En direct

Une campagne choc pour sensibiliser les travailleurs du BTP au risque amiante
Cliquez sur l'image pour voir l'annonce complète - ©

Une campagne choc pour sensibiliser les travailleurs du BTP au risque amiante

Defawe Philippe |  le 28/04/2006  |  France EnvironnementBâtimentSantéTechnique

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Entreprises
France
Environnement
Bâtiment
Santé
Technique
Valider

Parce qu’en intervenant sur des matériaux contenant de l’amiante, les plombiers, électriciens ou les maçons font partie des professions les plus touchées par des pathologies lourdes et souvent mortelles, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) lance une campagne de sensibilisation et d’information à destinations des petites entreprises du BTP intervenant en entretien, maintenance ou rénovation.

Le constat dressé par l’INRS est alarmant. Ces trois métiers sont parmi les cinq professions les plus atteintes par l’amiante, tous secteurs confondus (voir l’encadré) .
De manière générale, dans les métiers du bâtiment, l’on constate un certain fatalisme, voire un rejet, face à des maladies qui se développent sur le long terme et contre lesquelles il aurait fallu se prémunir alors même que l’on en ignorait les causes voire l’existence note l’INRS.
"Dans les très petites entreprises (TPE), la culture de la prévention n’est pas suffisamment développée. Nous avons été frappé par le nombre d’idées fausses" explique Jean-Luc Marié, directeur général de l’INRS. "Il nous est donc paru nécessaire de provoquer une prise de conscience, de lancer le débat" poursuit-il.
L’enjeu est pourtant de taille. "Sur 818 nouveaux cas de cancer broncho-plumonaire en 2004, 269 sont des professionnels du second œuvre" détaille Michèle Guimon, chef de projet amiante à l’INRS. Les proportions sont sensiblement les mêmes pour les cas de lésions pleurales bénignes, d’asbestoses ou de mésothéliomes. Et encore, ces chiffres concernent uniquement les maladies professionnels reconnues et indemnisées par la CNAMTS.

Globalement, peu de professionnels considèrent que leur corps de métier est concerné et véhiculent donc l’idée selon laquelle seuls les professionnels très fortement exposés sur une longue période courent un réel danger.
Or, lors de leurs interventions, les professionnels du second oeuvre peuvent entrer en contact avec des matériaux friables (flocages, calorifugeages…) qui libèrent spontanément des fibres d’amiante ou des matériaux non friables (dalles vinyle amiante, plaque amiante ciment, joints en caoutchouc…) qui lors de manipulations (perçage, ponçage, tronçonnage…) émettant des fibres d’amiante

De plus, nombre de professionnels pensent que la loi oblige à désamianter avant tous travaux, les déchargeant ainsi de toute recherche d’amiante. Il persiste donc un réel amalgame entre l’interdiction d’utiliser de l’amiante depuis 1997 et le retrait total de l’amiante dans l’ensemble des bâtiments. Et pourtant seuls les flocages, les calorifugeages et les faux plafonds en mauvais état ont été retirés. Il reste encore plusieurs millions de mètres carrés de matériaux contenant de l’amiante en place dans les bâtiments
Peu sont également bien informés sur les bons moyens de protection. L’idée reçue principale étant qu’une protection classique contre la poussière est efficace contre l’amiante.

Cette campagne au budget modeste de 600.000 euros n’a malheureusement pas été soutenue par l’ensemble de la filière, à l’exception de quelques insertions offertes dans les publications des syndicats professionnels.
Outre la création d’un site web dédié (voir lien à droite), l’INRS a retenu la radio (RTL) et la presse régionale pour sensibiliser le plus largement possible les employeurs et salariés des TPE du second œuvre du bâtiment. L’objectif est de toucher 900.000 personnes.
Jean-Philippe Defawe

Métiers du second œuvre : une population à risque



Nombre de nouveaux cas de maladies professionnelles liées à l’amiante en
2004 dans les métiers du second oeuvre (source CNAMTS) :
- 397 plombiers et tuyauteurs :
En augmentation de 11% par rapport à 2003
- 282 électriciens du bâtiment :
En augmentation de 19% par rapport à 2003
- 233 maçons :
En augmentation de 39% par rapport à 2003
- 178 monteurs en isolation thermique et acoustique
- 167 charpentiers en bois et menuisiers du bâtiment
- 133 peintres en bâtiment et poseurs de papiers peints
- 107 charpentiers métalliers
- 63 couvreurs, zingueurs
- 56 ouvriers bâtiment (gros oeuvre)
- 28 poseurs de revêtement de sol et carreleurs
- 28 manoeuvres du bâtiment
- 25 constructeurs techniques et matériaux traditionnels
- 18 plâtriers
- 16 ébénistes menuisiers
- 14 manoeuvres chantier travaux publics et d’entretien

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil