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Un ripage de pont bien huilé
PHOTO - 13503_822402_k3_k1_1935422.jpg - © DRONE SESSIONS / VILLE DE MOLSHEIM

Un ripage de pont bien huilé

christian robischon |  le 15/06/2018  |  TransportsBas-RhinOuvrage d'art

Afin de supprimer le passage à niveau, un pont-rail a été mis en place grâce à l'utilisation de longrines et de selles.

Le passage à niveau à l'entrée de la ville de Molsheim (Bas-Rhin) est traversé par 128 trains chaque jour. Sa fermeture - trois heures par jour en cumulé - ralentissait fortement un flux quotidien de 16 000 véhicules. Des travaux étaient donc devenus nécessaires pour fluidifier le trafic routier. Pour cela, SNCF Réseau a fait le choix de le supprimer et de le remplacer par un pont-rail. Le projet entraînera la construction d'un passage inférieur pour les véhicules, sous la voie ferrée. Cette tranchée couverte de 90 m de long comptera deux voies routières, ainsi qu'un couloir pour les vélos et les piétons.

La pose du pont-rail a représenté la phase la plus délicate des travaux. Elle a été menée avec succès en mars dernier, avec le ripage des quatre tabliers définitifs en béton - trois de 220 à 270 tonnes qui servent de support aux voies de circulation des trains et un de 120 tonnes pour l'entrevoie. L'ensemble s'est ainsi substitué aux tabliers métalliques provisoires. Les ouvrages définitifs en béton ont été préfabriqués sur place et intègrent des poutrelles enrobées de 14 m de portée. Chaque tablier a été conçu en deux sous-parties.

Lors du ripage proprement dit, quatre heures ont été nécessaires pour parcourir les 15 m de distance jusqu'à l'emplacement définitif des tabliers. L'entreprise TSV (Travaux spéciaux Vérinage) a utilisé la technique de ripage sur longrines et selles. Placées au préalable, les longrines métalliques, revêtues de téflon afin de réduire les frottements, traçaient le chemin de ripage en formant un rail de guidage. Sur ce socle, deux selles métalliques par demi-tablier ont été installées, afin de supporter le poids de ces éléments.

« Ces selles-châssis sont constituées d'un acier inoxydable très finement usiné, toujours afin de limiter les frottements », décrit Denis Weisse, directeur de TSV. Elles ont permis d'abord la jonction des deux parties de tabliers, puis la translation de chaque ensemble vers son emplacement définitif. Supportant les tabliers, elles ont été avancées horizontalement sur les longrines métalliques posées en biais, comme les tabliers. Un vérin hydraulique de 20 tonnes avec une course de piston de 800 mm avait préalablement été fixé sur chaque selle afin de s'ancrer sur les longrines « à la manière d'une griffe », compare Denis Weisse. Guidé à distance par informatique, le vérin pousseur a déplacé l'ensemble, puis d'autres vérins sont venus redescendre le tablier d'une dizaine de centimètres sur ces appuis.

Paroi moulée. Lors du ripage, le poids portant sur chaque élément n'a pas dépassé le seuil maximal de 15 % du poids total des tabliers. « Cette limite que nous nous fixons par sécurité est elle-même trois fois plus exigeante que la réglementation », souligne Thierry Naumer, chef de groupe ouvrages d'art au pôle d'ingénierie régional de SNCF Réseau.

La nature du terrain a également imposé des précautions particulières au niveau des fondations, la nappe phréatique affleurant à 3 m. « Dans ce contexte, la solution de la paroi moulée s'imposait », souligne Thierry Naumer. Elle descend à 14 m de profondeur et sera reproduite en fondation de la tranchée couverte, dont les travaux commenceront en septembre prochain.

A l'issue des travaux routiers et ferroviaires, une opération d'aménagement paysager prendra le relais pour boucler le projet. Fin 2019, Molsheim sera alors dotée d'une entrée sud de ville à la fois fluide et embellie.

Maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'œuvre : conseil départemental du Bas-Rhin (route et coordination), SNCF Réseau (ferroviaire et génie civil). Entreprises : groupement Eiffage Génie civil (mandataire), TSV (ripage), Eiffage Route (terrassements), Ferro-Tech (travaux ferroviaires). Sous-traitant : Pro-Fond (fondations). Durée des travaux : juin 2017 à septembre 2019.

Coût d'opération : 25,3 millions d'euros HT.

 

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