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Un projet « Unesco » pour la plus ancienne cité minière du Nord-Pas-de-Calais
La "Cité des électriciens" lors d'une manifestation organisée par la collectif d'artistes "Les Pas Perdus" - © © Artois Comm

Un projet « Unesco » pour la plus ancienne cité minière du Nord-Pas-de-Calais

Maxime Bitter (bureau de Lille du Moniteur) |  le 03/05/2013  |  PatrimoineFormation BTPFrance entièreArchitecture

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A Bruay-La-Buissière, à l’ouest du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais récemment classé au patrimoine mondial du l’Unesco, la « Cité des électriciens » va faire l’objet d’une réhabilitation ambitieuse.

 Une quarantaine de petites maisons mitoyennes en brique, le long de ruelles baptisées Faraday, Edison, Branly, Laplace ou Gramme… Pas de doute, vous entrez dans la Cité des électriciens de Bruay-La-Buissière, la plus ancienne du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et au patrimoine mondial de l’Unesco. Sur place, les modestes maisons d’ouvriers mineurs sont « dans leur jus », insalubres, et inhabitées depuis des années. Rien qui ne peut attirer le touriste ou entretenir la mémoire du site.

Artois Comm, l’agglomération de Béthune-Bruay, avec le soutien de la région, imagine un avenir touristique et artistique à cette emprise de 6000 m² aux sept barres de maisons construites à partir de 1856 pour loger les mineurs de la fosse n°1 de Bruay, exploitée jusqu’en 1972.

« Nous sommes au croisement de deux enjeux, raconte Alain Wacheux, président d’Artois Comm : travailler à l’écriture de l’après-mines, en accueillant ici un site de la mémoire minière sur ses volets paysagers et architecturaux, mais aussi offrir aux visiteurs Unesco une porte d’entrée sur le territoire classé ».

Un marché de maîtrise d’œuvre a été attribué à un groupement mené par Philippe Prost, qui travaille déjà dans la région sur deux sites remarquables : l’étude de définition du projet de réaménagement de la Citadelle de Lille et la construction du mémorial de la Grande Guerre à Notre-Dame de Lorette. Il est accompagné pour ce marché des paysagistes de FORR, du bureau d’études Verdi, du muséographe DU&MA et de l'atelier villar+vera" pour la signalétique.

Demandez le programme

Le programme ? Accueillir des artistes en résidence, sur un tiers du site. Loger des touristes, par la création de gites d’accueil en maison minière. Et enfin, créer un « lieu d’interprétation du paysage minier », depuis la grande échelle jusqu’au logement. Des surfaces d’exposition seront donc créées dans les maisons, une manœuvre complexe quand on connait l’exigüité des lieux. Pour montrer le paysage à grande échelle, un bâtiment neuf sera donc construit en bordure du site. L’enjeu, pour l’équipe de Philippe Prost, est bien de magnifier « ce patrimoine ordinaire, fragile et construit à l’économie ».

Vue aérienne de la « Cité des électriciens »
Vue aérienne de la « Cité des électriciens » - © © Artois Comm

L’agglomération d’Artois Comm investira près de 15 millions d’euros dans ce projet d’ampleur. La phase APS est achevée et l’équipe de maîtrise d’œuvre attaque l’avant-projet détaillé. Les travaux sont programmés pour 2014 avec, en fonction des aléas, une ouverture du site fin 2015. D’ici là, les carrières de craie qui mitent les sous-sols devront être comblées. 1,5 million d’euros sont investis ici pour injecter un coulis de béton par l’entreprise Sotraisol avec Ginger CEBTP en maîtrise d’œuvre.



Vocation sociale

La vocation de logement social du site n’est pas écartée puisque le bailleur d’origine, la Soginorpa (Maisons et Cités) a décidé de conserver une douzaine de maisons à l’entrée du site. Le patrimoine, totalement inadapté au confort moderne, devra être entièrement restructuré avec la contrainte de taille du double classement MH et Unesco. Ce défi sera relevé par les architectes du patrimoine Jennifer Didelon et Eric Barriol, attributaire du marché de maîtrise d’œuvre. Ils disposent d’une enveloppe conséquente, de 1,3 million d’euros pour le relever. Les complexités structurelles ne manquent pas : exigüité des pièces, étage très bas sous pentes, faibles ouvertures… ils pourront réaliser des extensions, mais laisser la structure originale visible. Les « carins », ces modules de briques rarement supérieurs à deux mètres carrés, qui accueillaient toilettes et stockage du charbon devant chaque maison doivent être conservés… Au total, la Soginorpa investit donc plus de 150000 euros par maison. Une rénovation de luxe pour un patrimoine exceptionnel.

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