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Une croissance sans enthousiasme

FRANCOISE VAYSSE |  le 08/05/1998  |  RénovationLogementConjonctureFrance Paris

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Rénovation
Logement
Conjoncture
France
Paris
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Sommaire du dossier

  1. SOMMAIRE - 4867 - REHABILITATION
  2. Panne historique du moteur principal du bâtiment
  3. Climatisation Un «plafond rayonnant froid» pour une tour de bureaux
  4. Structure Un entrepôt transformé en logements
  5. Structure Renforcement de poutres et de poteaux
  6. Structure Rehausse de bureaux par pieux battus
  7. Structure Surélévation de bâtiments HLM
  8. Fondations Le «soil crete» au secours d'un musée
  9. Electricité Sécurité pour la salle des marchés du Crédit lyonnais
  10. Sols textile Décor personnalisé
  11. Bétons Un chantier très diffus
  12. Aménagement intérieur Un bâtiment militaire devient musée
  13. Démarche séquentielle : nouvelle distribution des cartes
  14. Un pont roulant provisoire pour acheminer des balcons
  15. Isolation par l'extérieur pour rénover des logements
  16. Une vêture avec enduit mince sur isolant
  17. Des échanges informatisés pour une opération HLM
  18. Un faux plafond à grandes trames
  19. Mise en sécurité des installations électriques
  20. Des règles de sécurité à respecter
  21. Organisation : la réhabilitation d'une copropriété complexe
  22. Rénover les terrasses en aidant à la gestion de l'eau
  23. Réfection de sol sans décapage mécanique
  24. Sommaire dossier
  25. Une croissance sans enthousiasme
  26. REHABILITATION Les aides dans le parc privé
  27. Façade Restauration à l'identique de la « Maison radieuse »
  28. Transformation d'une usine en collège
  29. Création d'un étage léger pour un cinéma converti en hôtel
  30. Reprise en sous-oeuvre sur deux niveaux de sous-sol
  31. Le Grand-Quevilly : six tours de quinze étages des années 70 totalement «relookées »
  32. INFORMATIQUE Un outil d'évaluation pour la réhabilitation
  33. Un hôtel trois étoiles climatisé au gaz
  34. Protections d'urgence provisoires contre le saturnisme
  35. Remplacer les canalisations en plomb
  36. Reconstruire à l'identique un moulin brûlé
  37. Mise en sécurité électrique pour des immeubles HLM
  38. REHABILITATION La mise en sécurité des installations électriques
  39. Des solutions pour renforcer les structures existantes
  40. LOUIS-MARIE MICHON, ingénieur principal de l'entreprise Pradeau & Morin (Fougerolle) « Il faut identifier les descentes de charges »
  41. JEROME STUBLER, directeur technique du groupe Freyssinet « Nous sommes des dermatologues du béton»
  42. PETER TERRELL, gérant de l'ingénierie Terrell Rooke Associés « Il faut maîtriser les déformations »
  43. Des fibres de carbone pour renforcer les structures
  44. Renforcement d'un plancher en site occupé
  45. Transformation d'un hangar en béton armé
  46. Un plancher en bois composite
  47. Des planchers mixtes connectés
  48. Les bacs collaborants acier-béton
  49. Menuiserie Escalier repliable
  50. Vichy Centre de séjour
  51. Transformations à petits prix
  52. Détection précoce de la corrosion
  53. Un connecteur de planchers mixtes bois béton
  54. Sauvegarder les premiers ouvrages en béton
  55. Les architectes à l'honneur
  56. « Un contexte porteur pour la qualité architecturale des réhabilitations »
  57. NIMES Place des Esclafidous
  58. PARIS-20e Rues Alexandre- Dumas et de Terre-Neuve
  59. AULNAY-SOUS-BOIS Cité des Merisiers
  60. PARIS-16e Rue Félicien-David
  61. LE BLANC-MESNIL Cité du 212
  62. TOULOUSE Cité universitaire Daniel-Faucher
  63. BAYONNE Rues d'Espagne et Lagréou
  64. PARIS-19e Rue de Crimée

- Pour le troisième trimestre consécutif, le secteur de l'entretien-réhabilitation du logement a progressé de 1,5 % en volume au cours des trois premiers mois de 1998. - Mais la situation reste fragile dans le non-résidentiel. - Les perspectives sont modérées malgré la politique gouvernementale de soutien à la réhabilitation du logement.

