flèche soudée en trois parties, longue de 65 m. Son moteur électrique, d’une puissance de 1600 kVA, nécessite une alimentation de 6000 V lui permettant de faire fonctionner les autres moteurs de treuil et de rotation. Chloée peut creuser à 42 m de profondeur, et son godet engranger 20 t de matériaux ; sa capacité d’extraction est de 800 t/h.

Déjà quatre vies

Dans la lignée des premières générations de draglines électriques mises au point par Bucyrus en 1919, Chloée et une machine jumelle ont été construites en 1963, sur commande de l’entreprise allemande Rheinbraun. Elles ont été montées à Lincoln, en Grande-Bretagne, puis acheminées vers les mines de houille allemandes, à Fortuna. C’est le début d’une longue histoire en plusieurs étapes. Née sous le n°  590, Chloée est restée trente-trois ans sur ce site. Avec la restructuration de la mine, en 1990, elle est à nouveau démontée et transportée par convoi exceptionnel, avant de renaître à Frechen, non loin de Fortuna, où elle intervient sur le déblaiement. Vient une autre période de chômage technique dans les années 2000. Chloée est sauvée in extremis de la casse par un ingénieur de la société Novotnik qui la fait acheminer en Allemagne de l’Est, à Welzow, dans une mine de charbon. L’occasion d’un nouveau transit en camion à travers l’Allemagne, sous la conduite de la société Scholpp, spécialisée dans ce type de manutention. Elle reprend alors du service pour décaper la terre et exploiter les secteurs difficiles d’accès de la mine. En 2011, la dragline est, encore une fois, mise à l’arrêt. Durance Granulats entre alors en scène. En quête depuis six ans d’une nouvelle machine pour remplacer la pelle hydraulique Liebherr 994 à bras long, la carrière prend la décision d’acquérir une dragline mécanique. Les ingénieurs en visitent plusieurs à travers le monde, avant de découvrir à Welzow la Ruston-Bucyrus 480 W n° 590, en état de fonctionnement. Le démontage de Chloée en trois groupes d’éléments, toujours assuré par Scholpp, commence en avril 2012. Il ne faut pas moins de 86 convois pour transporter la machine par la route jusqu’à Peyrolles-en-Provence. En parallèle, sa reconstruction commence sur site, pour un chantier de quatre mois qui s’achève en septembre 2012. Chloée redémarre du premier coup. Les mois suivants seront consacrés aux essais, aux réglages et à la modernisation de la machine : mise en conformité, sécurité, vérification électrique, révision des moteurs, réfection et modification du godet… Chloée répond au cahier des charges. « Elle devrait tourner 1 700 heures à l’année, rien par rapport à ses 100 000 heures de travail », assure Benoît Weibel.

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Benoît Weibel, directeur d’exploitation chez Durance Granulats - « Une machine d’avenir »

« Les draglines, qui ont connu leur heure de gloire dans les années 1970, redeviennent d’actualité. Elles réduisent l’impact sur l’environnement car elles creusent profondément, jusqu’à 42 m en théorie, ce qui réduit la surface d’exploitation. Électriques donc silencieuses, non polluantes, elles limitent les rejets dans l’atmosphère. L’entretien préventif est également plus facile sur ces machines mécaniques, d’autant que nous avons acquis, en pièces détachées, une partie de la dragline jumelle de Chloée : la n°  591. »

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