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Un trio de tours tortueuses à souhait Les formes singulières de trois tours de logements donnent du béton à retordre à l’entreprise.

ISABELLE DUFFAURE-GALLAIS |  le 02/09/2016  |  TechniqueBâtimentHauts-de-SeineGros œuvreProduits et matériels

Gros œuvre -

Au bord de la Seine à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), face à l’île Saint-Germain, se dresse le chantier de trois tours de logements dont les volumes singuliers marqueront l’entrée du quartier du Pont d’Issy en pleine restructuration. Le programme imposait à la fois des logements en accession à la propriété, des logements à vocation sociale ainsi qu’une crèche et des commerces en rez-de-chaussée. L’agence Loci Anima de l’architecte Françoise Raynaud a conçu trois bâtiments de respectivement 17, 16 et 13 étages sur un rez-de-chaussée et un ou deux sous-sols de parkings et caves. L’ensemble abrite au total 189 logements. Le bâtiment A, dont les appartements sont destinés à la vente, offre des terrasses non superposées qui libèrent de vastes espaces à ciel ouvert pour chaque appartement. Ces terrasses sont posées sur le plancher haut de boîtes décalées à chaque niveau et pouvant atteindre près de 4 m de porte-à-faux. Quant aux tours B et C, qui abritent des logements en accession pour la première et sociaux pour la seconde, elles prennent la forme de deux bâtiments collés l’un à l’autre et reliés en leur socle par la crèche. Elles sont marquées par la découpe toute en lignes brisées des balcons filants dont la largeur varie tout autour du bâtiment, de même que la hauteur des garde-corps en béton blanc.

Cette singularité des façades se traduit par une complexité technique à laquelle a dû faire face l’entreprise de gros œuvre Les Maçons Parisiens, qui vient d’achever la structure des trois tours. Elle a pris le parti de réaliser l’ensemble de la structure en béton coulé en place, à l’exception des garde-corps en béton blanc des tours B et C, préfabriqués. Pour la tour A, il s’agissait d’accrocher les boîtes en béton à la structure de l’édifice, des tirants intégrés dans leur plancher supérieur permettant de ramener les charges vers le noyau. Outre ces bandes noyées très ferraillées, les planchers de 22 cm d’épaisseur doivent intégrer un grand nombre de fourreaux dans lesquels passent les différents réseaux, particulièrement denses dans les circulations. « Une coordination précise avec les différents corps d’état s’est avérée indispensable », souligne Marc Barbry, directeur de travaux chez Les Maçons Parisiens. Une modélisation de la reprise des efforts, en tenant compte des efforts de torsion dus aux effets du vent, a permis de valider les choix techniques de l’entreprise. Sur les tours B et C, pas de volumes en porte-à-faux. Les façades de la tour B présentent bien des décrochements mais elles sont alignées d’un étage à l’autre. La difficulté est cette fois de couler en place des dalles de balcons filants qui varient en largeur tout autour de l’édifice, sans se superposer d’un étage à l’autre.

Des balcons sans répétitivité.

« Quant au bâtiment C, il ne présente aucune répétitivité, note Marc Barbry. Des balcons ponctuels qui semblent placés de façon aléatoire se prolongent par des modénatures en plaquage de béton préfabriqué. » Par ailleurs, pour limiter les ponts thermiques au niveau des dalles de balcons, celles-ci ne sont pas coulées dans la continuité des planchers d’étages. Sur 55 % du linéaire, la liaison est interrompue par un bandeau d’isolant thermique. Les balcons reposent donc, là encore, sur des bandes noyées perpendiculaires à la façade, réparties tous les 3 m environ, et qui peuvent se prolonger jusqu’à 10 m à l’intérieur du bâtiment lorsque le porte-à-faux dépasse 2,20 m. Des moyens de coffrage spécifiques ont été mis au point par le service méthodes de l’entreprise, avec l’aide des fabricants de tables coffrantes Peri et Doka et du fournisseur de charpente métallique provisoire Locapal (voir page 57) afin d’assurer avant tout la sécurité des compagnons. Assistée par ses fournisseurs à l’utilisation des outils dans les premiers niveaux, l’entreprise a pu optimiser ses rotations de dix jours par étages au début à neuf jours pour la tour A, voire sept jours par niveau pour la tour B.

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Maître d’ouvrage : Sefri Cime. Architecte : Loci Anima (mandataire) et Arte Charpentier. Maître d’œuvre d’exécution OPC : SD Ingénierie. BET structure : Khephren Ingénierie. Bureau de contrôle, coordonnateur SPS : Socotec. Entreprise gros œuvre : Les Maçons Parisiens.

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