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Une alliance franco-américaine pour l'art
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Raphaëlle Saint-Pierre |  le 27/07/2018  |  RéalisationsBâtimentAisneVaucluseFrance entière

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Grande guerre -

Quartier général humanitaire en 1914-1918, le château de Blérancourt unit la pierre et l'acier.

En 1917, Anne Morgan, fille du banquier J.P. Morgan, crée avec sa compagne, la médecin Anne Murray Dike, le Comité américain pour les régions dévastées (Card). L'armée française lui confie le domaine du château de Blérancourt (Aisne) où elle installe son quartier général afin d'aider les civils qui vivent près de la ligne de front. « Moi qui ai été élevé par des femmes, j'aime l'histoire de ces Américaines qui quittent leurs vies de riches héritières aux Etats-Unis pour la France en guerre. Ce sont de vraies héroïnes ! » s'enthousiasme l'architecte Yves Lion, qui apportera sa pierre à l'édifice quelques décennies plus tard.

Cube paré de pierre calcaire. Après la guerre, Anne Morgan poursuit son action auprès des populations picardes et achète les ruines du château construit par Salomon de Brosse au début du XVII siècle et démoli lors de la Révolution française. Elle en restaure le portail monumental et les pavillons de la terrasse, puis consacre l'un des deux à un musée célébrant les rapports franco-américains. Quelques années plus tard, il déménage dans l'une des deux ailes élevées sur le soubassement du château disparu. En 1989, les architectes Yves Lion et Alan Levitt obtiennent l'Equerre d'argent pour l'extension du musée, réalisée à la demande de l'association des Amis américains de Blérancourt. Dissimulé par la nouvelle entrée, ce cube paré de pierre calcaire se découvre à la fin du parcours. « Sa révolution résidait dans le bandeau de lumière naturelle créé sous les cimaises », détaille Christophe Clément, qui a suivi la seconde extension, livrée en 2017, pour le service des musées de France.

La collection augmentant rapidement au fil des diverses donations et acquisitions, une nouvelle opération est programmée en 2004 avec la même agence. « Le rapport avec les monuments historiques me plaît car je me sens toujours un peu touriste et très respectueux de ce qui s'est passé », confie Yves Lion. Mais en 2007, des sondages archéologiques laissant apparaître un viaduc, datant de Salomon de Brosse - voire antérieur - bloquent temporairement le projet. Après quelques remous, un comité d'experts scientifiques est nommé : il demande de conserver et de mettre en valeur le viaduc, ainsi que les traces des escaliers et des caves de Salomon de Brosse.

Présence fantomatique. « Il y a un fort axe de symétrie subverti par des décalages, les ruines découvertes, les fausses ruines, tout s'accumule dans des contradictions dont je ne suis pas forcément l'auteur », explique l'architecte. Au-dessus du viaduc où filaient les carrosses, il dessine une passerelle qui guide les visiteurs vers le nouveau hall du musée, situé en lieu et place de l'entrée du château dont la présence fantomatique se fait partout ressentir. « Dans l'axe central de la composition et du porche historique, cette lanterne d'accueil préserve la perspective qui traverse la petite ville et le domaine », précise Christophe Clément.

Formé d'un portique en poteaux d'acier revêtus de zinc beige, ce parallélépipède au vocabulaire classique se glisse sans hiatus entre les corps de bâtiments existants. Il relie ainsi les deux ailes et abrite l'escalier menant aux fondations du château et à la nouvelle salle d'exposition consacrée à l'engagement des deux fameuses Américaines. Réalisés en infrastructure et coiffés d'une terrasse végétalisée, ces 700 m² sont éclairés naturellement par des baies latérales qui prolongent l'esthétique du hall et s'ouvrent sur des vestiges médiévaux. « Nous avions la responsabilité de créer un ensemble avec des éléments hybrides. Nous avons donc essayé de composer un univers, pas un bâtiment », conclut Yves Lion.

La semaine prochaine : L'Inguimbertine à Carpentras.

Maîtrise d'ouvrage : ministère de la Culture et de la Communication, Drac Picardie.

Maîtrise d'œuvre : Ateliers Lion Associés - Yves Lion, Nicolas Ferault, Mathieu Baltenneck (architectes) ; Eric Pallot (ACMH) ; Studio Adrien Gardère (muséographie) ; GEC Ingénierie (économiste).

Entreprises : Demathieu Bard (clos couvert élargi), SAS Locheron (CVC/PB), Ets Sedd (CFA/CFO). Surface : 2 187 m2.

Coût des travaux : 9,56 M€ HT.

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PHOTO - 14210_861225_k5_k1_2024574.jpg - © PHOTOS : ADRIA GOULA SARDA
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