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« Un provincial à l’Equerre », chronique par Jean-Philippe Defawe
Jean-Philippe Defawe - © © Bruno Levy / Le Moniteur

« Un provincial à l’Equerre », chronique par Jean-Philippe Defawe

Jean-Philippe Defawe, journaliste au « Moniteur » (@JPh_Defawe) |  le 20/12/2016  |  ParisLoire-Atlantique

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De passage à la capitale pour assister à la cérémonie de remise de l’Equerre d’argent, le 21 novembre 2016, le pilote régional du « Moniteur » à Nantes nous livre ses observations, amusements et étonnements au sujet de la petite faune architecturale parisienne…

Cela faisait quelques années que je n'avais pas assisté à la cérémonie de l'Equerre d'argent. Je l'avoue, si j'ai décidé de monter à Paris depuis ma bonne ville de Nantes, c'est avant tout par chauvinisme. Cette année enfin, des architectes nantais étaient susceptibles de conquérir le Graal. Et puis, je me suis dit que cet événement mondain pouvait être le théâtre d'observation idéal de celui qui, dans nos régions, inquiète les agences locales autant qu'il fascine les élus : l'architecte parisien.

Première surprise, l'architecte parisien ne s'habille pas entièrement en noir. Du moins, pas plus que les autres Parisiens croisés dans le métro entre la gare Montparnasse et le très chic XVIe arrondissement. Deuxième surprise, le chapeau semble être passé de mode… ou réservé à Dieu Nouvel. En fait, excepté quelques hispters pour lesquels le comble du chic est une veste de survêtement de l'AS Saint-Etienne ou un pull jacquard des années 1980, le style vestimentaire de l'architecte parisien se définit avant tout par une absence de style. Ainsi, je me serais donc trompé ? L'architecte parisien ressemblerait en tout point à l'architecte breton, alsacien ou occitan ?

En tout cas, à en juger par le brouhaha dans la salle lors des discours, soit les occasions de se rencontrer entre architectes sont rares à Paris, soit l'architecte parisien est sacrément malpoli. Les petits potins étaient visiblement plus importants que les grandes déclarations (certes un peu longues) sur l'architecture. Heureusement, les plus bavards ont eu l'élégance, voire la décence, de baisser d'un ton lorsque Marc Mimram évoqua, la gorge nouée, le sort des milliers de déportés espagnols, juifs et tziganes du camp de Rivesaltes.

En revanche, de l'élégance, l'architecte du mémorial leur rendant hommage en a manqué en refusant d'aller chercher son prix (désolé, ce n'était pas l'Equerre mais « seulement » le prix spécial du jury), alors qu'il était venu défendre son projet le matin même. Et, devinez quoi, cet architecte n'est pas parisien !

Chronique « Coup de griffe » publiée dans « Le Moniteur » n°5898, daté du 2 décembre 2016, page 28.

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