Paysage

Un nouveau regard sur les îles noires de la Loire

Avec ses vues sur la Loire et son occupation par une quarantaine de familles d’anciens nomades en voie de sédentarisation  la zone inondable de La Riche focalise les enjeux sociaux et patrimoniaux, en périphérie de Tours. Le regard extérieur d’une étudiante chinoise de l’Ecole nationale supérieure de la nature et des paysages de Blois créera-t-il les conditions pour dénouer les fils de ce délaissé urbain en devenir ? Mengni Wu soutiendra son travail personnel de fin d’études le 8 juin.

La conscience de la beauté des paysages relève bien d’une culture universelle. Mengni Wu, étudiante en dernière année de l’Ecole nationale supérieure de la nature et des paysages de Blois, l’a ressenti au contact d’un Espagnol résidant à titre précaire dans la zone d’aménagement différée de La Riche, à l’ouest de  Tours.

 

Vocation récréative

 

« Chaque soir, il se place au même endroit pour regarder le soleil se coucher sur la Loire, en profitant de la vue qu’il a créée en coupant quelques branches d’un arbre », s’émerveille l’étudiante chinoise. Pour le travail personnel de fin d’étude qu’elle soutiendra le 8 juin devant un jury présidé par Christophe Degruelle, professeur et président de l’agglomération de Blois, Mengni Wu élabore le schéma directeur de ce secteur de 70 hectares.

Dans un décor post-agricole où les ronces, les grimpantes et les arbres fruitiers colonisent la prairie, le site périurbain agrège une carrière en fin d’exploitation, 300 parcelles de jardins ouvriers et une quarantaine de familles. La commune réfléchit à l’aménagement d’un parc public qui mettrait en valeur la proximité de la Loire et celle du prieuré Saint-Cosme avec son musée dédié au poète Ronsard. « Mais le classement en zone inondable suffit-il à justifier l’expulsion des habitants attachés à ce lieu » ?

 

Changement d’échelle

 

A l’issue du stage où l’a accueilli l’agence d’urbanisme de Tours, Mengni Wu veut croire à la conciliation possible entre les souhaits des habitants et la mise en valeur de la pièce périurbaine qui contribue à la valeur universelle exceptionnelle du paysage de la Loire calcaire, inscrite depuis l’an 2000 au patrimoine mondial de l’humanité sur une bande de 280 km.

Avec ses espaces inexploités, « ce site répond au besoin spatial des habitants », constate l’élève paysagiste, malgré l’absence de réseaux d’eau potable et d’assainissement. Mengni Wu relève également « la cohabitation cohérente entre les habitants et les jardiniers ». Pour construire un projet à partir des atouts du site, son approche repose sur un changement d’échelle : un itinéraire bis de la Loire à vélo mettrait en réseau les Iles noires avec les parcs qui longent le fleuve. Cette connexion accompagnerait la mise en cohérence entre les usages quotidiens et ceux des touristes.

 

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