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Comment Neom a démonté une arche de béton monumentale qui menaçait de se décrocher
Composée de trois blocs de béton estimés à huit tonnes chacun, une poutre ornementale surmontant un immeuble de bureau menaçait de s’effondrer. - © A.L.

Comment Neom a démonté une arche de béton monumentale qui menaçait de se décrocher

Amélie Luquain |  le 25/10/2019  |  ParisBétonPréfabricationIngénierieRénovation

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Composée de trois blocs de béton estimés à huit tonnes chacun, une poutre ornementale surmontant un immeuble de bureau dans le 20e arrondissement parisien menaçait de s’effondrer. Une opération de dépose des éléments en urgence s’est déroulée mercredi 23 octobre 2019.

Il était temps d'agir rue Serpollet, à Paris XXe. Couronnant un immeuble de bureau en R+7 construit au début des années 90, une poutre ornementale estimée à 30 tonnes risquait de s'écrouler. Elle était composée de trois blocs de béton préfabriqués, chacun d’une dimension de 520 x 250 x 25 cm et d’un poids d’environ huit tonnes. Les éléments étaient clavetés entre eux et portés par des jambes de béton d’environ 40 cm d’épaisseur.

Fin août, la menace d'effondrement avait été détectée. Un clavetage avait cédé, engendrant le pivot de l’élément central. La RIVP, alors maître d’ouvrage de la rénovation à venir de cet immeuble, s'est donc vue contrainte d’opérer en urgence des travaux de démolition et de sécuriser le site.

Le 30 septembre, un ordre de service était délivré à l’entreprise Neom, filiale de Vinci Construction France spécialisée dans les travaux de démolition, curage, désamiantage, déplombage et logistique. « Trois semaines de préparation de chantier auront été nécessaires pour explorer les différents scénarios. Finalement, c’est la solution la plus coûteuse, mais la moins risquée qui a été choisie », explique Victor Lenouvel, chef de projet immobilier au sein de la direction de la construction de la RIVP.

Trois camions-grues à flèches télescopiques et une nacelle d’un bras pouvant atteindre 70 m ont ainsi été réquisitionnés pour intervenir en simultané et à 45 mètres de hauteur depuis le stade Louis Lumière situé au pied de l'immeuble.

RIVP - Rue Serpollet (Paris XXI)
RIVP - Rue Serpollet (Paris 20e) - © A.L.

Trois blocs de béton de huit tonnes

Les travaux ont débuté lundi 21 octobre par la délimitation d’une zone de sécurité et par l’installation d’une plaque de répartition qui reprend le poids des grues pour ne pas abîmer la pelouse synthétique, très coûteuse. « Mardi 22 octobre, le scénario de démolition a été répété deux fois à blanc par les opérateurs afin d’éviter tous risques de vibrations ou de chutes des éléments lors de l’opération », explique Christophe Masson, coordonnateur sécurité et protection de la santé.

C'est finalement mercredi 23 octobre que s’est déroulé le démontage de la poutre. Dans un premier temps, les trois blocs de béton ont été élingués aux trois grues. Puis, pendant près de deux heures, le clavetage restant a été pioché au marteau-piqueur par deux opérateurs embarqués dans la nacelle.

A 12h10, l’opération la plus périlleuse qui consistait à désolidariser le bloc central sans faire flancher les deux éléments attenants, était un succès. Restait encore à réaliser la dépose des deux blocs de béton latéraux, « une étape moins difficile, mais plus longue car il faut piocher de plus grands linéaires de clavetage », poursuit Victor Lenouvel. La poutre a été entièrement déposée à la fin de la journée avant d'entamer le concassage des éléments en béton. L’ensemble des travaux s’élève à un montant de 100 000 € HT.

Reconstituer l’arche avec un bardage minéral

Ces opérations de haut vol achevées, il sera temps de se projeter sur la rénovation. « L’appel d’offres va pouvoir se poursuivre et l’attribution des marchés se fera d’ici la fin de l’année », précise la maîtrise d’ouvrage. Pensés par l’atelier d’architecture Philippe Madec, concepteur originel du bâtiment en 90, les travaux de réfection consisteront à reprendre l’ensemble du bâtiment, intérieur et extérieur, ainsi qu’à rénover l’enveloppe d’un plus petit volume attenant à l’arrière, abritant la préfecture de police, qui restera sur place durant toute la durée du chantier. « Pour reconstituer la poutre, l’ingénieur structure prévoit un cadre métallique rempli d’un bardage minéral », poursuit Victor Lenouvel.

Cette rénovation préfigurera des opérations de démolition, reconstruction et rénovation que la RIVP mènera sur le quartier alentour.

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