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Un lycée construit comme  support pédagogique
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Un lycée construit comme support pédagogique

Margot Guislain - |  le 08/01/2010  |  ImmobilierArchitectureTechniqueRéglementation techniquePuy-de-Dôme

équipement scolaire -

Destiné à former des élèves aux métiers du bâtiment, le lycée professionnel de Riom (Puy-de-Dôme) se veut un manifeste de l'utilisation du bois dans la construction.

«Cet édifice doit être didactique avant tout », fait valoir Emmanuel Nebout, architecte du lycée professionnel Pierre-Joël Bonté à Riom (Puy-de-Dôme), où mille deux cents élèves s'initient, depuis septembre 2009, aux métiers du bâtiment (CAP et BTS en gros œuvre, second œuvre et réseaux). L'architecte a en effet su saisir la formidable opportunité que représente ce programme pour faire de son bâtiment le support construit de l'enseignement technique et, au passage, sensibiliser les jeunes esprits à l'architecture. Pour autant, la réussite de son projet ne relève pas d'un froid didactisme, ni de l'étalage d'un « catalogue de techniques », comme il le dit lui-même, mais plutôt d'une « poésie architecturale » qui procède d'une double attention : montrer la technique tout en préservant sa part de mystère et de créativité dans le rapport étroit qu'elle entretient avec l'architecture. Avec sa dimension haute qualité environnementale (HQE), la vocation pédagogique de l'édifice est prometteuse pour l'avenir du secteur : « Ce bâtiment démontre aux lycéens que le bois possède autant de poten- tialités que le béton, avec l'avantage de s'inscrire dans une démarche écoresponsable », ajoute Emmanuel Nebout.

Omniprésence du bois

Tout l'édifice relève d'un véritable travail de charpentier. Car l'architecte a visiblement porté une grande attention dans le choix de quelques techniques de mise en œuvre du bois, lui-même décliné en plusieurs essences. A commencer par le pin Douglas, fourni en abondance par les forêts auvergnates à portée de regard. Par lames horizontales, il enveloppe les façades de ce lycée-campus dont les différents corps de bâtiments s'étirent en direction des volcans. On le retrouve utilisé en ossature, brise-soleil et menuiserie. Parmi les essences, le pin Douglas est le prince de l'environnemental : durabilité, résistance naturelle (plus il vieillit, plus il durcit) et mise en œuvre à l'état brut, qui permet de laisser tranquillement le bâtiment se patiner avec les années.
La toiture est constituée de grands caissons autoporteurs de 7,50 m de long, intégrant isolants thermique et acoustique. En sous-face, des lattis clairs de peuplier favorisent l'éclairement naturel des classes.
Le centre de documentation et d'information (CDI) offre l'occasion de réaliser, au moyen de lames de bois cintrées, un élégant plafond organique ondulant, qui donne à l'espace de lecture son « exception culturelle » dans l'architecture générale du bâtiment. Et, par des poteaux tronconiques arborescents en châtaignier, constitués d'un tronc qui se ramifie ensuite en plusieurs branches, le restaurant devient forêt. Savant assemblage de bois articulés par des pièces métalliques, leur technicité démontre, selon l'architecte, que « l'association du bois et de l'acier est source d'une grande inventivité ».
Enfin, dans l'atelier de construction, règne une sympathique hétérogénéité de matériaux qui fait écho à la diversité des travaux pratiques : piliers cruciformes en acier où se glissent des cloisons en plaques de plâtre, présence de poutres de bois et de métal, de panneaux en contreplaqué et de murets en parpaings. Et - ironie du sort et de la HQE - c'est dans le contexte d'une telle dextérité dans son utilisation que le bois part aussi en fumée pour chauffer le lycée.

Fiche technique

Maîtrise d'ouvrage : conseil régional d'Auvergne. Maîtrise d'œuvre : Emmanuel Nebout, architecte. Bruno Berthier et Laurence Javal, chefs de projet. Laure Quoniam, paysagiste. Mazet et associés, économiste. BET : André Verdier (structure), 3B-Bernard Batut (structure bois), Cap Vert Ingénierie (VRD), BEHI (HQE), Auvertech (fluides). Jean-Christophe Nourisson, 1 % artistique. Entreprise générale : groupement Sobea/Eiffage. Surface : 26 620 m 2 HON. Coût des travaux : 38,39 millions d'euros HT.

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