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Un litre sur cinq d'eau potable perdu dans des fuites en France
Chantier de canalisation de Saint-Gobain PAM - © © Saint-Gobain PAM

Un litre sur cinq d'eau potable perdu dans des fuites en France

Adrien Pouthier |  le 20/03/2014  |  Eau potableEnvironnementSantéTechnique

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Un litre d'eau potable sur cinq est perdu dans des fuites de canalisations en France, soit un total impressionnant de 1.300 milliards de litres d'eau ou 430.000 piscines olympiques par an, affirme une enquête de 60 Millions de consommateurs publiée jeudi 20 mars.

Un réseau vieillissant, des branchements ou des poses défectueux, mais aussi des mouvements de sols, naturels ou liés à l'activité humaine comme des travaux publics : conséquence, chaque année, 1.300 milliards de litres d'eau potable, sur les quelque 6.000 milliards produits au total, se perdent en route quelque part au fil des milliers de kilomètres de canalisations desservant le consommateur, selon une étude menée par le magazine 60 millions de consommateurs et France Libertés et publiée jeudi 20 mars.

Commencée l'été dernier, cette enquête avait été lancée (lire notre article) alors qu'un état des lieux commune par commune était obligatoire avant le fin de l'année 2013.

Sur la base des données de l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema) de 2011, l'organisation de défense des consommateurs a dressé un palmarès des fuites dans les 101 villes préfectures de métropole et des DOM.

Celui-ci montre que deux de ces villes sur trois "n'atteignent pas l'objectif national fixé par la loi Grenelle II de 2010, visant à limiter le taux de fuites à 15% de l'eau produite".

Dans un quart des préfectures, le taux dépasse même les 25%: il atteint ainsi 54% à Digne-les-Bains, 48% à Bar-le-Duc, 46% à Saint-Denis de la Réunion, 41% à Fort-de-France, ou encore 37% à Nîmes.

Parmi les meilleurs élèves se trouvent 33 préfectures sous la barre des 15%, avec en tête Le Mans et Rennes avec 4%, devant les 5% de Blois et les 7% d'Orléans et Moulins.

Côté grandes villes (agglomérations, communautés de communes ou métropoles), Paris intra-muros est à 8,3%, Lyon 17,8%, Marseille 15%, Toulouse 11%, Lille 18%, Bordeaux 15,7% et Nice 19%.

Cartographie

Pour éviter ce "grand gaspillage", il faudrait selon "60 millions" engager 1,5 à 2 milliards d'euros par an d'investissements, soit environ le double du rythme actuel.

Problème : le réseau de canalisations est extrêmement mal connu. Début 2012, au moment du décret d'application de la loi Grenelle 2, Jacques Dolmazon, à l'époque président de Canalisateurs de France (syndicat professionnel de la FNTP) expliquait ainsi au Moniteur :

"Le réseau d’eau potable en France représente un linéaire de 906 000 kilomètres dont la pose a commencé au 19ème siècle. Selon l’enquête Cador sur le patrimoine des canalisations d’alimentation en eau potable, environ 50% du réseau serait antérieur à 1972. La plupart a été construit après-guerre, entre les années 50 et 70. Il arrive souvent que les collectivités aient perdu les plans et ne connaissent pas non plus les matériaux. L’acier, la fonte grise, le PVC et l’amiante lié sont à l’origine de casse et de fuites et forment 60% de la valeur patrimoniale à remplacer. C’est pourquoi je conseille aux entreprises de canalisation de ne pas jeter leurs plans !"

Actuellement, environ 1% du réseau d'eau est changé chaque année, selon des chiffres cités par la Fédération des professionnels de l'eau (FP2E).

Financement

Autre problème majeur : où trouver l'argent? En France, le réseau d'eau potable appartient aux collectivités, qui doivent l'entretenir, aidées par les agences publiques de l'eau.

"C'est un vrai problème, mais il n'y a pas de solution miracle", souligne Michel Desmars, chef du département eau de la FNCCR, une des principales associations de collectivités.

L'Etat a ponctionné cette année 200 millions d'euros qui allaient jusque-là aux agences de l'eau, et "le gouvernement demande aux collectivités de faire des économies sur leurs budgets. Pour augmenter les travaux, c'est la quadrature du cercle", se défend-il (lire notre article).

Pourtant, si les investissements marquent le pas, le taux de fuite a eu tendance à s'améliorer ces dernières années, selon Tristan Mathieu, délégué général de la FP2E. "Il y a dix ans, on était plutôt sur des rendements de réseau de l'ordre de 75%", selon lui, soit un taux de fuite de 25%. "Cela coûte plus cher d'éviter des fuites que de produire de l'eau. Mais aujourd'hui, on ajoute à ce simple calcul économique des engagements environnementaux", souligne le représentant des entreprises du secteur.

Outre la baisse des subventions, il s'inquiète d'"une attirance pour les prix bas (de l'eau dans les marchés publics) qui va être au détriment de l'investissement". Mais la hausse des prix de l'eau (entre 3 et 4 euros du mètre cube en moyenne en France) n'est pas exactement la tasse de thé des candidats en campagne pour les élections municipales.

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