Après son accès de faiblesse historique de 1996, le marché de l'entretien-réhabilitation a lentement repris des couleurs en 1997. En effet, sa situation s'est progressivement améliorée en cours d'année, essentiellement dans le logement qui assure 56 % de la production (143 milliards sur 252 milliards) : 1997 s'est donc terminée sur une croissance du chiffre d'affaires de 0,5 % se ventilant entre le logement (+1 %) et le non-résidentiel (-0,3 %).

Les dernières prévisions de la DAEI sont positives mais modérées dans les deux segments de marché : le logement, où la croissance oscillerait entre +1,2 % et +1,9 %, et les bâtiments non-résidentiels où la fourchette est comprise entre une stagnation et une hausse de 1 % à prix constants.

LOGEMENT : une progression à petite vitesse

C'est donc du logement qu'est venu le salut en 1997 : l'entretien-réhabilitation a renoué avec la croissance au deuxième trimestre (+1 %) pour se maintenir, ensuite, sur un plateau de + 1,5 %, selon le baromètre établi par la DAEI, l'Anah et le Club de l'amélioration de l'habitat. Cette évolution a permis de terminer l'année avec une hausse cumulée de 1 %, à comparer avec un recul de 1,7 % en 1996. Plus précisément encore, c'est le secteur libre (hors prêt à taux zéro), représentant 85 % du chiffre d'affaires, qui a été le plus dynamique, avec une progression de 2 % en volume à comparer avec le recul de 5,3 % du secteur aidé (Palulos, PAH, Anah).

Un certain nombre d'éléments modèrent pourtant l'optimisme : les crédits mis en force pour financer les travaux des ménages ont certes augmenté entre 1996 et 1997 (de 10 % à 35,66 milliards) mais leur croissance est moins vive aux troisième et quatrième trimestres, selon des chiffres émanant de la Banque de France.

D'autant que la FNB souligne que « d'une manière générale, le secteur de l'entretien reste caractérisé par l'âpreté de la concurrence qui pèse sur les prix et la rentabilité des opérations. Cela conduit certaines entreprises à rechercher des activités à l'extérieur de leurs zones d'intervention habituelles afin de préserver un emploi minimum de leur potentiel de production».

Au cours des trois premiers mois de 1998, le baromètre de l'entretien-rénovation a évolué rigoureusement de la même façon (+1,5 %) que lors des deux trimestres précédents ce qui contribue à s'interroger sur le qualificatif à appliquer à la croissance du secteur : molle, modérée, ou ferme ? D'ailleurs, dans sa dernière enquête mensuelle de conjoncture, la Banque de France évoque une « décélération saisonnière» , qui a affecté le gros oeuvre au premier trimestre.

La CAPEB, qui considère que le secteur se tient bien, même s'il se montre moins dynamique que la construction neuve, indique que tous les corps de métiers sont concernés par cette évolution positive, à l'exception des entreprises spécialisées en sanitaire-chauffage, défavorisées par les bonnes conditions climatiques du début de l'année.

Plusieurs facteurs expliquent le raffermissement du marché :

Plongés dans un environnement économique plus favorable, les ménages ont à leur disposition une palette extrêmement variée d'aides (voir fiche pratique p. 49), notamment des incitations fiscales.

En outre, comme le note la Banque de France, la clientèle privée (particuliers et copropriétés) a bénéficié de « taux attractifs des emprunts» . Ce phénomène avait joué l'année précédente étant entendu que ce sont les prêts du marché hypothécaire, les prêts conventionnés ainsi que les prêts non aidés qui ont tiré le mouvement, alors que les prêts liés à l'épargne-logement - moins attractifs en terme de taux par rapport à ce qu'offre le secteur libre - ont baissé.

La clientèle privée a bénéficié, aussi, via les aides de la PAH et de l'Anah, de la progression des aides publiques décidée dès son arrivée par le nouveau gouvernement. Au total, l'Etat a consacré en 1997 5,15 milliards à la réhabilitation du parc social public et privé (contre 4,8 milliards en 1996), ce qui a contribué à l'amélioration ou à l'entretien de 329 000 logements (contre 283 000 en 1996). Mais le coup de pouce gouvernemental s'est surtout fait sentir dans le parc social : à la suite du lancement à l'été du programme supplémentaire de réhabilitation de 50 000 HLM, les financements Palulos ont atteint 2,11 milliards en 1997 contre 1,5 milliard un an plus tôt. 15 4 941 logements sociaux ont ainsi été réhabilités (contre 99 200 en 1996). Cependant, les résultats ont été nettement moins probants en ce qui concerne l'Anah et la PAH : dans le premier cas, 107 574 logements ont bénéficié d'une aide de l'Anah en 1997 (contre 111 762 un an plus tôt et 126 466 en 1995) ; dans le second, 66 496 logements ont reçu le soutien d'une PAH en 1997, contre 72 199 en 1996 et 55 304 en 1995.

