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Une carapace de  bois portée par un squelette d'acier
PHOTO - 225826.HR.jpg - © photos ANDRE MORIN

Une carapace de bois portée par un squelette d'acier

J.-F. D. |  le 23/10/2009  |  ImmobilierArchitectureTechniqueRéglementation techniqueIsère

La Buisse/Saint-Jean-de-Moirans (Isère) -

Entre Chartreuse et Vercors, à proximité de Grenoble, le siège mondial du Groupe Rossignol vient d'être investi par ses premiers occupants. Plus de trois ans après avoir été désignés lauréats du concours, les architectes Isabel Hérault et Yves Arnod ne cachent pas leur satisfaction d'être arrivés au terme de ce chantier complexe. Qu'on en juge : aux contraintes initiales d'un terrain inondable marécageux se sont ajoutés inopinément 3 millions d'euros d'économies à réaliser pour le compte d'un maître d'ouvrage successivement racheté par Quiksilver en 2005 puis repris par le consortium « Chartreuse et Mont-Blanc » en 2008.

Un parcours sinueux pour le fabricant d'articles de sports d'hiver qui souhaitait rassembler sur un même site différentes entités dispersées au fur et à mesure de sa croissance : atelier de production de skis de compétition, showrooms, studios de conception, plateaux tertiaires, cellule R & D, marketing, etc. « L'architecture fusionne ici, sur 160 m de longueur et 60 m de largeur, les aspects fonctionnels du programme avec l'image de l'entreprise, en une esthétique inspirée de la glisse, de la fluidité du mouvement et aussi du relief des glaciers, explique Isabel Hérault. Le toit enveloppant, en osmose avec le paysage, fait écho au profil des massifs environnants. »

Savoir-faire issu de la chaudronnerie

Si deux matériaux seulement sont utilisés pour cette enveloppe - verre et mélèze naturel non traité (8 000 m 2 ) - la structure, elle, est réalisée en acier : une charpente de 950 t, véritable « squelette organique » qui supporte les surfaces gauches de cette envolée de bois.
Partout apparente à l'intérieur, cette structure franchit allègrement des portées de 12 à 16 m. Des dispositions constructives qui ne doivent rien au hasard. « Il s'agit d'un bâtiment léger sur ossature acier à grande portée, explique Yves Arnod. Notre but était d'optimiser la répartition des fondations sur pieux de 20 m de profondeur et d'éviter de les solliciter outre mesure par des efforts autres que verticaux ou horizontaux. Par ailleurs, nous voulions permettre un maximum de souplesse dans l'aménagement des locaux. Enfin, nous sommes ici en zone de risque sismique 1b (faible). D'où un ensemble formé de portiques articulés en pied et encastrés en tête, complété ailleurs par des poutres galbées sous-tendues qui épousent le profil ondoyant de la toiture. » Un bâtiment « ductile » selon ses architectes, réalisé sans aucun joint de dilatation dans la longueur. Une prouesse de l'entreprise ERTCM, détentrice d'un savoir-faire issu de la chaudronnerie, gage d'une réelle maîtrise de la géométrie dans l'espace.
En termes de développement durable, ce parti constructif autorise l'évolutivité des lieux : « Les grandes portées favorisent une éventuelle reconversion. La rue intérieure permet d'imaginer un découpage ultérieur des locaux qui pourraient être affectés à différentes entreprises. Le bâtiment est démontable, la plupart des matériaux qui le composent sont recyclables. » Enfin, la préfabrication en atelier de la majorité des composants (charpente, prémurs, panneaux bois de la façade...) s'est concrétisée par un chantier à faibles nuisances.

- Maîtrise d'ouvrage : Skis Rossignol SAS. - AMO : Coteba, Génie des Lieux (space planning). - Maîtrise d'œuvre : Hérault-Arnod, architecte mandataire ; François Deslaugier, architecte (ascenseur panoramique) ; Jérôme Moenne-Loccoz, architecte (chef de projet/suivi de chantier) ; Cap Paysage, paysagiste ; Batiserf, BET structure ; Bureau Nicolas, BET fluides ; Michel Forgue, économiste. - Principales entreprises : E2F (fondations spéciales), Botta (gros œuvre), ERTCM (charpente métallique), Smac/SDCC (façades bois, étanchéité, couverture), Amalgame (murs-rideaux, menuiseries alu), AMSE (verrières et serrurerie), Acaf (ascenseur). - Surface : 11 700 m 2 HON. - Coût des travaux : 20,15 millions d'euros HT (dont 690 000 euros HT de fondations spéciales et confortement de sol).

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