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Une maison pour le développement durable

ISABELLE DUFFAURE-GALLAIS |  le 18/02/2005  |  JuraMaison individuelleDéveloppement durableEnergies renouvelablesEnvironnement

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Pour construire sa maison, un particulier impose des matériaux et systèmes à hautes performances environnementales. L'énergie solaire active et passive permet d'atteindre un coefficient Créf -27 %.

Depuis quinze ans, Louis Pinsard rêvait de la maison qu'il ferait construire pour sa retraite dans son Jura natal. Particulièrement sensible aux enjeux du développement durable, cet ingénieur voulait une maison bioclimatique. Il s'est longuement renseigné sur la consommation énergétique des bâtiments et sur les matériaux de construction avant de déterminer les priorités de son projet. Trois critères sont sortis de ces réflexions : Louis Pinsard n'est pas un adepte de l'autoconstruction et souhaite que le chantier soit entièrement pris en charge par des professionnels ; les techniques retenues doivent être rôdées ; enfin, il souhaite une cohérence entre tous les produits mis en oeuvre qui doivent présenter un niveau équivalent d'efficacité. Une fois ses priorités définies, il a fait appel au constructeur de maisons individuelles Joël Bullier, certifié NF Maison individuelle, qui est toujours à la recherche de techniques nouvelles pour améliorer le confort : il a notamment expérimenté les procédés géothermiques et l'installation de systèmes domotiques.

Aujourd'hui en phase d'achèvement sur son terrain de Sermange (Jura), la maison de 136 m2 est implantée de façon à se protéger des vents froids : le garage constitue un espace tampon en pignon nord-est. Et si la maison présente un aspect traditionnel, elle repose cependant sur une exploitation de l'énergie solaire passive et active. Au sud, un auvent couvert de 10 m2 de tuiles photovoltaïques permet de fournir au réseau l'équivalent de 50 % des besoins en éclairage et en alimentation des appareils électroménagers (tous à basse consommation). De plus, 10 m2 de capteurs solaires thermiques alimentent le plancher chauffant et la production d'eau chaude sanitaire. L'orientation de la maison lui permet aussi de bénéficier en hiver de l'énergie radiative du soleil en chauffage solaire passif. En été, l'auvent qui surplombe les larges baies vitrées constitue une casquette de protection contre les rayons plus hauts du soleil. L'ensemble du dispositif devrait assurer 70 % des besoins en eau chaude sanitaire et 30 à 40 % des besoins de chauffage. Pour les périodes froides d'hiver, un poêle à bois assurera en complément le chauffage de l'habitation.

Tous les matériaux utilisés répondent aux mêmes exigences de performances environnementales et de confort intérieur. La maison est construite entièrement en terre cuite, du monomur de 30 cm d'épaisseur pour les façades aux briques de cloison et aux tuiles, en passant par les hourdis de plancher et les boisseaux de cheminée. Le concept d'isolation répartie du monomur offre des performances élevées en termes d'isolation et de régulation thermiques. Grâce à son inertie thermique, il régule la température intérieure de l'habitation en lissant les forts écarts thermiques en hiver comme en été, sans aucun doublage isolant supplémentaire.

Un puits canadien pour réguler la température

Equipée d'une ventilation double flux, la maison bénéficie, en plus du confort hygrothermique que confère le monomur, des performances en termes de régulation thermique d'un puits canadien. Son principe est d'utiliser l'énergie du sol en faisant passer, avant qu'il ne pénètre dans la maison, une partie de l'air neuf de renouvellement par des tuyaux enterrés dans le sol, à une profondeur de 2 m. En été, le sol étant plus froid que l'air extérieur, le système va utiliser cette fraîcheur relative pour tempérer l'air entrant, d'où une réduction de la température intérieure pouvant aller de 5 à 8° C les jours de forte chaleur. En hiver, le phénomène inverse se produit : le sol étant plus chaud que l'air extérieur, l'air froid est préchauffé lors de son passage dans les tuyaux, diminuant ainsi la consommation de chauffage. La charpente est réalisée en pin Douglas non traité et l'isolation sous toiture est assurée par de la ouate de cellulose. Louis Pinsard a aussi envisagé le chanvre ou les plumes de canard, mais a finalement jugé qu'il ne disposait pas du recul suffisant pour retenir ces matériaux.

Autre caractéristique, la maison dispose d'une réserve d'eau de 15 000 litres pour les eaux pluviales récupérées. Des bacs de décantation et de traitement permettent un usage domestique. Sur le plan énergétique, le calcul réalisé par le bureau d'études à partir des choix du maître d'ouvrage fait ressortir un coefficient de consommation C très performant : -27 % par rapport au C de référence de la réglementation RT 2000.

PHOTOS : A l'isolation répartie du monomur qui offre des performances élevées en termes d'isolation et de régulation thermiques s'ajoute l'usage de capteurs solaires photovoltaïques intégrés à la couverture de l'auvent. L'isolation thermique de la toiture est réalisée en ouate de cellulose.

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