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Une campagne de pub en eaux troubles

Defawe Philippe |  le 19/01/2007  |  France SantéTechnique

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La dernière campagne de publicité vantant l'eau minérale Cristaline fait couler beaucoup d'encre. Avec comme accroche "Qui prétend que l'eau du robinet a bon goût ne doit pas en boire souvent", la campagne est particulièrement agressive. Ses trois visuels mettent avant le prix élevé de l'eau du robinet, son mauvais goût, sa teneur en plomb, en nitrates et en chlore, ainsi que le fait qu'elle soit issue d'eaux usées, notamment celle des sanitaires.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Mercredi, la ministre de l'Ecologie Nelly Olin s'est déclaré mercredi "très en colère" contre cette campagne. "L'eau du robinet est contrôlée systématiquement, c'est une eau de qualité", s'est insurgée la ministre en marge de la présentation des voeux à la presse. "Je ne donne pas le droit à Cristaline de parler de la qualité de l'eau potable sur laquelle ils ne sont d'ailleurs jamais penchés. C'est une perversion que je condamne", a-t-elle ajouté.
Pour la Fédération des entreprises de l'eau (FP2E), cette campagne est "injustement fondée". "Elle laisse penser que la qualité de l'eau n'est pas parfaite alors qu'elle est aujourd'hui meilleure qu'elle ne l'a jamais été", s'est insurgé le délégué général de la FP2E, Tristan Mathieu. "De plus, le prix de l'eau du robinet, jugé élevé dans la campagne, est 200 à 300 fois moins cher que celle en bouteille. L'eau du robinet coûte 0,3 centime d'euro par litre contre plusieurs dizaines de centimes d'euros pour les eaux embouteillées", précise-t-il.
Dans un communiqué, les associations Agir pour l'environnement, le Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cnid) et Résistance à l'agression publicitaire (Rap) "réclament la suspension immédiate de cette campagne de publicité mensongère".
Agir pour l'environnement précise qu'elle se réserve le droit d'engager un référé devant le tribunal de grande instance de Paris afin d'obtenir l'arrêt de la campagne.
Finalement, c'est Bertrand Delanoë, maire de Paris, et Anne Le Strat, PDG d'Eau de Paris (société d'économie mixte de la Ville de Paris) qui vont lancer une procédure pénale contre Cristaline.
Dans un communiqué conjoint vendredi, ils annoncent qu'Eau de Paris "saisit le Doyen des juges d'instruction d'une plainte avec constitution de partie civile", pour violation du code de la consommation relatif à la publicité comparative.
Jean-Philippe Defawe

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