Immobilier

Un Palais des Festivals partiellement rénové accueille les stars du monde entier

Pour coller un peu plus à l’image d’élégance du Festival de cinéma qu’il abrite, le Palais des Festivals de Cannes est en train de subir un lifting destiné à redonner un coup de jeune à sa silhouette massive et sa façade de béton aveugle qui lui ont valu le surnom de « bunker ». Une extension de 3.000 m2 vient d’être livrée, mais un profond réaménagement est nécessaire.

« C’est vrai qu’il est moche », reconnaît Martine Giuliani, directrice du Palais des festivals, qui compte sur le prochain lancement d’un vaste programme « d’améliorations esthétiques » pour donner plus de légèreté et de brillant aux lignes du bâtiment construit en 1982.
Le bâtiment est une propriété de la ville qui en a confié la gestion à la Semec (Société d’économie mixte de l’événementiel cannois).
« L’une des façades les plus laides » du palais (entre l’escalier Debussy et l’entrée du casino), explique David Lisnard, président de la Semec, se verra d’ici l’été 2007 habillée d’une verrière de 1.000 m2.

L’ensemble de l’édifice sera repeint et la « casquette », ce vaste pan de béton surplombant les célèbres marches, sera dissimulée derrière un écran de télévision de 200 m2.
Ces travaux sont annoncés alors que vient de s’achever une importante phase de rénovation de l’intérieur du bâtiment, notamment consacrée à sa mise aux normes, devenue urgente.
« C’est un bâtiment dont l’entretien avait été délaissé et qui a souffert d’un certain laxisme », note David Lisnard, dont l’équipe a pris les commandes de la Semec en 2001.
« En 2001, la commission départementale de sécurité avait émis 100 réserves sur l’état du bâtiment, aujourd’hui, on n’en compte plus que cinq. Les normes en matière de protection incendie et d’évacuation posaient notamment problème », explique Mme Giuliani.

Les marbres intérieurs ont été polis, rénovés, les moquettes changées, tout comme les blocs sanitaires « d’un autre âge ». Et le toit a été réparé : « Le bâtiment prenait complètement l’eau », commente David Lisnard.
Le parvis et la voirie à proximité du palais, qui s’affaissaient car non conçus pour la circulation et le stationnement de poids lourds, ont été renforcés par 50.000 micro-pieux plantés dans le sol.
Ces chantiers sont inclus dans le plan de rénovation de 50 millions d’euros sur six ans lancé par la nouvelle équipe de la Semec en 2001.

Un gros morceau de ce programme vient de s’achever et sera inauguré par le Festival 2006: il s’agit d’une extension de 3.000 m2 baptisée la Rotonde. Cette nouvelle salle rehausse « l’espace Riviera », partie moderne du palais elle-même rajoutée en 1999.
Lancé le 20 juin 2005, le chantier a été mené tambour battant. Pour aménager à l’intérieur de la rotonde un étage supplémentaire de 3 000 m2 libres de poteaux, Campenon Bernard Méditerranée a eu recours à un système de poutres métalliques en étoile (200 t). « Ces poutres de 25 m de long et 1,2 m de haut permettent de reprendre des grandes portées et surtout, ont commencé à être mises en place une semaine seulement après le démarrage des travaux de démolition de la coursive », expliquait en juillet dernier Philippe Delahaye, directeur des travaux chez Campenon Bernard Méditerranée (agence de Sophia-Antipolis).
Grâce à cette opération, Cannes dote le Palais d’un nouvel espace, une première étape de son indispensable agrandissement.
Car le manque de place constitue le principal défi auquel le Palais des Festivals, vital pour l’économie de Cannes et de la Côte d’Azur, doit faire face. Outre le Festival du Film, le bâtiment est occupé 300 jours par an, notamment pas une soixantaine de salons et congrès (MIP TV, Midem, Mipim…).
Outre le rémanagement de la Rotonde Riviera, le projet des architectes Aymeric Zublena et Bernard Cabannes prévoyait également la création de deux niveaux souterrains d’exposition et de logistique sous le square Reynaldo-Hahn.
Mais la création de ces 20 000 m2 supplémentaires a été stoppé en raison de la mauvaise qualité du sous-sol («Le Moniteur» du 22 juillet 2005, p. 12).

Focus

Chantier de la Rotonde : les intervenants


Maître d’ouvrage : Ville de Cannes.
Maître d’œuvre : Agence Scau (mandataire).
BET : Coplan Ingénierie, Levorato (charpentes métalliques).
Entreprise générale : groupement Campenon Bernard Méditerranée (mandataire), Auer (structure métallique), Carrière, Pignatta.
BET groupement : SEI (bétons).

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