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Un mur antibruit en laine de roche couvert de lierre

JOSETTE DEQUEANT, JEAN-MARIE CONSTANS, JEAN LELONG, LAURENT MIGUET, CORINNE MONTCULIER, BERNARD REINTEAU |  le 17/09/1999  |  EnvironnementAménagementTransportsSportArchitecture

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Les concepteurs du tramway de Montpellier ont choisi de mettre en place des murs antibruit végétalisés pour encadrer un passage surélevé de la ligne. Les avantages : légèreté, esthétique et protection contre les tags.

Le futur tramway de Montpellier sera encadré sur une section de 600 m par deux écrans végétalisés. La ligne emprunte à cet endroit une dalle routière surélevée, bordée auparavant par deux murs antibruit en béton de 1,40 m de haut.

La nécessité d'alléger l'ouvrage, appelé à supporter la plate-forme du tramway, a imposé la recherche d'une solution alternative. « Nous voulions un dispositif qui soit à la fois léger, esthétiquement intéressant et anti-tag, explique Antoine Garcia-Diaz, l'architecte chargé du volet aménagement urbain du tramway. Nous nous sommes très vite orientés vers une formule végétale. »

Après avoir analysé de nombreuses solutions, l'équipe de conception a retenu un produit mis au point par la société danoise Rock Delta. « C'était le seul produit, explique, Antoine Garcia-Diaz qui combinait légèreté, faible emprise au sol et réel affaiblissement acoustique. »

Un entretien assez restreint

Le dispositif, d'une largeur de 40 cm, est constitué d'une armature extérieure en acier galvanisé, doublée d'une géogrille en polyéthylène. L'âme centrale est formée de blocs de laine de roche séparés par des barrières capillaires en polystyrène assurant la répartition de l'eau sur toute la hauteur. Les plantes, enracinées dans la laine de roche, sont alimentées par une solution nutritive distribuée par un système de goutte à goutte automatisé. Le mur sera couvert sur trois faces d'un lierre Hedera Helix, une variété réputée pour sa résistance et sa vitesse de croissance élevée.

La densité végétale, de 16 plants/m2 dans le produit standard, a été portée, pour l'application montpelliéraine, à 25 plants/m2 afin d'accélérer la phase de verdissement.

L'entretien devrait se limiter à une ou deux interventions annuelles (taille légère et surveillance du circuit d'arrosage). Les consommations annoncées s'élèvent à 500 litres d'eau et 4 litres d'engrais par mètre carré et par an.

Une isolation de 24 décibels

L'affaiblissement acoustique est obtenu grâce à l'effet absorbant de la laine de roche. Le mur offre une capacité d'isolation phonique supérieure à 24 décibels et une capacité d'absorption supérieure, elle, à 11 décibels. Un prototype a permis de tester le procédé à Montpellier pendant plus d'un an.

L'installation sur le site a été programmée pour la fin de cette année. Outre la dalle routière située en centre-ville, le nouveau mur végétalisé sera également mis en oeuvre sur une centaine de mètres à l'extrémité ouest de la ligne, dans le quartier de La Paillade. Cette seconde application sera réalisée avec un substrat terreux.

L'investissement total, alourdi par les contraintes liées à une mise en oeuvre sur ouvrage (renforcement des poteaux, mise en place d'un système de collecte des eaux de ruissellement), atteint 4 millions de francs. « Dans sa formule standard, souligne Antoine Garcia-Diaz, le coût du dispositif est de 1 400 francs/m2. C'est le prix d'un mur en béton avec parement d'affaiblissement acoustique. Mon ambition, explique-t-il, est de développer un tel système le long de voies de circulation, à des coûts comparables ou inférieurs à ceux des murs anti-bruit classiques. »

Fiche technique

Maître d'ouvrage : district de Montpellier

Maître d'ouvrage délégué : SMTU

Ingénierie : Gitram (Semaly, BCEOM, Beterem)

Architectes : Garcia-Diaz (mandataire), Crouzet, Dulieu, Imagine, Jaumes, Tetrarc

Distributeur du concept de mur : Strauss (Lyon)

Entreprises : Groupement Razel frères (mandataire), avec Razel Picosud, Berthouily, Groupement Français de construction et Razel Ile-de-France

Végétaux : Pépinières de Vendargues (plantation et installation du réseau d'arrosage) et Paysages du Sud (fourniture)

PHOTO : Epais de 40 cm, ce mur anti-bruit se compose d'une âme en blocs de laine de roche de moyenne densité séparés horizonta- lement de plaques de polystyrène perforées. Une armature métallique en acier galvanisé et une géogrille en polyéthylène la maintiennent latéralement.

Antoine Garcia-Diaz : « Un type d'ouvrage délicat à insérer en milieu urbain »

Pour l'architecte Antoine Garcia-Diaz, « les systèmes de protection phonique végétalisés, relativement simples à mettre en oeuvre en périphérie ou hors agglomération, sont beaucoup plus délicats à insérer en milieu urbain. L'espace y est plus restreint. En bordure d'autoroute l'impact visuel est lointain ; en ville, l'ouvrage est en contact immédiat avec le flux des piétons. Le souci du détail est alors bien plus important. D'un élément conçu pour ses qualités visuelles et techniques, il s'agit de faire un élément décoratif d'aménagement urbain en centre-ville. »

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