Un tracteur niveleur aérolargable rejoint les rangs de l’armée de terre

Terrassement. Conçu par Unac, le TNA a notamment pour mission de remettre en état des pistes d’atterrissage sur le théâtre d’opérations extérieures.

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Un bulldozer capable de sauter en parachute : en voilà une idée incongrue ! C'est pourtant bien ce qui figurait dans le cahier des charges du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban. L'armée de terre française est passée maître dans l'art de larguer des engins de génie civil sur les théâtres d'opérations extérieures, comme ce fut notamment le cas lors de l'opération Serval, au Mali. En 2014, un D3 de Caterpillar avait alors été largué au-dessus de l'aéroport de Tessalit. Fournie par la société Unac, basée à Vergèze (Gard), sa dernière commande porte sur un tracteur niveleur aérolargable (TNA) de 6,3 t. Pas moins de trois ans ont été nécessaires pour mettre au point cette machine aux caractéristiques particulières. « Nous avons notamment utilisé des aciers et des aluminiums à très haute résistance élastique [supérieure à 500 MPa, contre 300 MPa traditionnellement, NDLR] pour amortir les chocs lors de l'atterrissage », détaille Benjamin Espana, chargé d'affaires militaires de l'entreprise. Dans le même objectif, le châssis a lui aussi été spécialement dessiné pour résister à un largage de 400 m de hauteur à raison de 8 m/s, grâce à cinq parachutes, depuis un C-130 Hercules ou un A400M. La machine devait aussi pouvoir être héliportée. Le TNA développé par Unac peut effectuer un grand nombre de missions, allant de la préparation et de l'amélioration de surfaces aéroportuaires à l'ouverture et à l'aménagement de voies d'accès ou à la création de tranchées pour enterrer des câbles ou des conduites, d'où le choix d'y ajouter un équipement de pelle amovible, susceptible d'être montée sur la lame. Conçu pour évoluer en milieu hostile et dans des conditions extrêmes (taux d’humidité élevé, fortes variations de températures, etc.), il peut aussi être équipé d'un kit de blindage amovible pour protéger la cabine, ainsi que d'un blindage antimine, l'ensemble pouvant être monté et démonté en moins de deux heures. Quant à son moteur Caterpillar de 100 ch, il permet d’atteindre la vitesse de 11 km/h, là où un modèle classique de même tonnage plafonne à 6 ou 7 km/h. L'armée française a passé commande de six de ces machines. Le premier prototype a été testé en 2013. Une deuxième unité a été livrée en décembre 2015. Et deux autres de ces machines le seront dès cet été.

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