Logement

 » Un test d’humanité pour notre société « 

Bernard Devert, professionnel du logement devenu prêtre, a créé en 1985 « Habitat et Humanisme », une fédération reconnue d’utilité publique qui a permis de reloger et d’accompagner vers l’insertion quelque 9000 familles en France. En pleine crise financière et à la veille de l’examen du projet de loi Boutin sur le logement, cet humaniste nous livre sa vision de l’actualité.

Bernard Devert, professionnel du logement devenu prêtre, a créé en 1985 « Habitat et Humanisme », une fédération reconnue d’utilité publique qui a permis de reloger et d’accompagner vers l’insertion quelque 9000 familles en France. En pleine crise financière et à la veille de l’examen du projet de loi Boutin sur le logement, cet humaniste nous livre sa vision de l’actualité.

 » Un compte d’épargne avec ou sans airbag » demandait un banquier à son client. L’illustration de Pancho n’était pas sans impertinence mais non plus sans justesse pour stigmatiser la crise des marchés financiers. La seule ceinture qui sécurise est la justice sans laquelle il n’y a ni confiance, ni croissance. Or, l’actuelle situation met en exergue une dramatique injustice.

Le système bancaire fait par les riches et pour les riches sera sauvé des catastrophes qu’ils ont en partie générées alors que les pauvres sont ignorés. Au chevet des premiers, les grands experts se penchent alors qu’il n’y a personne, ou si peu, pour les autres.

Le craquement des Bourses fait un tel bruit que l’on craint que la vie s’en aille. La clameur de ceux qui ont faim ou qui n’ont pas de logements est à peine perceptible pour ne lui prêter aucune attention. Il n’y aurait donc personne pour entendre et pour comprendre ?

Mon propos n’est pas plaintif, conscient de cette nécessité de sauver ce qui peut l’être mais il veut souligner cette terrifiante différence de traitement entre les uns et les autres. Là où se lézardent les systèmes financiers des mesures sont prises dans l’urgence – avec des moyens considérables – par les Etats dont certains, à commencer par le nôtre, se considéraient il y a quelques mois en situation de quasi faillite.

Il ne s’agit pas d’accuser mais de comprendre avec cette crainte que la seule hiérarchie des urgences pour être celle de nos valeurs, s’avère celle de l’argent. L’homme n’existerait-il pas vraiment ? L’homme possible serait-il donc à naître ?

Comment ne pas observer que les milliards de dollars et d’euros abyssaux qui viennent d’être trouvés, s’ils avaient été mobilisés pour la pauvreté elle eût été alors si ce n’est éradiquée, du moins fortement soulagée. Dans les jours qui viennent les Parlementaires vont avoir à se prononcer sur le projet de loi « Mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion », puissent ceux qui sont déshérités par le manque de formation ou par les accidents de la vie ne pas être les oubliés.

L’enjeu de cette loi n’est pas étranger à la mixité sociale.L’article 55 de la loi S.R.U doit être sécurisé si nous voulons donner quelques chances à ce que la ville soit moins cruelle et moins injuste pour être le lieu d’une tentative de réconciliation entre l’humain et l’urbain. Je ne veux pas croire qu’il n’y ait personne pour défendre un tel projet tant il s’avère un test d’humanité pour notre Société. L’attention a la personne fragilisée doit rassembler une communauté de personnes et non des anonymes. »

Bernard Devert, président d’Habitat et Humanisme

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X