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Un marché à fort potentiel
L'ITE, en plus de renforcer la thermique, apporte une amélioration de l'isolation acoustique des logements. - © © Isover

Un marché à fort potentiel

Stéphane Miget |  le 07/01/2010  |  Technique

Peintres, couvreurs ou encore maçons, le marché de l'isolation thermique intéresse de nombreux corps d'état du Bâtiment. Une concurrence saine dans la mesure où le marché devrait suivre une courbe exponentielle.

Si l'on en croit les chiffres avancés par les experts pendant et après le Grenelle de l'environnement, 19 millions de logements individuels et 13 millions de logements collectifs devraient faire l'objet de travaux de rénovation thermique dans les prochaines années. Ce qui représente à peu près 700 000 logements à rénover par an.
Un marché donc colossal pour les entreprises qui s'intéressent à l'isolation, puisqu'il faudra pour la quasi-totalité de ces logements, améliorer l'isolation thermique. Et, une bonne partie de ces travaux fera appel à des procédés d'Isolation thermique par l'extérieur (ITE). Sans parler de la construction neuve qui s'intéresse de plus en plus à ces systèmes.

Arguments de vente

Car dans ce domaine, les arguments de l'ITE sont légion. Et ils sont également des arguments de vente pour les entreprises.
Arguments techniques. Avec une isolation par l'extérieur, la plupart des ponts thermiques -qui représentent 15 à 20 % des déperditions - disparaissent, l'épaisseur du nouvel isolant n'empiète pas sur l'espace habitable et les travaux ne perturbent pas l'occupation des locaux et ne demandent pas d'intervention sur les aménagements ou la décoration.
Arguments esthétiques. C'est aussi l'occasion de personnaliser ou de moderniser l'aspect d'un immeuble ou d'une maison...
Inertie renforcée. L'ITE renforce également l'inertie thermique du bâtiment. Les surchauffes en été sont ainsi évitées, la chaleur étant emmagasinée la journée dans l'épaisseur des murs, pour être rediffusée la nuit. Bien sûr, tous ces atouts sont valables pour la construction neuve. En revanche, impossible de minimiser le surcoût que représente la mise en œuvre d'un système d'ITE.

Surcoûts compensés

Économies énergétiques. Il convient alors d'expliquer au client, que si le coût de revient s'avère plus élevé, l'investissement sera, en revanche, très vite compensé par les économies de chauffage qu'il réalisera.
Crédit d'impôt. Pour les maisons ou immeubles achevés depuis plus de deux ans, le crédit d'impôt concernant l'isolation thermique est de 25 %. Il peut être porté à 40 % si les travaux d'isolation concernent un logement construit avant le 1er janvier 1977 et sont réalisés au plus tard le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de son acquisition. Actuellement, ledit crédit intéresse seulement le coût des matériaux, mais dans le cadre du Grenelle de l'environnement, le Comité opérationnel « Bâtiments existants » a proposé de l'étendre aux coûts de main-d'œuvre. Une affaire à suivre.
De leur côté, les industriels, conscients que ces surcoûts peuvent constituer un frein à la diffusion de leurs produits, cherchent des systèmes moins onéreux. De même, la concurrence et l'effet de masse devraient favoriser, sinon une baisse, du moins une stabilité des prix.

Diversité des systèmes

Autre atout des procédés d'ITE : la diversité. Classiquement, les techniques d'ITE, dites aussi « mur-manteau », comprennent un isolant appliqué directement sur le mur et une peau extérieure qui protège l'isolant de la paroi. Quatre techniques se disputent le marché :
- les enduits minces sur isolant,
- les enduits hydrauliques,
- les bardages,
- les vêtures et vêtages.
En dehors de certains bardages dits « traditionnels », tous ces systèmes relèvent de la procédure de l'Avis technique correspondant. Celui-ci indique le domaine d'application, les limites, précautions d'emploi et les détails de mise en œuvre.
Cette diversité des systèmes en cache une autre : celle des entreprises intervenant dans ce domaine. En effet, à chaque système correspond un corps de métier : enduits minces pour les peintres, enduits hydrauliques pour les maçons, bardages pour les couvreurs, les charpentiers ou encore les menuisiers et vêtures pour les façadiers, mais aussi les peintres.

Article publié dans L'Entrepreneur - mars 2009

Un DTU ? Un jour peut-être…

Aujourd'hui, les systèmes d'isolation par l'extérieur dépendent de nombreux textes, Avis techniques, DTU des différents domaines d'application concernés par la mise en œuvre des systèmes, Cahiers des prescriptions techniques du CSTB... Pour faciliter la tâche des maîtres d'œuvre et des entreprises applicatrices, les acteurs du mur-manteau réfléchissent à la possibilité de créer un DTU. Il s'agit de mettre un peu d'ordre et de fédérer, en un seul texte, toutes les applications. Outre les techniques et leur application, notamment sur les différents lots du second œuvre, le texte décrira les spécifications à introduire dans les Documents particuliers du marché (DPM), en complément de ce qui figure dans les différents DTU des corps d'état concernés. Impossible de dire aujourd'hui quand paraîtra le texte. D'autant que certains préféreraient que l'on s'attache d'abord à publier des guides de conception pour concevoir des bâtiments compatibles avec les différents procédés d'ITE.

L’indispensable formation

Il y a sur le créneau de l'ITE un déficit important d'entreprises. Déficit qui pourrait être un frein au développement de ces techniques. Dans certaines régions, le manque de professionnels de l'isolation thermique par l'extérieur se fait cruellement sentir. Ainsi, l'Ouest où les besoins sont très importants. A contrario, l'Est de la France est beaucoup mieux pourvu en main-d'œuvre qualifiée. Mais quelle que soit la région, répondre à la demande et éviter les contre-références implique de se former et former de nombreux compagnons à ces techniques jusqu'alors négligées. Conscients des enjeux, les organisations professionnelles, les centres de formation, mais aussi les industriels, proposent des formations adaptées au chef d'entreprise et à ses salariés. Lesdites formations, souvent validées par une attestation de formation, ont en général une durée de deux jours avec une journée de théorie et une journée de pratique. Tous les aspects y sont traités : reconnaissance des supports, connaissances des matériaux (polystyrène, laines minérales, mortiers, enduits...), pathologies, étude de prix, réalisation de travaux et pose, entretien... Pour participer à une de ces formations, le mieux est de se rapprocher soit de son fournisseur, soit des organisations professionnelles.

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