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Une crèche-bijou à Paris XVIIIe
Crèche Pierre-Budin - © © Jacques-Franck Degioanni/Le Moniteur

Une crèche-bijou à Paris XVIIIe

JACQUES-FRANCK DEGIOANNI |  le 03/07/2012  |  ArchitectureERPEducationBâtiment

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Bosselé et immaculé, cet équipement pour la petite enfance, tout juste achevé, est signé des architectes Emmanuel Combarel et Dominique Marrec (agence ECDM). Il accueillera ses premiers utilisateurs à la rentrée prochaine.

Small is beautiful, l’adage est connu et il n’est pas démenti ici. Aux dires de l’architecte Dominique Marrec, une crèche est « le plus petit équipement public » qu’il soit possible de construire. Un équipement au programme ambigu, à la fois hygiéniste (air, soleil, lumière), rassurant pour les enfants et extrêmement rigoriste et normatif (les bambins sont à peu près empêchés de tout faire)… Espace protecteur et introverti, cette crèche joue ici avec les espaces extérieurs.

Développée sur deux niveaux, elle est organisée pour capter le maximum de lumière et d’ensoleillement. Les concepteurs ont imaginé ici, à l’angle des rues Pierre-Budin et des Poissonniers, un bâtiment tout en courbes et contre-courbes, « arrondi et matriciel », avec une enveloppe vivante et bosselée comme un rocher érodé par les éléments…

Ductilité

Cette enveloppe met en œuvre le béton fibré à ultra-hautes performances (Befup) de chez Lafarge, le Ductal, dont Dominique Marrec dit précisément apprécier la ductilité (sa facilité à adopter toute les formes), un matériau que l’agence ECDM a déjà utilisé pour le centre-bus RATP de Thiais (Val-de-Marne) et le musée Tomi-Ungerer de Strasbourg (Bas-Rhin). Il se présente ici sous la forme de 66 panneaux de 2,08 x 4,30 m (environ 1 t chacun), formés de 20 cm de polystyrène expansé élastifié (PSE) résiné, enrobé de 3 cm de Befup.

Assemblés sur le chantier à raison de 6 à 8 par jour, ils reposent sur une semelle périphérique pour former une façade autoporteuse ponctuellement reliée aux nez de dalle de la structure. L’ensemble de la façade représente une surface de 520 m2 et n’a nécessité que 20 m3 de Ductal.

Glossy

A l’intérieur, les panneaux reçoivent en complément 5 cm de laine de roche et une plaque de BA13. Avantage de ce manteau : l’absence totale de pont thermique et une parfaite étanchéité (la porosité des Befup est quasi nulle). « Par rapport à une isolation thermique extérieure sur une façade « classique » avec bardage, on gagne ici au moins 10 cm d’épaisseur », souligne Dominique Marrec.

Soyeuse au toucher, l’enveloppe a reçu une lasure blanche “glossy”, bi-composant, traitée anti-graffiti, luisante comme une carrosserie automobile flambant neuve.

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris.

Maîtrise d’œuvre : ECDM (Emmanuel Combarel et Dominique Marrec), architectes ; C&E Ingénierie, BET façade.

Principales entreprises : Cotracoop (gros oeuvre/mandataire du groupement d’entreprises), Bonna Sabla/Il Cantiere (préfabrication).

Surfaces : 675 m2 (parcelle), 520 m2 (façade Ductal), 1 970 m2 (construite, Shob), 1 060 m2 (construite, Shon).

Coût d’opération : 3,8 millions d’euros TTC (avec fondations spéciales).

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