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Un sol plein de bon sens
En hiver, l'angle des rayons solaires atteint la face foncée du sol. Ils chauffent ainsi le matériau et l'environnement urbain. En été, ils frappent la face claire qui les réfléchit et réduit la montée en température du sol. - ©

Un sol plein de bon sens

P. F. |  le 01/06/2018  |  TechniqueRhône

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Matériaux -

Comment obtenir un sol qui soit plus frais en été mais conserve mieux la chaleur du soleil en hiver ? Avec ce double objectif, en apparence contradictoire, la société Elioth, filiale du groupe Egis, a mené une expérimentation à la demande de la société publique locale Lyon Part-Dieu, qui pilote le réaménagement de 9 ha d'espaces publics conçus par l'agence L'AUC.

Dans ce quartier en pleine mutation, le confort thermique a été érigé en priorité. Les équipes d'Elioth ont pu y réaliser une batterie de mesures sur 12 échantillons, dont une moitié de produits traditionnellement utilisés en dallage : béton clair, béton foncé, asphalte, granit, béton végétalisé et ghorre, une roche sableuse locale. Les six autres sols testés ont été conçus dans le dessein d'obtenir un albédo variable, c'est-à-dire une réflexion de la lumière différenciée en fonction de la course du soleil.

Jouer sur l'orientation. Matériaux, couleurs, revêtements : plusieurs solutions ont été expérimentées. Mais c'est surtout par leur géométrie que ces sols se sont distingués, avec un moulage béton de facettes inclinées, tantôt symétriques, tantôt orientées plutôt au nord. « Le principe général est de conserver des sols foncés au sud, afin d'absorber la chaleur du soleil quand celui-ci est bas en hiver, et de privilégier une facette blanche au nord, en capacité de mieux réfléchir le soleil lors des pics de rayonnement l'été », résume Félix Pouchain, ingénieur modélisation et visualisation chez Elioth.

Les mesures réalisées sur plus de six mois, entre le printemps et l'automne 2017, ont mis en évidence de fortes différences dans le comportement thermique des matériaux. Pour les sols traditionnels, le béton et l'asphalte ont sans surprise atteint les plus fortes températures lors des périodes de canicule : jusqu'à 65 °C. Le granit, très clair et long à chauffer en raison de sa masse, plafonnait quant à lui à 50 °C. Le choix de ce dernier pour l'aménagement en cours et à venir du quartier améliorera donc le confort thermique.

Du coté des sols expérimentaux, l'étude détaillée des résultats est encore en cours. Mais les premières analyses confirment l'intérêt de privilégier les couleurs claires. « Les relevés mettent en évidence l'efficacité remarquable des revêtements blancs, quel que soit le matériau. Apposer une peinture permet déjà de réduire considérablement les températures l'été. Cela ouvre des perspectives intéressantes en termes d'économie, en jouant avec l'existant plutôt qu'en mettant en œuvre de nouveaux matériaux », pointe Félix Pouchain.

Une couche de blanc. La Ville de Los Angeles a d'ailleurs lancé à l'été 2017 un vaste programme pour repeindre ses rues en blanc, avec l'ambition d'abaisser de 6 à 7 °C les températures au sol. D'après les premiers retours, le choix d'une géométrie différenciée entre les facettes nord et sud permet aussi de réduire l'effet d'îlot de chaleur, mais il pose des questions pratiques sur les zones d'implantation dans l'espace urbain de ces revêtements moulurés. « Une réponse serait de panacher les différents types de sols en fonction des usages : sur une surface moins empruntée par les piétons, on peut imaginer des revêtements qui contribuent davantage au confort climatique », répond Félix Pouchain. Pour prolonger l'expérimentation menée à Lyon, les équipes d'Elioth envisagent d'intégrer de nouvelles dimensions dans leurs futures recherches : hygrométrie, intégration du végétal, mais aussi bilan carbone, durabilité et bilan économique.

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Dans le quartier lyonnais de la Part-Dieu, 12 échantillons ont été placés sous la surveillance d'une batterie de capteurs : de l'asphalte, du granit et du béton (clairs ou foncés), végétalisés ou sous des formes facettées plus expérimentales. - © PHOTO ET DOCUMENT : ELIOTH / EGIS

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