Paysage

Un idéaliste se lance dans l’aménagement en composite recyclé

Mots clés : Lieux de travail

Des déchets plastiques et minéraux jusqu’à l’aménagement paysager, un maillon manquant est né en 2016 sous le nom d’i.déel matériaux innovants. La start-up offre de nouveaux débouchés, sur le marché français, au matériau Novaplack inventé par l’industriel Novafloor.

Des revêtements de muret et des couvertures de cabanes de jardins lancent l’activité d’i.déel matériaux innovants. Après Muretti et Novardoise, les lames de terrasse Novalam complèteront son offre. Les deux premiers ont déjà franchi une étape commerciale : la présence chez Leroy Merlin et des négociations avancées avec une grande chaîne de négoce professionnel pour Novardoise, le référencement dans une coopérative agricole du grand ouest forte de plus de 50 points de vente pour Muretti. Deux qualités esthétique et mécanique déterminent l’argumentation commerciale du revêtement : l’aspect de la pierre – renforcé par l’association avec des joints mortier pour les murets – avec en plus la capacité à plier sans se rompre.

 

De l’innovation au marché

 

Point commun entre ces produits : ils proviennent de la transformation des panneaux Novaplack, fabriqués près de Beauvais par Novafloor, dans une ancienne usine de General Electric, sous forme de quadrilatères de 3 m/1,20 m, avec une épaisseur de 3 ou 5 mm. Une face rugueuse et une face lisse caractérisent le matériau composite issu de deux filières de recyclage : les déchets de PVC extraits pour la plupart d’anciens revêtements de sols, fenêtres et portes ; la poudre de marbre produite par une unité de sciage de ce matériau, implantée près de Calais.

« Rien de radicalement neuf : au Moyen-Orient où le créateur de Novafloor Fawaz Kazma a introduit le PVC et lancé Novaplack, de nombreuses applications de ce type sont spontanément sorties de l’imagination des acteurs des chantiers. Mais un tel schéma ne peut pas s’appliquer à la France : une  force de vente et un accompagnement réglementaire se révèlent indispensables », analyse Dominique Legrand, P-DG, créateur et principal actionnaire d’i.déel avec 34 % du capital de 100 000 euros.

 

Synthèse entre chaudronnerie et négoce

 

Ancien directeur d’un négoce qui rayonnait sur sept sites à partir de Cherbourg, puis de la chaudronnerie plastique BMP près de Caen, le quinquagénaire vit sa nouvelle aventure professionnelle comme la synthèse de ses expériences antérieures. Une conviction le guide : « La qualité d’une invention ne concourt pas à plus de 50 % de son succès ». L’autre moitié provient du savoir-faire d’i.déel dont Dominique Legrand se plaît à décortiquer le sens : « I, comme innovation et ingénieur, et i.déel comme une synthèse entre l’idéal et le réel ». Outre Novafloor, un producteur de lin et une grande enseigne de dallages et pavés figurent parmi les quatre associés qui détiennent chacun 16,5 % du capital.

 

Diversifications planifiées

 

Sur ces fondations, le business plan dessin un développement diversifié : des essais réalisés par la société française de céramique classent la face rugueuse de Novaplack parmi les meilleurs revêtements anti-glissance, ce qui qualifie le matériau pour les piscines. Des bandes de roulement épargneront les gazons sur les chantiers. I.déel, qui anticipe 700 000 euros de chiffre d’affaires en 2017 et 8 millions en 2022, prévoit de diversifier ses fournisseurs pour favoriser la mise en marché d’autres matériaux innovants.

 

Courage

 

La conviction et l’expérience de Dominique Legrand ne guident pas seulement sa stratégie technique et commerciale : pour transformer Novaplack en Novardoise, il s’appuiera sur des travailleurs en situation de handicap employés par le belge Waak. « Une définition précise du poste permet d’occuper les gens exactement pour ce qu’ils savent faire, ce qui évite de créer des déserts autour de soi », estime le créateur d’i.déel, qui a cultivé cette idée chez BMP. Autour de ces valeurs et malgré l’apparente incongruité du rapprochement, la citation de Jean Jaurès paraît s’imposer : « Le courage, c’est d’aller à l’idéal, et de comprendre le réel ». Romancier à ses heures perdues, l’ingénieur idéaliste partage l’humanisme et le goût des formules du père du socialisme français, jusqu’à condenser l’une d’elles en un seul mot.

 

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