Un pavillon hybride dans un lotissement
Cette maison lorraine est à la fois habitation et hangar. Côté ville, la façade est typique des habitations voisines mais côté champ, elle est bien plus originale.
Raphaëlle Saint-Pierre
Eenseignante et cadre commercial, Marie et Florent souhaitaient faire construire leur habitation dans la grande banlieue de Nancy (Meurthe-et-Moselle). « Avec leurs maisons de catalogue, dans lesquelles il est impossible de demander le moindre écart sinon ils vous assomment financièrement », les constructeurs consultés ne parviennent pas à les séduire. Par des amis, ils découvrent les réalisations économiques et efficaces sur le plan thermique de l’agence nancéienne Gens. Les architectes commencent par les aider à choisir une parcelle de 530 mètres carrés en bordure d’un lotissement de Pulnoy.
Outre les contraintes du PLU, le règlement du lotissement donne « l’impression de tout faire pour éviter l’architecture », regrette Guillaume Eckly de Gens. En le suivant littéralement, la maison se serait retrouvée avec une bande de trois mètres tout autour et un jardin exclusivement à l’ouest. Ils préfèrent tirer l’habitation en longueur pour créer une grande façade au sud et dégager, devant, une bande de jardin. La construction est divisée en deux travées : une étroite, au nord, pour la cuisine et le garage, et une plus large, au sud, pour tout le reste. A l’ouest, l’inclinaison du volume permet de revenir au gabarit maximum en limite de propriété. « C’est un projet de coupe, nous aurions pu monter plus haut dans la partie habitation mais nous avons misé sur la compacité », souligne le maître d’œuvre. Puisant dans la réserve en mètres cubes offerte par la travée nord, les clients viennent de confier aux architectes l’aménagement en bureau de l’espace surmontant la cuisine.
Mi-pavillon, mi-hangar
« La maison oscille entre le normal et l’étrange, mais nous voulions éviter de faire “la maison d’architecte” dont les voisins se gaussent », précise Guillaume Eckly. La façade sur rue joue sur l’identité invisible : mur enduit aveugle et tuiles mécaniques noires, comme tout le monde. Le reste se situe dans le registre du hangar agricole ou industriel. La façade sud en tôle présente les mêmes profilés que le bardage en polycarbonate translucide du nord. « C’est la seule maison à sortir du lot, mais comme elle est normale côté arrivée, elle s’intègre bien dans le lotissement », explique Florent. Le rez-de-chaussée aux murs blancs et au sol en béton compose un univers sobre pour les parents tandis que l’étage, dont les voiles travaillants en OSB de l’ossature bois sont laissés apparents, crée une ambiance de cabane pour les deux enfants. « La maison est basse de plafond mais comme elle est lumineuse, on ne s’en rend pas compte », constate son propriétaire. Le couloir, qui sert d’entrée et de trémie à l’escalier, apporte de l’ampleur grâce à l’absence de plancher sur le solivage de l’étage. Lorsque le panneau coulissant de la salle de bains des parents est ouvert, entre la chambre et le séjour, une seconde circulation court le long de la façade sud, maximisant la présence des fenêtres qui donnent sur les champs. Aujourd’hui, la maison entretient un rapport idéal au paysage mais n’est pas totalement à l’abri de futures constructions.
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Maîtrise d’ouvrage : privée. Maîtrise d’œuvre : Gens (Guillaume Eckly, Barbara Fischer, Jean-Baptiste Friot, Sylvain Parent, Mathias Roustang), architectes ; Terranergie, bureau d’études thermique. Entreprises : Maçonnerie nancéienne (gros œuvre), Couvretanche (charpente), Francis Begard (isolation, plâtrerie, revêtement), Collin Frères (menuiserie extérieure, serrurerie, miroiterie), Solenzo Elec (électricité), KS Plomberie (plomberie). Surface de plancher : 121 m2. Montant des travaux : 146 400 euros HT.
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