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Un silo à maïs en béton précoffré

DOMINIQUE ERRARD, LAURENT MIGUET, PHILIPPE DONNAES, PIERRE DELOHEN, ALAIN SARTRE, EMMANUEL GUIMARD |  le 05/03/1999  |  TechniqueBas-RhinGirondeEquipementSécurité et protection de la santé

Gain de temps et facilité d'exécution des murs de façades. Meilleure prévention des risques pour le maître d'ouvrage.

La construction d'un silo à maïs d'une capacité de 33 000 tonnes, à Hochfelden (Bas-Rhin), a permis de mettre en avant la performance du procédé de précoffrage des murs de façades. Pour cette technique, l'entreprise Fehr a obtenu un avis technique délivré par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Quatre semaines ont suffi à cinq personnes pour réaliser en juin dernier les fondations en colonnes ballastées (1) et semelles filantes, puis la pose des 270 mètres linéaires de murs en béton précoffré. Ces murs sont composés de prédalles préfabriquées et jumelées, reliées entre elles par des connecteurs en acier, et espacées par un vide destiné à être rempli de béton sur le chantier, pour constituer des murs de façades pleins et continus. Les parements sont lisses pour éviter la rétention des poussières. A Hochfelden, le remplissage a nécessité 810 m3 de béton injecté par pompage et a mobilisé trois personnes pendant une semaine. Le rythme obéit à des cycles de remplissage par tranches de 1 m de hauteur. « Avec le même effectif, des techniques traditionnelles auraient exigé trois mois », estime Jean-Marc Spatz, directeur bâtiment de la PME de Reichshoffen (Bas-Rhin).

Les poussières explosives

Pour obtenir cette rapidité d'exécution, principal avantage du précoffrage, Fehr s'appuie sur une unité de préfabrication entièrement automatisée. Mise en service en 1997 et capable de produire 700 m3 de prédalles par jour, l'usine fabrique des panneaux dont les dimensions atteignent jusqu'à 11 m de long pour 3,50 m de large, avec une épaisseur comprise entre 18 et 40 cm. La mise en oeuvre de ces matériaux livrés sur palettes dispense l'entreprise des contraintes de coffrage traditionnelles et de ferraillage sur le chantier. Le montage de la structure peut se réaliser en 3 8, sans interruptions liées au séchage du béton. Au-delà des bâtiments de stockage agricole, premier débouché visé par Fehr, le précoffrage vise notamment les marchés des murs de soutènement et des fosses agricoles et industrielles.

« L'arrêté ministériel du 29 juillet 1998 nous a guidés dans nos choix techniques », précise Laurence Lelin, juriste au Comptoir agricole de Hochfelden, maître d'ouvrage du silo. Alors que la poussière, facteur de risque d'explosion et d'incendie, s'incruste facilement sur les surfaces irrégulières des traditionnels bardages métalliques, les murs lisses proposés par Fehr facilitent le nettoyage du silo.

L'arrêté de juillet 1998, complété par une circulaire envoyée aux préfets par le ministre de l'Environnement, a également ouvert une voie dans laquelle compte s'engouffrer la PME alsacienne : les silos existants devront se mettre en conformité avec le texte avant 2001. « Dans bien des cas, la construction neuve reviendra moins cher aux coopératives que la réhabilitation », estime Jean-Marc Spatz.

L'entreprise, qui a acquis une compétence de conception à l'occasion du chantier de Hochfelden, a renforcé son bureau d'études et créé un département « stockage » pour développer sa technique sur le marché national.

(1) Colonnes ballastées : méthode de consolidation des sols cohérents qui consiste à réaliser à intervalles réguliers des pieux en gravier et en cailloux.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : comptoir agricole de Hochfelden. Architecte : Lerch.

Bureau d'études structure : CMBA.

Bureau de contrôle : Afitest.

Calendrier : juin à septembre 1998.

Montant du lot clos et couvert : 9 millions de francs.

Photos

1. Les prédalles, livrées sur palettes, sont mises en place par une grue mobile et maintenues provisoirement en place par des étais.

2. Les prédalles préfabriquées et jumelées, reliées entre elles par des connecteurs en acier, sont espacées par un vide destiné à être rempli de béton sur le chantier.

Silos : une réglementation de plus en plus contraignante

Deux arrêtés ministériels ont précisé, en 1983 et en 1998, les conditions dans lesquelles s'applique aux silos agricoles la loi de 1976 sur les installations classées pour la protection de l'environnement. Entre 5 000 et 15 000 m3 de capacité, une simple déclaration suffit pour obtenir l'autorisation d'exploiter.

Au-delà, le maître d'ouvrage demande une autorisation à la Drire (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement). Accompagné par une circulaire aux préfets, l'arrêté signé par Dominique Voynet le 29 juillet 1998 («Journal officiel» du 29 août) confirme les obligations fixées en 1983 en matière de contrôle de température, stockage et nettoyage.

Deux nouveautés distinguent ce texte des dispositions antérieures : l'arrêté fixe à 2001 au plus tard la date de mise en conformité des installations existantes ; il redéfinit les périmètres de protection dans ses articles 7 à 9.

Ces dernières dispositions, qui distinguent les silos plats (murs de moins de 10 m de hauteur) des silos élevés, visent à protéger d'une part le public (elles concernent alors la distance du silo par rapport aux établissements recevant du public, aux habitations et aux voies de transport) et d'autre part le personnel travaillant dans les silos.

Dans ce dernier domaine, le principal sujet de discorde entre les Drire et les coopératives agricoles concerne la définition du « personnel strictement nécessaire » au fonctionnement de l'installation, seul habilité à travailler à proximité immédiate du site de stockage. L'explosion des silos de Blaye, qui a inspiré cette réglementation, avait provoqué la mort d'employés administratifs considérés comme non « strictement nécessaires » à l'exploitation des bâtiments de stockage.

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