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Une halle normande bousculée par son toit
Les briques noires du mur manteau et les ardoises ont été mises en œuvre de façon traditionnelle. - © François Le Guen

Une halle normande bousculée par son toit

Raphaëlle Saint-Pierre |  le 17/08/2016  |  ArchitectureSeine-Maritime

A Rouen, la toiture d’ardoise de cette ancienne halle bascule côté rue pour abriter des locaux professionnels et se soulève côté jardin pour dégager une habitation.

Céline et Jean-Renan désiraient regrouper leur habitation avec des bureaux et espaces de stockage destinés à leur entreprise de commerce éthique en ligne, à Rouen (Seine-Maritime). Ils s'adressent à l'agence d'architecture Arba dont ils ont découvert le travail à travers des revues. « La pureté des lignes et des matériaux bruts, l'absence de fioritures et le côté japonisant nous ont touchés », raconte Céline. En dix ans, les architectes Jean-Baptiste Barache et Sihem Lamine ont construit une vingtaine de maisons, souvent en Normandie, une région qui les émeut par son architecture vernaculaire.

Pour abriter le programme singulier du couple, « nous avions en tête les fascinantes halles normandes avec leurs toits disproportionnés par rapport à l'ouverture en rez-de-chaussée », explique Jean-Baptiste Barache. Afin d'ajuster le bâtiment de 392 m² au terrain de 400 m², tout le potentiel du plan local d'urbanisme (PLU) est utilisé. « Entre le gabarit, l'alignement sur rue et le retrait de trois mètres, nous avons obtenu assez naturellement une toiture à quatre pans », indique l'architecte.

La parcelle étant en site classé, l'architecte des bâtiments de France (ABF) demande de remplacer le béton teinté et le bac acier initialement prévus par de la brique et de l'ardoise. « L'ABF a bondi lorsque Jean-Baptiste et moi lui avons soumis une brique noire et non rouge, mais j'ai bataillé pour défendre ce choix de sobriété et d'unité de couleur et j'ai eu gain de cause ! », se réjouit Céline.

Interstice habitable

L'absence de porte dans la façade sur rue accuse le côté abstrait de la maison. Derrière l'appareillage classique de briques à jointoiement teinté se trouve un entrepôt en béton de 200 m². Semi-enterré dans le dénivelé naturel, il forme un socle sur lequel prennent place les bureaux côté rue et l'habitation côté jardin. Les combles généreux offrent un second espace de stockage. Décollé de cette base, le toit bascule pour ouvrir largement les pièces de vie au sud. Les claires-voies en mélèze qui protègent l'intervalle entre gouttière et maçonnerie permettent de voir sans être vu. L'habitation est composée d'un informel séjour-cuisine, d'une chambre pour les parents et d'une autre pour leur fils.

Englobée sur trois faces par les espaces tampons des stockages non chauffés, au-dessous et au-dessus, et les bureaux au nord ; l'habitation labellisée BBC minimise les déperditions thermiques, si bien qu'un poêle à bois et le soleil suffisent à la chauffer : d'une cohabitation délicate est né un atout majeur.

Retrouvez toute notre série consacrée à la "Maison revisitée"

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