En direct

Un tunnel sous surveillance à Toulon

philippe donnaes |  le 24/11/2000  |  ChantiersNumériqueTravailVarBouches-du-Rhône

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Chantiers
Numérique
Travail
Var
Bouches-du-Rhône
Alpes-Maritimes
Technique
Communication
Valider

La mise en service du tunnel de Toulon, qui assurera la liaison entre les autoroutes A50 et A57, en provenance respective de Marseille et de Nice, devrait intervenir fin 2001 (photo no 1). L'effondrement qui s'était produit en mars 1996 sur les trente derniers mètres du front F2, par bonheur juste avant que la haveuse ne pénètre sous le quartier de la vieille ville, s'est soldé dans la pratique par deux mesures principales : une amélioration de la méthode de creusement lors de la reprise des travaux - les prévoûtes provisoires étant renforcées par des cintres métalliques supplémentaires, avec chemisage en béton projeté et boulonnage métallique divergent en avant du front ; et la mise en place d'un comité d'experts chargé de dresser un « état des lieux » préalable au passage des machines, les bâtiments limitrophes, classés en trois niveaux selon les pathologies répertoriées, faisant ou non l'objet de mesures de renforcement appropriées.

Sous l'oeil du Cyclops

Dans le cadre de ce programme et afin de sécuriser au maximum la poursuite des travaux, les responsables du projet ont décidé d'intégrer, en sus des campagnes de relevés topographiques classiques, « une technique de suivi en continu nous permettant de connaître en temps réel l'état des tassements et de leur évolution », explique Georges Teisserre, de la DDE 83 (direction départementale de l'équipement). En l'occurrence, le système de surveillance visuelle automatique Cyclops (Cyclic Optical Surveyor), commercialisé par Sol Data (filiale de Solétanche) et mis au point en collaboration avec l'IGN (Institut géographique national). Ce concept d'instrumentation est fondé sur l'utilisation de théodolites classiques, de type Zeiss ou Leica, qui effectuent des rondes de mesures en visant des prismes cibles implantés sur des points clés répartis autour du chantier. Les informations sont ensuite transmises instantanément par radio au logiciel de calcul qui effectue automatiquement les corrections nécessaires afin de s'affranchir des effets perturbateurs liés aux conditions météorologiques (brouillard, vent) ou aux variations de température. Cet ajustement des calculs est obtenu par l'intermédiaire de cibles références, situées sur des bâtiments hors zone d'influence des travaux, permettant un recalage des valeurs. « Nous utilisons deux théodolites sur ce projet, précise Martin Beth le directeur d'exploitation de Sol Data. Ceux-ci sont positionnés sur les deux tours les plus hautes de la ville. » (photo no 2).

Alarme automatique par e-mail

Les cycles de visée, durant lesquels chaque appareil balaye cinquante à soixante cibles situées parfois à plus de 400 m de distance, s'effectuent en une vingtaine de minutes. « Cet intervalle peut être réduit pour mesurer à de plus grandes fréquences, souligne Martin Beth. Lorsqu'il faut, par exemple, surveiller les injections en cours. » Résultats : des cuvettes de tassement liées aux deux fronts d'attaque dessinées en temps réel, 24 heures sur 24, et la possibilité de déclencher des procédures d'alarme automatique par e-mail en cas de dépassement des seuils (photo no 3).

Le système, qui est maintenu en fonctionnement jusqu'à fin 2001, et qui peut, bien entendu, être interrogé par modem à distance, « a déjà permis d'accéder à une connaissance fine de l'intimité du terrain et des structures », commente Frédéric Marin, le responsable du chantier pour Bureau Veritas. Des phénomènes comme la respiration naturelle des terrains qui peut atteindre des amplitudes de ±2,5 mm sur une journée ont ainsi pu être mis en évidence. Dernière précision : l'ensemble du système d'instrumentation - qui inclut électronivelles, fissuromètres et inclinomètres dans les zones inaccessibles car situées trop bas - représente un coût d'installation et de fonctionnement de 655 000 euros HT (4,3 millions de francs, dont 2,5 millions pour Sol Data).

Maître d'ouvrage : Ministère de l'équipement, des transports et du logement. Maître d'oeuvre : DDE du Var. Conseil au maître d'oeuvre : SETEC TPI. Bureau d'études : CETU; LCPC. entreprises : Groupement SPIE-Batignolles; BEC-Perforex; Fougerolles-Borie. Instrumentation : Groupement Bureau Veritas; Sol Data; Solessai. coût des travaux du tunnel : 335,39 millions d'euros (2,2 milliards de francs).

PHOTOS : TOULON. Le système de surveillance Cyclops contrôle en permanence les déformations de la surface du sol au fur et à mesure de l'avancement du creusement du tunnel.

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil