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Une entreprise du Tarn en difficulté exclue des dispositifs d’aides, obligée de poursuivre ses chantiers
Compobaie Solutions emploie 200 personnes, dont 158 en CDI, et compte cinq sites de production. - © Compobaie Solutions

Une entreprise du Tarn en difficulté exclue des dispositifs d’aides, obligée de poursuivre ses chantiers

Orianne Dupont (Bureau de Bordeaux du Moniteur) |  le 02/04/2020  |  CoronavirusTarn

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Patrice Schmitt, président de la société Compobaie Solutions, dont le siège social se situe à Marssac-sur-Tarn (Tarn), dénonce l’exclusion des entreprises en redressement judiciaire ou en procédure de sauvegarde du dispositif de prêts garantis annoncé par l’Etat la semaine dernière.

Compobaie Solutions est spécialisée dans le bloc baie béton, elle compte 200 personnes, dont 158 en CDI, et cinq sites de production : Yssingeaux (43), Villeneuve-lès-Béziers (34), Réalmont (81), Puygouzon (81) et Marssac-sur-Tarn où est implanté le siège.

Elle a connu ses premières difficultés en 2008 avec la crise, difficultés qui se sont accentuées en 2016 à l’issue d’erreurs stratégiques de la direction de l’époque et tente, depuis, de remonter la pente.

Patrice Schmitt, spécialisé dans le management de transition et gestion des situations de crises est arrivé en janvier 2019 pour aider l’entreprise à passer ce cap et obtient, fin octobre dernier, l’autorisation du Conseil de surveillance de mettre la société en vente et trouve un repreneur.

Reprise des chantiers pour honorer les commandes et assurer les salaires

« La vente devait avoir lieu avant le 15 mars, l’audience était prévue le 11 mars, mais les tribunaux ont fermé… en raison de la crise sanitaire. »

La vente a finalement eu lieu le 31 mars et les nouveaux repreneurs sont les membres de la famille Anglade, le fondateur de la société en 1989, Jacques Anglade, à sa tête jusqu’en 2009, ainsi que ses enfants, Sévérine et Sébastien, eux-mêmes salariés dans l’entreprise.

Exclue du dispositif de prêts garantis par l’Etat et face à la nécessité d’assurer les salaires à la fin du mois, la moitié des salariés de Compobaie Solutions a dû retourner sur les chantiers. « C’est notre seule solution », estime Patrice Schmitt. « Les équipes en usine sont réduites avec un espacement prévu et les salariés sont équipés de masques antipoussière, toutes les portes restent ouvertes et celles qui sont fermées sont nettoyées régulièrement. Des pharmaciens du secteur nous ont fabriqué du gel hydro-alcoolique. »

Par ailleurs, des horaires de travail décalés ont été instaurés afin de réduire le nombre de personnes sur site au même moment. Sur les chantiers – qui avancent en fonction des approvisionnements - les salariés ont repris le travail sur les sites sans co-activité pour les constructions de villas, « seuls s’y rendent le maçon et le chauffeur du camion, détaille Patrice Schmitt. Pour les plus gros chantiers, c’est évalué au cas par cas avec le maître d’ouvrage et le SPS ».

Tous les chantiers d’Ile-de-France ont été stoppés, seuls sont maintenus ceux du sud de la France pour lesquels les salariés peuvent faire l’aller-retour dans la journée. Ce qui révolte le dirigeant de Compobaie Solutions est la précarisation des entreprises déjà en difficulté : « La procédure de sauvegarde est le moment où l’on peut encore sauver l’entreprise… Ce n’est pas possible qu’on ne fasse rien », se désole-t-il. Il regrette que rien ne soit prévu pour les entreprises dans cette situation – on dénombre 50 000 défaillances chaque année en France – « même pour le chômage partiel, c’est aux entreprises d’avancer… »

Pas d’aides artificielles

Cette « exclusion » n’a rien à voir avec la situation, mais « une directive européenne interdit aux Etats de soutenir artificiellement une entreprise en difficultés », précise-t-on à la Direccte Nouvelle-Aquitaine.

D’autres mesures sont prévues pour accompagner ces entreprises avec l’aide des administrateurs et mandataires judiciaires « pour aller chercher des aides, mettre en place un étalement des dettes, voire un effacement dans certains cas avec La Commission des chefs de services financiers (CCSF) ou avoir recours à l’AGS, organisme patronal de garantie des salaires, qui prend en charge les impayés des entreprises en redressement ou liquidation judiciaire et qui a obtenu des facilitations pour soutenir les entreprises  », liste la Direccte Nouvelle-Aquitaine qui reconnaît gérer beaucoup de demandes d’entreprises en difficultés.

Patrice Schmitt s’est tourné vers l’AGS, mais sans succès. Il attend aujourd’hui des aides des régions Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes.

Commentaires

Une entreprise du Tarn en difficulté exclue des dispositifs d’aides, obligée de poursuivre ses chantiers

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Patrick

31/03/2020 12h:32

Le gouvernement doit à tout prix réquisitionner les fonctionnaires qui vont permettre à cette entreprise de protéger ses collaborateurs et lui permettre d'accéder aux soutiens financiers des annonces.La crise sera dure , mais elle sera encore plus dure pour les entreprises et pour la France si chacun se fiche du voisin.La solidarité , c'est "La Résistance" d'aujourd'hui , face à un Mercantilisme exacerbé.

1 réponse

Fabrice

01/04/2020 13h:27

Savez vous que le reprenneur potentiel est... celui qui a conduit l entreprise à sa perte en 2008, qui a déjà "carbonisé" beaucoup d argent public sous forme de subvention jusqu en 2008, qui devrait avoir beaucoup de mal à convaincre ses fournisseurs et ses banquiers de le suivre. Entreprise et dirigeant zombie, sans marché, gavée d argent public.

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amapes

31/03/2020 12h:56

Puisqu'il paraît que plus rien ne sera comme avant (et E.MACRON l'a confirmé une 1-ère fois lors de la crise des Gilets Jaunes et mi-mars lors de la crise sanitaire) >> il serait peut-être bon de revenir à plus de souveraineté nationale via une ordonnance exceptionnelle pour contrer une recommandation de Bruxelles qui ne sert à rien, ne protège rien (sinon les vautours) et remettre sur le tapis nos modes de fonctionnement, y compris pour les directives de l'UE parfaitement incompréhensibles. Nos gouvernements savent si nécessaire aider des entreprises en difficulté (AREVA, EDF, SNCF ou d'autres amis proches du pouvoir) alors pourquoi pas profiter de la crise pour s'asseoir -enfin- sur quelques injustices subies par le petit peuple, celui qui se lève tôt (tiens, au fait, où en sont les promesses de M.SARKOZY concernant la répartition des dividendes ??).

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pascal Campion

02/04/2020 09h:46

HONTEUX , je souhaite un très grand courage à toutes ces personnes qui se battent pour sauver leur entreprise, malgré ces conditions. Grand bien à vous pascal Campion

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