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Une mantille aux mille et une vertus
Le métal déployé de la mantille, produit en Italie, a été façonné à Montbéliard par Setal (Société européenne de transformation d'aluminium). - © © Sergio Grazia

Une mantille aux mille et une vertus

Marie-Douce Albert |  le 26/07/2016  |  Produits et matérielsSeine-Saint-DenisArchitecture

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La résille de métal qui enveloppe les volumes de bureaux livrés par Brenac et Gonzalez à Saint-Denis allie l'utilité à l'élégance.

Coruscant est une planète… mais uniquement dans l’univers de science-fiction de la saga « Star Wars ». Sinon, à Saint-Denis, il s’agit d’un immeuble tertiaire tout ce qu’il y a de plus réel, qui, d’ailleurs, porte bien son nom. Car coruscant, en premier lieu, est un adjectif peu usité désormais, mais qui décrit ce qui scintille. Et incontestablement, l’opération réalisée par l’Atelier d’architecture Brenac & Gonzalez et Associés, pour la Foncière de Paris, ne manque pas de lustre. Dans le secteur Landy-Pleyel, le bâtiment de 15 000 m² de surface de plancher se démarque grâce à son enveloppe de résille dorée. Ou « champagne » plus précisément, puisque telle est la teinte de cette maille de métal déployé en aluminium anodisé. Elle se froisse devant les façades isolées du bâtiment et également bardées d’aluminium anodisé.

Dans le quartier tertiaire globalement insipide qui s’est développé au nord d’une zone d’aménagement concerté lancée en 2000 dans la ville de Seine-Saint-Denis pour reconquérir 35 hectares de friches industrielles, le Coruscant dénote une certaine élégance, visible sans pour autant être clinquante. « Dans la mesure où le jardin public voisin crée un grand dégagement devant le bâtiment, nous pouvions nous permettre d’affirmer une présence », estime Jean-Pierre Lévêque, architecte associé et directeur de l’agence Brenac & Gonzalez.

« Un emballage à la Christo »

Toutefois, là n’est pas la seule raison d’être de cette robe qui semble avoir été taillée dans de la gaze. A l’origine, elle avait surtout été pensée pour habiller des locaux aux usages divers. La Foncière de Paris, qui possède déjà sur le site adjacent des studios de télévision, entendait en effet faire bâtir un bâtiment complémentaire. Le projet devait ainsi allier un volume de 3 500 m² capable d’accueillir d’autres tournages à 11 000 m² de plateaux de bureaux. « Cette enveloppe unitaire, que nous avons imaginée comme un emballage à la Christo, aurait alors permis de gommer cette fragmentation des programmes », explique Jean-Pierre Lévêque.

En cours de chantier, la société immobilière a finalement choisi d’abandonner la partie studio et de dédier entièrement le site à des surfaces de bureaux en blanc qui se loueraient plus aisément. Mais le principe unificateur a été maintenu. La maille vient donc souligner les plis d’un édifice aux volumes très découpés. L’ensemble, qui depuis le début de l’année 2016 est occupé par SNCF Réseau, s’organise autour d’une rue intérieure et, à l’ouest de la parcelle, d’un grand jardin. Deux grandes terrasses accessibles se déploient en toiture. La mantille assure d’autres missions vertueuses. Elle fait notamment office de brise-soleil. « En effet, la maille est orientée. L’angle qu’elle forme par rapport aux rayons du soleil permet d’améliorer de 30 % le facteur solaire du vitrage, explique encore Jean-Pierre Lévêque. Mais la transparence demeure assurée. Par ailleurs, à la demande du maître d’ouvrage, nous avons aussi préservé des vues directes depuis les bureaux, en créant de grandes paupières. »
Ces échancrures ont une autre utilité : devant les ouvrants toute hauteur, elles ont été positionnées avec précision de façon à ce que la résille joue le rôle de garde-corps. La finesse de cette résille n’ôte rien, effectivement, à la robustesse de l’aluminium.

L’œil de la rédaction.

Dans l’univers aussi terne que strict de ce quartier tertiaire, le Coruscant est une pépite. L’immeuble témoigne d’un sens du détail impeccable. Malheureusement, depuis qu’il est occupé, le site a été clos par une grille plutôt grossière…

Maîtrise d’ouvrage : Foncière de Paris. Maîtrise d’œuvre : Atelier d’architecture Brenac & Gonzalez et Associés, architectes ; BET : Scyna 4 (structure) ; VS-A (enveloppe) ; Ingeni (fluides) ; Tohier (économie) ; JM Rameau, (paysagiste). Entreprises : Petit (entreprise générale) ; Setal (façades). Surface : 15 000 m² SDP. Coût travaux : 42 M € HT. Calendrier : projet : mai 2010 ; chantier : mai 2012 ; livraison : janvier 2015.

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