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Un théâtre en habit d’Arlequin

JEAN LELONG |  le 03/01/2014  |  BoisERPCultureHéraultParis

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Equipement culturel -

Cette salle tout en bois, inaugurée à la mi-septembre à Montpellier, a été inspirée de celle, éphémère, de la Comédie-Française à Paris (I er ). Elle a été réalisée en un an, études comprises.

Grosse boîte colorée délicatement glissée entre les pins du domaine départemental d’O, à Montpellier (Hérault), le théâtre Jean-Claude-Carrière, inauguré fin septembre, vient compléter un amphithéâtre de plein air et un espace pour chapiteaux dans le parc boisé que le conseil général a dédié à la culture et au spectacle. Le département s’est inspiré du théâtre éphémère de la Comédie-Française à Paris pour créer cette salle polyvalente de 600 places (1 200 places debout), prolongée par un restaurant. Comme son modèle, l’ouvrage devait être en bois, modulable et démontable. Il devait également être performant énergétiquement… et construit en un an ! Des exigences qui ont conduit le maître d’ouvrage à passer un marché de conception-réalisation, confié à Spie Sud-Ouest (mandataire) et à l’agence montpelliéraine A + Architecture.

Construit virtuellement

La contrainte de temps a dicté le choix du système constructif. L’enveloppe est constituée de 640 panneaux double peau en bois massifs contrecollés (KLH) de 13,50 m de hauteur et 3 m de largeur. Des fermes en bois lamellé-collé supportent une toiture également en KLH. « Nous avons poussé l’exercice jusqu’au bout, explique l’architecte Philippe Cervantes. Toutes les technologies du bois ont été utilisées. Seules la dalle et la gaine d’ascenseur sont en béton. » Assemblés sur place, les panneaux ont été montés en trois mois. L’ouvrage avait fait auparavant l’objet d’une modélisation détaillée. « Le bâtiment a été intégralement construit virtuellement, avec ses clous et ses vis, explique Jean-Paul Laurent, ingénieur (Calder Ingénierie). Cela nous a permis de remettre aux entreprises des notices de montage en 3D aussi simples à lire que des notices Ikea. » L’habillage du bâtiment a fait l’objet d’une attention particulière. « Il fallait réussir à se poser avec une grande délicatesse dans ce site exceptionnel, malgré la taille de l’objet », commente Philippe Cervantes. Le parement, posé sur un fond rouge, est formé de deux à trois épaisseurs d’une résille en mélèze composée d’un assemblage aléatoire de quatre modules distincts. Cette dentelle en losange, inspirée du manteau d’Arlequin, est constellée d’éclats colorés en plexiglas, éclairés la nuit par des diodes électroluminescentes (LED). « Nous avons composé une façade, qui accroche la lumière de façon différente, souligne Philippe Cervantes. Nous avons beaucoup travaillé sur les coutures. Ce sont tous ces petits détails qui rendent le projet sensible. »
Le motif du losange est repris par la structure devant le hall d’entrée, enveloppé d’un mur-rideau. A l’intérieur, la salle, équipée de gradins rétractables, est également éclairée par des LED, ce qui permettra de diviser la facture d’électricité par quatre par rapport à un éclairage classique. L’acoustique a été particulièrement travaillée, tant pour limiter les émissions vers l’extérieur que pour assurer un confort intérieur. Des éléments mobiles permettent d’en moduler les caractéristiques. Autre particularité : les faces intérieures des panneaux de KLH ont été légèrement inclinées, en écailles de poisson, pour éviter les phénomènes d’écho flottant.

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PHOTO - 763736.BR.jpg - © Photos Marie Caroline Lucat
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PHOTO - 765871.BR.jpg - © Photos Marie Caroline Lucat
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Philippe Cervantes, architecte

Le système constructif s’est imposé comme une évidence. Seule l’utilisation de panneaux préfabriqués permettait de respecter un calendrier extrêmement serré : nous avions un an pour concevoir et réaliser l’ouvrage, dont huit mois de chantier. Nous avons présenté une méthodologie de mise en œuvre dès la phase concours, ce qui laissait penser que le projet était faisable dans le délai imparti. La conception-réalisation nous a beaucoup aidés. Nous avons écrit le projet avec les entreprises dès le départ.

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PHOTO - 763737.BR.jpg - © M.-C. LUCAT
Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : conseil général de l’Hérault ; maître d’ouvrage délégué : Territoire 34. Maîtrise d’oeuvre : A+ Architecture, architecte ; bureaux d’études : Calder Ingénierie (structure), Celsius Environnement (thermique), Betem Ingénierie (fluides), Altia (acoustique), Scène (scénographie), Alma Consulting (cuisine), Arteba Coordination (OPC, maîtrise d’oeuvre d’exécution). Principales entreprises : Spie Sud-Ouest (lots techniques), Structures Bois Couverture (charpente, ossature bois), Darver (gros oeuvre, dallages, faux plafonds). Surface : 2 620 m2 Shon. Coût des travaux : 7,8 millions d’euros HT.

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