Encouragés par la mesure de baisse de la TVA décidée dans le budget 1998, les HLM ont continué à tirer parti de cette politique : la Banque de France parle de « politique dynamique de réhabilitation de la part des offices HLM» au premier trimestre, étant entendu que le même mouvement est perceptible dans les SA d'HLM. Pourtant, les statistiques mensuelles de signatures de prêts Palulos - qui constituent un indicateur avancé - émanant de la Caisse des dépôts font certes apparaître un gonflement en fin d'année mais s'inscrivent en baisse en nombre d'opérations en janvier (16 100 contre 16 300 en janvier 1997 et 18 800 en janvier 1996).

L'avenir s'annonce sous des auspices plutôt meilleures. Pourtant, peu d'indicateurs penchent pour une franche progression.

La FNB table sur une hausse de 1,9 % du volume de travaux en 1998, sous la poussée du secteur aidé (+13,6 %). Elle se montre infiniment plus prudente pour le secteur libre pour lequel elle ne retient qu'une hypothèse de croissance de 0,3 %. « La tendance à l'amélioration progressive de la situation devrait se confirmer au premier trimestre de 1998. Qu'en sera-t-il au delà ?» , s'interroge-t-elle.

La CAPEB se montre la plus optimiste : elle envisage « une poursuite de la croissance pour les prochains mois, les volumes de prises d'ordre s'avérant particulièrement satisfaisants en entretien-rénovation pour les entreprises de gros oeuvre et d'aménagement décoration» .

Pour sa part, la DAEI se montre prudente et avance une fourchette comprise entre +1,9 % et +1,2 % pour l'ensemble de l'année.

A court terme, la Banque de France fait l'analyse suivante : « au printemps, les conditions climatiques plus favorables devraient permettre le développement des travaux extérieurs et l'accélération de l'activité dont devrait bénéficier le secteur se porterait aussi bien sur le gros oeuvre que sur le second oeuvre. Celle-ci serait initiée par le secteur public comme par la demande privée» .

Michel Mouillart, professeur à Paris X-Nanterre, partage cette prudence : selon son modèle Despina, les ménages lanceraient en 1998 quelque 502 000 opérations de travaux, contre 495 000 en 1997 et 488 000 en 1996. Cela représenterait un volume de travaux de 106,4 milliards en 1998, contre 105 milliards en 1997 et 100,9 milliards en 1996 (chiffres en francs courants). Si on leur ajoute les opérations d'acquisition-amélioration, le volume total de travaux effectués par les ménages monterait en 1998 à 140,5 milliards contre 137,4 milliards en 1997 et 134,4 milliards en 1996. Ce qui représenterait une hausse de 2,3 % en 1998 en francs courants. Compte tenu de la prévision d'inflation cette année (1 %), son pronostic de croissance est donc proche des statistiques officielles et modéré, lui aussi. Abstraction faite du travail au noir et des travaux effectués par les ménages pour leur compte propre, le marché des travaux effectivement adressés aux entreprises s'élèverait en 1998 à 103,6 milliards en 1998, contre 101,2 milliards en 1997 et 98,4 milliards en 1996. Soit, cette année, une hausse de 2,37 %, en francs courants, très voisine de celle des autres prévisionnistes.

Géographiquement, selon la DAEI, les situations les plus favorables ont été ressenties au second semestre 1997 dans les régions de l'est, du centre, de l'ouest et du sud-ouest de la France. Au premier trimestre 1998, les chefs d'entreprises des régions de l'ouest et du sud-ouest sont les plus nombreux à juger leur carnet de commandes en augmentation par rapport au trimestre précédent. A l'inverse, les situations les moins favorables « sont concentrées autour d'un axe Lille-Marseille» .

Les facteurs positifs évoqués plus haut alimentent le relatif optimisme des prévisionnistes, nourri par la montée en puissance des dispositions en faveur des HLM. Ainsi, selon la DAEI, le secteur aidé (hors prêt à taux zéro) devrait être plus porteur que le secteur libre, avec des croissances respectives comprises entre +4,9 % et +4,1 %, contre +1,5 % et +0,2 % (étant entendu que les volumes de travaux sont moins élevés dans les premiers que dans les seconds : 19 milliards contre 124 milliards). Le gouvernement recueillerait ainsi les fruits de son soutien actif à la réhabilitation.

