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Une bibliothèque à la croisée des chemins

MILENA CHESSA |  le 24/02/2017  |  ProfessionArchitectureCultureBâtimentCalvados

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La presqu'île de Caen tourne la page de son passé industriel avec un édifice culturel et se reconnecte ainsi à l'espace urbain.

Désertée depuis les années 1980 et le départ des activités industrialo-portuaires, la presqu'île de Caen (Calvados) se repeuple depuis dix ans avec l'arrivée de nouveaux équipements. Les derniers en date sont la maison de la recherche et de l'imagination Le Dôme (agence d'architecture Bruther), le tribunal de grande instance (BE Hauvette Paris et Atelier Champenois), la base de canoë-kayak (Inessa Hansch) et, ouverte au public depuis le 14 janvier, la bibliothèque Alexis-de- Tocqueville (OMA et Clément Blanchet Architecture).

« Cet équipement culturel représente la figure de proue de la reconquête urbaine de la presqu'île », estime Joël Bruneau, maire de la ville et président de la communauté urbaine Caen la Mer. Dans l'ensemble, ce sont 600 ha qui se-ront réamé nagés suivant le plan-guide élaboré par l'agence néerlandaise MVRDV. L'opération prévoit notamment la création de 7 000 logements et 50 000 m2 d'activités économiques.

Un pont entre les quartiers. Avec son plan en X, la bibliothèque marque symboliquement son implantation à la croisée des chemins entre les quartiers historiques et ceux en devenir. Le rez-de-chaussée se traverse de part en part, reliant ainsi le jardin dessiné par Michel Desvigne et le bassin Saint-Pierre. Les passants peuvent aussi s'y arrêter, le temps de lire la presse en accès libre, de visiter l'exposition temporaire, d'écouter une conférence dans l'auditorium de 150 places ou de déjeuner au restaurant « La Table des matières ». L'architecte Clément Blanchet compare cet espace public abrité à une « place interne ». Au sein du bâtiment, le rapport visuel à la ville est permanent. Les façades offrent des cadrages panoramiques XXL sur le paysage urbain. Illustration dans la salle de lecture du premier étage, où les bandeaux vitrés mesurent plusieurs dizaines de mètres de large sur 6 mètres de haut. Seul un joint en silicone sépare les panneaux verriers autoportants. Leur rigidité est assurée par le vitrage extérieur bombé. Un bombage qui apporte un côté précieux à cette châsse de verre dans laquelle se trouve exposé le cœur de la bibliothèque. Les parties opaques des façades se composent de panneaux mixtes en aluminium gris perle et en verre qui reflètent le ciel normand. Le dernier étage, dédié aux jeunes lecteurs et aux bibliothécaires, est constitué de deux poutres treillis de 96 et 85 m sur 20 m qui reposent sur quatre socles en béton érigés aux extrémités du bâtiment.

Cette structure métallique libère de tout point porteur la salle de lecture de 2 500 m2 située juste en dessous. « Le vide est ce qui caractérise l'espace », souligne l'architecte Rem Koolhaas (OMA), lauréat du concours en 2010. A l’époque, le programme de la bibliothèque prévoyait la création de quatre pôles : art, littérature, sciences humaines, sciences et techniques. Plutôt que disperser les publics vers des points divergents, les concepteurs ont pris le parti de les regrouper en un point convergent : la salle de lecture.

Un salon urbain au confort domestique. Les quatre pôles, positionnés aux points cardinaux, se singularisent par un dispositif scénographique particulier : une paroi courbe support de projections au nord, un mur cabinet de curiosités au sud, des mezzanines studieuses à l’est et des gradins observatoires à l’ouest. Et partout, un même horizon dégagé. « Dans l’ancien bâtiment des années 1970, les collections étaient cloisonnées, ici tout est ouvert », apprécie un bibliothécaire.

Les chaises, fauteuils et poufs disséminés ici et là participent du confort quasi domestique de ce « salon urbain », comme le qualifie Clément Blanchet. Malgré la foule présente à la visite inaugurale du 13 janvier, Audrey Azoulay, ministre de la Culture, s’est dite « émerveillée par la qualité du silence ». Selon elle, la nouvelle bibliothèque de Caen est « une œuvre magistrale, une architecture exceptionnelle, un modèle à suivre ».

Maîtrise d'ouvrage : Communauté urbaine Caen la Mer. Maîtrise d'œuvre : OMA, en collaboration avec Clément Blanchet et Barcode (architectes). BET : Egis (structure, fluides), Elioth (environnement), VS-A Group (façades), DHV (acoustique), Ducks Scéno (scénographie). Entreprises clos et couvert : Zanello, Gagne, Seralu. Surface de plancher : 12 800 m2 . Coût des travaux : 33 millions d'euros HT.

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PHOTO - 5974_377300_k2_k1_947320.jpg - © LUC BOEGLY ET SERGIO GRAZIA
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PHOTO - 5974_377300_k3_k1_947319.jpg - © JULIEN LANOO
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PHOTO - 5974_377300_k5_k1_947322.jpg - © OMA / CLEMENT BLANCHET ARCHITECTURE
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PHOTO - 5974_377300_k6_k1_947323.jpg - © PHOTOS : LUC BOEGLY ET SERGIO GRAZIA
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PHOTO - 5974_377300_k7_k1_947324.jpg - © PHOTOS : LUC BOEGLY ET SERGIO GRAZIA
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PHOTO - 5974_377300_k8_k1_947325.jpg - © PHOTOS : LUC BOEGLY ET SERGIO GRAZIA

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