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Une grue mobile intégrée au système anticollision de cinq grues à tour

Gilles Rambaud |  le 10/02/2012  |  ParisIngénierieBâtimentEntreprisesMatériel de chantier

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Léon Grosse et AGS ont réalisé cette première mondiale pour la rénovation du stade Jean Bouin, à Paris.

Lorsque deux grues sont côte à côte, elles risquent de se percuter. Pour prévenir ce danger, deux solutions : l’œil des grutiers et un système informatique, dit « anticollision », qui suit les mouvements à la trace et paralyse les grues juste avant l’accident. Cette spécialité française - la France et Singapour sont les deux endroits au monde où un tel système est obligatoire - a évolué ces dernières années. L’anticollision sait coordonner des dizaines de grues, les fait communiquer entre elles par ondes radio, centralise tous les événements sur un serveur informatique et édite des comptes-rendus journaliers. Mais on ne savait toujours pas intégrer une grue mobile dans ce schéma d’ensemble. Léon Grosse et AGS ont repoussé cette limite à l’occasion de la rénovation du stade Jean Bouin, à Paris. « Nous avons décomposé la réalisation de cet ouvrage en trois phases, explique Mickaël Papazian, responsable du service méthodes chez Léon Grosse. D’abord, la construction des gradins et des poteaux en béton. Puis, l’installation de la charpente métallique. Enfin, la couverture de cette charpente par des éléments en béton ajourés qui font la spécificité architecturale de ce stade. Pour tenir les délais, ces trois phases doivent être menées simultanément. » Le gros œuvre et la pose des éléments de couverture s’effectuent à l’aide de cinq grues à tour, des Potain MDT 368, de puissantes top less louées à Franmat qui les a achetées pour l’occasion. La charpente est montée à l’aide d’une grue sur chenilles Liebherr LR 1200. Mais comment les faire travailler ensemble ? « Jusqu’à présent, nous délimitions une zone interdite autour de la grue sur chenilles qui bloquait les grues à tour dès qu’elles s’en approchaient. Mais ici la grue sur chenilles est présente tout le temps, et elle se déplace d’un bout à l’autre du chantier. Il aurait fallu lui allouer plusieurs zones interdites, ce qui aurait perturbé le chantier », note Benjamin Richard, directeur du matériel de Léon Grosse. AGS a proposé d’intégrer la grue mobile dans le schéma général d’anticollision, comme s’il s’agissait d’une grue à tour. « Nous avons modélisé en trois dimensions les mouvements de la flèche de la LR 1200, plus complexe que celle d’une grue à tour d’autant qu’elle comporte une volée variable. Puis nous avons placé des capteurs mécaniques sur toutes les articulations pour suivre ces mouvements en temps réel. Enfin, nous avons installé des récepteurs GPS sur la machine pour tracer ses déplacements », détaille Jean-Marc Ravat, gérant d’AGS, qui tient à souligner la bonne volonté de Liebherr qui a accepté de lui ouvrir les plans de sa machine.

Il a fallu neuf mois de travail

Un ordinateur reçoit toutes ces informations par ondes radio. Il en déduit la position et la forme générale de la grue mobile. Il place cette silhouette virtuelle dans un plan d’ensemble en trois dimensions qui reçoit également des informations en provenance des grues à tour (orientation des flèches et position des chariots principalement). Quand deux machines risquent d’entrer en collision, l’ordinateur les paralyse immédiatement. Il aura fallu à Léon Grosse et AGS neuf mois de travail pour obtenir ce résultat. Est-il reproductible sur d’autres chantiers ? « Pas forcément, admet AGS. Cela dépend du modèle de la grue mobile, de son temps de présence sur le chantier, de l’implantation des grues à tour ». Mais même si l’expérience menée par Léon Grosse et AGS ne débouche pas sur une solution standardisée, elle aura ouvert une porte vers un champ qui n’a pas fini d’être exploré.

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PHOTO - 614043.BR.jpg - © Photos gilles Rambaud
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Mickaël Papazian, responsable du service méthodes chez Léon Grosse - « La sécurité est améliorée »

« Nous savions dès le départ que réaliser les trois phases de la construction simultanément était la meilleure méthode. Nous avons ensuite cherché le moyen d’y parvenir. La solution classique aurait voulu que nous dessinions plusieurs zones interdites sur le plan, et que nous les activions l’une après l’autre selon les déplacements de la grue mobile. Mais cela aurait dû se faire très souvent, avec le risque d’oublier un jour d’activer une zone et de provoquer une collision. Ce système contribue donc à la sécurité, et c’est pour cela que nous avons impliqué la Cramif, l’INRS et l’OPPBTP dans sa mise au point. »

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