SECTEUR NON-RESIDENTIEL : moins mauvais

Moins aidé, le secteur des bâtiments non-résidentiels fait l'objet d'analyses moins fines que le logement. Pourtant, le volume d'affaires se chiffre dépasse aussi la centaine de milliards (107 en 1997, selon la DAEI).

L'année 1997 s'est terminée sur une contre-performance (-0,3 %), même si tendanciellement, la courbe s'est améliorée pendant la deuxième moitié de l'année puisque le baromètre DAEI, Anah, Club de l'amélioration de l'habitat a fait ressortir une augmentation de 0,5 % en volume aux troisième et quatrième trimestres 1997 par rapport aux périodes respectives de 1996. Au premier trimestre 1998, ce baromètre fait apparaître une progression de 1 %.

La CAPEB est sur la même tendance à l'amélioration et évoque un «ressaisissement» du marché. Même si les contraintes budgétaires de l'Etat et la perspective des élections ont pesé sur la demande du secteur public, la Banque de France note qu'au premier trimestre, «les opérations de construction et d'entretien-rénovation de bâtiments administratifs ont offert un courant d'affaires appréciable aux entreprises présentes sur ce créneau» . Dans le privé, elle note des «signes de reprise de l'investissement industriel» : «les opérations ont encore porté principalement sur l'entretien et l'extension de bâtiments existants» , notamment dans le domaine agricole.

Tous les prévisionnistes s'attendent à une amélioration de la situation cette année : la DAEI avance une fourchette comprise entre 1 % et une croissance zéro. La FNB fait un pronostic «plus incertain» que dans le logement et ne table que sur une progression des travaux de 0,7 % en volume en 1998. Néanmoins, elle estime que les paramètres «apparaissent plus favorables qu'en 1997» : l'environnement économique est meilleur ; les collectivités locales devraient «probablement» reprendre les travaux ; de nombreuses opportunités existent dans le secteur entreprises (bâtiments industriels, bureaux, surfaces commerciales). Dans les bureaux, par exemple, les commercialisateurs comme Bourdais notent un très fort courant de travaux, corrélée au manque de grandes surfaces disponibles. La demande portant sur des locaux aux standards internationaux, les propriétaires mènent des politiques actives de restructurations des grandes tours situées dans les quartiers les plus recherchés à Paris et la Défense, notamment. Les travaux vont de 3 000 francs à 10 000 francs le mètre carré selon la complexité du chantier, la présence ou non d'amiante et la taille des plateaux.

Quelques sigles

Anah : Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat

DAEI : Direction des affaires économiques et internationales (du ministère)

PAH : Prime à l'amélioration de l'habitat

Palulos : Prime à l'amélioration du logement à usage locatif et à occupation sociale

TABLEAU : Evolution de la production du bâtiment en volume - Le marché de l'entretien-Rhéabilitation mieux orienté

Le secteur de l'entretien-réhabilitation, qui s'est ressaisi en 1997, devrait continuer sur sa lancée, sous l'impulsion du logement, si l'on en croit la FNB. Elle prévoit en effet une forte progression du secteur aidé, qui tire profit du soutien apporté par le gouvernement. En revanche, elle est plus prudente sur la demande émanant des ménages, qui constitue le secteur le plus important du marché. Dans le non-résidentiel, elle fonde ses espoir sur une remontée du secteur administratif.

GRAPHIQUE : Evolution de l'activité d'entretien du logement

L'HABITAT SUR UN PALIER

Le secteur de l'entretien-amélioration du logement a connu un regain de vigueur au cours de l'année 1997. Toutefois, depuis trois trimestres, l'activité reste sur un plateau, ce qui conduit à s'interroger sur la fermeté de la reprise.

GRAPHIQUE + TABLEAU : Travaux autorisés potentiellement financés - Coup de pouce gouvernemental. Montant des subventions engagées.

Dès son arrivée, le gouvernement a donné un coup de pouce au secteur de l'entretien-réhabilitation, notamment dans le locatif social. Cet effort a été poursuivi dans la loi de finances 1998 : près de 2,5 milliards de francs supplémentaires sont prévus. Ils devraient générer un accroissement du volume des travaux. Ces mesures devraient effacer l'effet des coupes budgétaires dont l'Anah a souffert dans le passé.

GRAPHIQUE : Travaux d'entretien amélioration dans le non-résidentiel

EMBELLIE DANS LE NON- RESIDENTIEL

L'entretien-amélioration dans les bâtiments autres que le logement est en meilleure forme depuis trois trimestres. Au cours des trois premiers mois de 1998, la hausse se raffermit pour atteindre 1 % en volume.

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