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Une centrale mobile pour le traitement des eaux amiantées

Gilles Rambaud |  le 22/06/2012  |  TransportsBâtimentChausséeFrance entièreTechnique

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Certains enrobés contiennent de l’amiante. Leur rabotage s’apparente alors à un chantier de désamiantage pour lequel Clamens a trouvé une solution de traitement des eaux d’arrosage et de lavage.

Le désamiantage des bâtiments est une technique aujourd’hui rodée : protection individuelle des travailleurs, mise en surpression des locaux, confinement, etc. Mais quand l’amiante est incorporé dans de l’enrobé routier, le protocole est moins connu. C’est la situation face à laquelle s’est retrouvée la Screg pour la réfection de 4 kilomètres de chaussée de l’A6, à hauteur de Nemours (77). Le tronçon à remplacer était constitué d’un EBCA (enrobé bitumineux contenant de l’amiante) vieux de 25 ans. Deux possibilités : laisser la vieille chaussée en place et la recouvrir, ou la raboter pour la remplacer par un enrobé neuf. La première méthode a l’avantage de ne pas générer de poussières mais elle conserve une couche de chaussée de qualité médiocre qui, tôt ou tard, devra être enlevée. De plus, elle surélève la route, ce qui oblige à reprendre les équipements qui l’entourent (accotement, caniveau, barrière, etc…). Le maître d’ouvrage Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR) a préféré le rabotage, ce qui implique des dispositions très spécifiques autour de l’atelier mobile : entrées et sorties strictement restreintes, combinaisons et masques respiratoires obligatoires, confinement des cabines de tous les engins, lavage immédiat de tous les véhicules qui sortent de la zone.

En moyenne 120 m3 par jour

Reste à traiter ces fraisats d’enrobés amiantés, qui ne sont pas recyclables. La réglementation les considère comme inertes, donc admissibles dans des sites de stockage. APRR a pu en construire un : une fouille où sont enfouis les fraisats enveloppés d’une membrane étanche, recouvert de terre végétale puis soumis à un protocole de surveillance. Mais ce n’était pas le seul matériau amianté provenant du chantier. « Les eaux qui ont été en contact avec de la poussière d’amiante doivent aussi être traitées », souligne Gérald Ludet, chargé d’affaires chez Clamens. Cette entreprise spécialisée dans le traitement et le recyclage des matériaux a trouvé la solution en montant une centrale sur le chantier, opérationnelle pendant les trois semaines qu’a duré l’opération. Elle reçoit en moyenne 120 m³ par jour provenant des eaux issues de deux stations de lavage, celles qui ruissellent de la plateforme, et la boue ramassée par les balayeuses qui passent après le rabotage. Cette boue est versée sur une plateforme en béton, drainée, reprise par un grappin et passée dans un essoreur : un crible à maillage très fin qui récupère les particules de plus de 1 mm. Il en ressort une eau encore chargée, stockée dans une cuve de 60 m³ équipée d’un agitateur. Un appareillage dédié, le décanteur, va en extraire une boue constituée des particules les plus fines. C’est une eau clarifiée qui en ressort, mais qui doit encore subir une filtration. « Nous utilisons un filtre à 5 microns. C’est la finesse nécessaire aux particules d’amiante », précise Gérald Ludet. Ce filtre ensache automatiquement les résidus, composés principalement d’amiante. L’eau enfin traitée va de nouveau remplir les balayeuses, créant un circuit fermé lui aussi vertueux. Quand aux boues extraites, elles sont conditionnées dans de longs tubes de géotextiles où elles s’égouttent, l’eau qui en ruisselle étant prélevée et redirigée vers le circuit. Une fois sèches, elles sont évacuées par camions vers un centre de traitement à plus de 100 km, une destination qui aurait pu être celle de toutes les eaux du chantier sans cette installation mobile innovante.

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Les enrobés contenant de l’amiante

L’amiante est un minerai naturel dont le pouvoir réfractaire et la structure fibreuse ont trouvé de nombreuses applications industrielles jusqu’en 1997, année de son interdiction en France à cause de son risque cancérigène. Auparavant, il était utilisé dans de très nombreux matériaux de construction, mélangé à des ciments, des peintures, des colles, des mastics ou des enrobés. Dans ce dernier cas, il entrait dans la composition de certaines couches de roulement (comme le Mediflex de Screg) à des concentrations allant de 1 à 2 % car ses fibres amélioraient les caractéristiques mécaniques de la chaussée.

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